Arf, j’avais oublié qu’on était vendredi, pfff …
Le téléphone sonne, il est à l’autre bout du sans-fil :
Il : Et alors, t’as pas encore fini ?
Moi : Non, j’ai pas encore fini …
La phrase de trop.
Fini de quoi ? Ben de bosser.
Oui mais ça ne me rapporte rien, c’est vrai, c’est ce qu’il dit tout le temps.
Et alors ? Je travaille même si je ne suis pas salariée.
Qu’est-ce que ça peut faire que ça ne me paie pas un clou, je ne dépends pas de lui financièrement, je ne lui demande pas un sous.
Oui mais bon, je dois m’arrêter quand il a décidé, même si j’ai des choses imprévues à faire.
Les chiens ont des puces et des tiques. Je dois bien les leurs enlever, les laver et désinfecter le tout.
J’ai toujours une excuse d’après lui.
Je ne suis également pas obligée de le faire aujourd’hui, toujours d’après lui.
Ah, et je laisse les bestioles comme ça ?
C’est vrai, je suis allée au magasin acheter quelques bocaux de tiques et de puces au cas ou, c’est en promo cette saison.
J’en saupoudre le pelage des clebs juste avant qu’il sonne (j’ai un don extra-lucide que je viens de découvrir), comme ça, je serai encore occupée pendant une bonne demi-heure pour être certaine de lui chier dans les bottes, c’est le but évidemment, pfff.
Là, ça commence à ressembler à une drogue cette envie qu’il a de toujours me chercher des poux la veille du week-end.
(Oui, je suis très bestiole aujourd’hui et je deviens cynique.)
C’est vrai qu’à partir de 20h00, on ne sait plus rien faire selon lui … c’est récent et ce n’est valable qu’avec moi de surcroît, parce que pour aller se bourrer la gueule avec ses collègues, y a pas d’heure.
La conversation s’est encore terminée sur un ton désagréable, comme chaque veille de week-end depuis un certain temps.
On a pourtant passé une bonne journée hier ensemble … enfin, j’ai passé une bonne journée devrais-je dire …
Il avait pourtant l’air heureux.
A ma grande surprise, et à la sienne probablement, sa cousine m’avait invitée pour le baptême de la petite.
J’ai répondu à l’invitation, enchantée.
Il est venu me chercher, on est passé chez ses parents qui ne m’apprécient guère depuis que je suis partie et qui n’ont jamais supporté le fait que je sois francophone et que je ne comprenne absolument rien de leur dialecte.
Son père faisait la gueule, comme à l’habitude, rien n’a changé.
Nous sommes partis assez vite chez sa tante, ou tout le monde avait rendez-vous.
Bien que je sois agnostique, je suis allée à l’église, ça ne me dérange pas et je respecte.
L’accueil était très chaleureux, la petite mignonne à croquer …
Ensuite, nous sommes passé dire bonjour à son frère … là, ça a changé un peu de ton, je m’occupe trop de sa nièce que je n’avais plus vue depuis 3 ans et que j’adore, je parle trop avec mon ex belle-sœur, je joue trop avec les serpents de son frère … toujours trop, trop et trop.
Sur le chemin du retour, tout est rentré dans l’ordre, je n’appartiens plus à personne d’autre qu’à lui.
Aujourd’hui, il avait envie d’aller chercher les pièces pour sa nouvelle moto.
J’ai donc organisé ma journée un peu comme bon me semblait puisque j’étais seule.
Et ben non, Monsieur a encore trouvé un prétexte pour me pourrir la soirée.
Je me lasse de ces éternelles disputes qui n’ont aucun sens.
La liberté, c’est à sens unique pour certains, et ça je ne peux pas le comprendre.
Je n’ai même pas envie d’essayer de comprendre.
On arrive à une date fatidique, ça sent le brûlé et moi j’en ai marre de cette situation qui ressemble vraiment à n’importe quoi.







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