Aux divers
évènements, aux diverses réactions que je vois un peu partout, triste est de
constater que la colère a la cote.
La colère
est un trampoline, elle permet à beaucoup de gens de bouger, de montrer que…
Que quoi ?
Qu’on est
capable de réagir, d’être différent de ce que l’autre pensait ?
Bien sur,
si on n’est pas mort, on en est capable.
Sans colère
perpétuelle aussi.
Nombreux
sont ceux qui se servent de leur colère pour agir.
Cette
colère fini en haine, en dégoût et c’est sans doute un autre événement dans la
vie qui va permettre de rebondir.
Un nouveau
boulot, un nouvel amour, un nouvel avenir.
Cette
colère n’aura été qu’un tremplin.
Mais on ne
peut pas s’en passer.
Par contre,
je ne crois pas bon de rester sur une colère.
Elle doit
laisser sa place pour devenir autre chose, ne fut-ce que de l’indifférence.
Bref, je ne
veux pas que mon énergie soit procurée par la colère, uniquement et
indéfiniment.
Chacun
réagit comme il peut mais après un certain temps, il réagit comme il veut.
La colère
engendre la colère et c’est comme ça qu’on lit de drôles d’histoires dans les faits divers.
...
Dans un
couple, quoi qu’on en dise, parce que chacun de son coté on estime que c’est
l’autre qui est en tort, c’est 50/50.
Quoi qu’on
en dise !
Je ne peux
pas voir comment il voit notre séparation ?
Je sais
qu’il m’en tient pour responsable.
Et moi
pareil.
Ca touche
mon amour-propre.
Ca a
flingué mes rêves.
Sans doute
ai-je flingué les siens.
Sans le
vouloir.
Sans
pouvoir faire autrement.
Parce que
je suis ce que je suis et non ce qu’il aurait voulu que je sois.
Et
l’inverse est vrai aussi.
Alors j’ai
sûrement ma part de tort là-dedans.
Puis il y a
la faute à pas de chance.
Mais ça,
c’est difficile à accepter.
Pas de
chance n’est pas palpable.
Faut mettre
un nom à pas de chance, ce sont les merdes de la vie.
Celles qui
nous uniront ou celles qui nous diviseront.
Y aurait
fallu un 50/50 aussi pour ces merdes là, mais parfois le sort s’acharne.
Faut bien
l’accepter.
Sinon on se
flingue ou on devient amer, froid et méchant.
Sans cœur.
Et je ne
veux pas devenir ça.
...
reçu des taloches toute mon enfance par une
sœur qui ne m’aimait pas et qui se défoulait sur moi,
subi la discrimination raciale
et sociale,
dégusté un tas d’erreurs
médicales et voir passer la mort de près,
endurer un viol collectif et me taire
sous le poids de la honte
et j’en passe...
parce que ma vie est un torrent et non
un long fleuve tranquille,
que serais-je si je n’acceptais pas mon sort,
à part
une boule de haine, une bombe humaine ?
...
Accepter ne
veut pas dire qu’on est d’accord avec ce qu’on a vécu, accepter veut juste dire
qu’il faut apprendre à vivre avec ça, avec son passé et son ballot de merde.
Accepter,
c’est aussi dire que malgré ça, on est toujours en vie, qu’on a survécu à ça,
qu’on a la force d’enfoncer les portes que la vie nous a fermées.
Accepter,
ça veut aussi dire revivre.
...
J’ai
peut-être tort, peut-être pas.
Je me mets
aussi en pétard mais ça passe toujours, assez vite, et vient ensuite ce qui
devait venir : indifférence ou pardon mais dans les deux cas, acceptation.
Je peux juste dire que c'est le seul chemin que j'ai trouvé pour re-sourire à la vie.





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