Comme on dit, x jour plus tard, le canard était toujours vivant.
Merde, y a rien qui avance, y a rien qui change.
Des mots, des maux et... c'est tout.
Démerde-toi Missy'V!
Chacun sa merde !
C'est ton problème !
Ben oui, c'est ce qu'ils se disent.
12 minutes au téléphone, à presqu'un euro la minute, à attendre qu'on me passe le service gynéco de l'hosto.
La ou y a un gyné, le seul que je connaisse et pourtant, j'ai cherché longtemps et partout, qui semble comprendre mon problème et m'apporter quelques solutions même si ce n'est que pour quelques semaines.
Là, on donne rendez-vous pour... mi-février.
" Vous n'avez pas la possibilité de m'intercaller entre 2 patients parce que je souffre là ?"
" Non Madame, si c'est insupportable, il faut que vous alliez aux urgences en attendant."
Et aux urgences, on m'a dit:
" Puisque c'est chronique chez vous, il faut prendre rendez-vous chez votre gynéco. De toute façon, ce n'est pas grave, ce n'est pas si urgent !"
Mais putain de merde, c'est quoi une urgence en réalité ?
C'est juste l'endroit ou on reçoit les gens entre la vie et la mort ?
Les graves accidentés de la route ?
Ca sert à quoi tous ces toubibs si quand on se pointe en urgence puisque sans rendez-vous, ils ne veulent pas vous ausculter ou si vous avez le malheur d'insister, on vous traite comme une sous-merde, sans regarder les dossiers, sans vous écouter et en vous prescrivant n'importe quel médoc.
" Vous avez vu que j'avais subi une opération pour une vestibulite ?"
" Oui, oui !"
" Vous savez alors que je ne peux pas abuser de cette crème, que ça fragilise mes muqueuses et tout ?"
"Oui mais c'est le traitement à suivre ! Que voulez-vous que je fasse ?"
Voilà !
J'en sais rien putain de merde, c'est vous le gyné, pas moi, puis si y en a qui trouvent des solutions pour un cas comme le mien, pourquoi pas vous ?
Pourquoi vous êtes aux urgences ?
Pourquoi je devrais m'abîmer plus que je ne le suis parce que vous ne savez pas quoi faire d'autre ?
Pourquoi ne pas me dire simplement mais humainement que vous ne savez pas ce que vous devez faire, dans mon cas ?
Hein ?
C'est pénible, vous, les demi-dieux, de vous faire accepter que vous n'êtes que des humains, en somme...
Merde, fait chier !
A quoi ça sert, putain de merde ?
J'en ai marre.
Marre de ces douleurs 24/24.
Marre de "pas de nom", de "chronique", de "faut faire avec", "faut attendre", "on vous a déjà tout dit".
Marre, vraiment.
Ca démange toute la nuit, toute la journée, ça pique, ça brûle, j'ose même plus uriner sans avoir une appréhension.
Ca fait 15 ans que ça dure.
J'en ai vraiment marre.
15 ans sans compter ces 2 années ou j'ai fait une vestibulite en plus.
Ou ça a mis 1 an 1/2 pour mettre un nom sur ma maladie.
2 mois pour trouver une "solution".
Une opération bien douloureuse qui met des mois à cicatriser.
Un truc qui vous ampute dans votre féminité, dans votre moi le plus intime.
Un truc qui va foutre des tensions dans le couple parce que le sexe, vous pouvez oublier.
Mais vous croyez qu'on vous a prévenu que cette opération changerait votre vie, vos rapports dans le couple, votre avenir ?
Non, évidemment.
Lorsqu'on s'inquiète, on vous dit simplement: "encore un peu de patience, dans un mois ça ira mieux..."
Et vous patientez, et ça va pas mieux, un mois après.
C'est toujours brûlé, à vif, et les muqueuses brûlées, ça cicatrise pas vite.
Puis de souffrance physique en souffrance morale, viennent les prises de becs avec le partenaire, qui ne comprend pas.
Forcément qu'il ne comprend pas, on lui a expliqué que 1 mois après, vous alliez être comme neuve.
Et on ne remet pas en cause la médecine.
Sa partenaire, si.
Parce que peut-être que c'est devenu psychologique, sa douleur.
Non, merde !
Douleur et souffrance - j'ai mal dans le corps et j'ai mal dans l'âme.
J'ai des douleurs physiques et je suis remplie de souffrance.
Et tu me poignardes avec ton sexe, et tu me charcutes avec toutes ces prises de tête, j'ai pas, en plus, besoin de ça.
Et y a personne pour vous comprendre, vous conseiller, vous guider, vous aider...
Un sexologue ?
Pouarf, faut me laisser rire un peu.
En 2 séances, j'ai appris comment les Humains s'étaient levés sur 2 "pattes" pour courir dans la savane.
50 euros pour "apprendre" ça.
Et ça m'a vachement aidée.
De savoir comment les Humains s'étaient foutus sur 2 pattes.
Ce qui suit fut la seule phrase que j'ai dite à la dernière et troisième séance.
"J'ai mal, y a un couple qui ne va plus bien du tout, y a des tensions parce que même la communication est coupée, alors vos hommes des cavernes, je m'en branle !"
P'tain de merde.
Puis, j'ai appris que l'opération que j'avais subi commençait à présenter des effets secondaires, aux Etats-Unis.
Et je fais quoi moi maintenant ?
J'attends patiemment qu'ils se manifestent chez moi et que ça devienne un carnage ?
Parce que j'en ai parlé à mon gyné, il y a quelques mois, et il m'a dit que si c'était le cas et qu'il fallait opérer des suites des séquelles de cette opération, ça allait être le carnage.
Ce sont ses mots: le carnage.
Ben oui que j'ai peur depuis, ben oui que j'ai pas envie que n'importe quel(le) con(ne) de gyné me chipote pour ne rien comprendre et se débarrasser de moi en me prescrivant vite un médoc pour que je me taille.
Ca me tappe sur les nerfs.
C'est toute la journée, tout le temps. Sans interruption.
C'est un endroit tabou, on peut même pas en parler comme on veut.
Puis oui, l'humour ça aide.
Mais vaudrait mieux pas parce que si vous souriez/riez, faites une plaisanterie, répondez avec le sourire en vous moquant un peu de vous, ben forcément que c'est bidon votre truc, z'êtes pas malade.
Quand on est malade et qu'on a mal, on doit pleurer et faire la gueule.
Se plaindre aussi.
Mais pas trop, sinon, vous n'êtes pas malade, vous êtes hypocondriaque et accessoirement, casse-couille.
Mais c'est quoi cette société de merde ?
Déjà que je dois vivre avec ce truc qui me fait souffrir, en plus, je dois tout prendre au sérieux sinon je ne suis pas crue, sinon on pense que je ne souffre pas parce que ça se voit pas, c'est pas comme une jambe amputée ou un oeil crevé !
Mais merde, j'en ai vraiment marre.
Y a pas d'attitude pour la souffrance.
Vous en parlez, vous foutez les autres mal à l'aise, vous être incomprise, vous vous regardez trop le nombril, vous faites pitié, vous faites chier...
Vous en riez, c'est pas vrai, vous ne souffrez pas dans ce cas...
Forcément, si vous ne dites rien, vous n'avez rien, comment ils peuvent devinez, les autres ?
Comment on vit alors quand on a une maladie et qu'elle nous fait souffrir 24/24 ?
Comment on s'en sort ?
A qui on en parle ?
Comment on fait quand ça nous fait peur parce que la souffrance devient intolérable ?
La physique et l'usure qui s'enfuit dans le psychique ?
Comment on fait pour pas mettre à nouveau son hypothétique couple en péril ?
Parce que comme personne ne nous explique ce qu'on a, d'ou ça vient, comment soigner, comment voulez-vous que nous le fassions, nous ?
Qu'est-ce que je vais faire dans un état pareil jusqu'à la mi-février, en imaginant qu'on trouve une soluce à ce moment là ?
Comment je vais expliquer l'inexplicable ?
Comment je vais supporter quelque chose qui commence à être insupportable ?
Et pourquoi, en plus, je devrais ne plus rire pour qu'on me prenne au sérieux ?
P'tain de merde !
Et comme y aura aucune réponse à tous mes "comments", je me demande même pourquoi j'écris ça ?
Peut-être bien pour pas devenir dingue ou taper mon point dans le mur chez-moi ou tourner en rond toute seule dans une tête sans réponse...
J'aimerais... j'aimerais tellement pouvoir t'aider ou répondre à au moins un de tes pourquoi, mais... et là je me sens gourde...
C'est enfoirés de gynéco font toujours attendre, mais si tu connais déjà (un peu) le problème, peut être qu'un généraliste serait capable de te soigner... si il y en prêt de chez toi qui prennent sans rdv...
Mille bisous Missy'V...
Rédigé par : Tatiana | mercredi 11 janvier 2006 à 02h25
Tatiana: Y a pas de raison de te sentir gourde ma belle, par contre, certains médecins devraient parfois, eux...
Rhalala, les soins de santé en Belgique, ça devient galère, faut un rendez-vous partout :-/
Je t'embrasse ma belle.
Rédigé par : Missy'V | mercredi 11 janvier 2006 à 08h29
Je ne vous connais pas et suis bouleversée par votre souffrance. Avez-vous pensé à la médecine chinoise, aux médecines alternatives en général? Etes-vous aidée psychologiquement? Vous me rappelez le problème des spasmophiles, qui souffrent beaucoup de symptômes devant lesquelles la médecine est souvent démunie et qu'elle préfère donc éluder. On dit dans mon métier "ce qui ne s'exprime pas s'imprime", ce qui signifie que le corps nous parle et reflète une émotion retenue ou pas venue à la conscience. De toutes façons, il est intolérable de devoir supporter la douleur sans aide.
Rédigé par : Isabelle | mercredi 11 janvier 2006 à 08h55
tu le dis toi même: c'est chronique..et donc necessite une prise en charge au long cours...En essayant tous les "petits" moyens (medecines alternatives, thermalisme...)et les aides pour mieux supporter la douleur, et la souffrance psychologique qui va de pair avec cette sorte de "castration" (Hypnose ericksonienne, ou sophro,therapies cognitivo-comportementales)N'y a-t-il pas de centre anti douleur en B.?
Mais, in fine, cela ramène toujours, dans ton cas, à un problème "économique"..:-(
En attendant, aussi demuni que ton urgentiste, je peux, moi, te proposer un bisou...:-*
Rédigé par : werewolf | mercredi 11 janvier 2006 à 09h48
Je suis toute triste et énervée de te lire...
J'aimerais pouvoir faire quque chose pour toi, mais je ne suis pas médecin.
Mais quelle bande de trous du cul!!!
Merde!
Ca me fout en l'air de voir que décidément, y'en a qui font des années d'études sur un banc de fac pour s'encombrer le cerveau de trucs hallucinants entre autre de comment on évolue de singe à sapiens-sapiens, pour finalement ne pas connaître la principale chose qu'un médecin a besoin pour bien soigner: être humain...
Heureusement, certains sont naturelement très compréhensifs et appellent leurs patients par leur nom et non le numéro de leur dossier... Mais c'est une denrée EXTREMEMENT rare, hélas...
Larguée, incomprise, révoltée, mais étouffée dans ton désir de t'exprimer de peur de faire peur, de peur d'en rajouter...
Je suis de tout coeur avec toi et je t'embrasse bien fort...
Rédigé par : Stella | mercredi 11 janvier 2006 à 13h47
Ben dis donc, heureusement que tu t'y connais un peu quand même en médecine, parce que imagine le pauvre bougre qui fait aveuglément confiance à son médecin... C'est pas la première fois que tu racontes une anecdote personnelle sur des médecins qui ont négligé les interactions médicamenteuses, les effets secondaires ou autres joyeusetés.
Je te fais un gros calin — ça va pas enlever ta douleur, mais j'espère que ça te soulagera quand même un peu...
Rédigé par : Ali Baba | mercredi 11 janvier 2006 à 18h31
y sont cons ces toubibs
c'est rien de le dire !
mais ça va mieux en le disant !
na !
Rédigé par : Abstruse | jeudi 12 janvier 2006 à 11h53
Du courage et encore du courage, et un gros coup de gueule aux médecins débiles qui se renvoient le travail et ne prennent pas soin de leurs patients! Grr
Rédigé par : francois | jeudi 12 janvier 2006 à 22h08
salutations.
Je suis arrivé sur ton blog via une amie commune, Aga, et ai lu quelques unes de tes notes (dont une relativement ancienne, sur les 'trois défauts').
J'aime beaucoup ton style en général.
Concernant ton mal malheureusement, je ne peux pas dire ni commenter grand chose... N'étant qu'un pauvre informaticien, chez nous c'est plus simple : 1/ça marche, 0/ça marche pas...
Je ne peux te souhaiter que du courage dans cette épreuve quotidienne...
(je m'en vais parcourir le reste de ton blog... Ben ouais, j'y suis j'y reste maintenant...)
Rédigé par : Pettittoutmimi | vendredi 13 janvier 2006 à 17h03
Ouais, les urgences, c'est pas la peine. Ici, aux urgences, ils font deux choses: 1. constater le deces, et 2. appeler l'ambulance de l'air pour faire evacuer les vivants a Yellowknife. Encore faut-il etre tres urgent pour obtenir l'ambulance. Et a part ca, rien. Il n'y a plus aucuns soins pour les problemes chroniques, la prevention, les examen routiniers, rien. Du tout. Et aucun plan pour y remedier. Et pourtant, on paie encore tous les employes de l'hopital et de la clinique.
Bonne chance, Missy'V, j'espere que ca va s'arranger.
Rédigé par : Alice | samedi 14 janvier 2006 à 07h12
C'est dur à lire.
Je vais pas faire le con qui s'appitoie mais j'avais les larmes aux yeux en terminant de lire ça !!!
J'espére que tu vas détruire ses soufrances.
Rédigé par : Hicham Cairo | samedi 14 janvier 2006 à 21h59
Isabelle: Oui, j'y ai pensé, mais pas que, aux médecines parallèles, le problème est toujours le même: l'argent car rien n'est remboursé et ça coute plus que je ne pourrai jamais me le permettre.
Psychologiquement, j'ai abandonné les pseudos service d'aide, le dernier "connard" que j'ai consulté m'a ris au nez en me disant: "mais c'est pas pire qu'une excision..."
Ca m'a fait une belle jambe et une fameuse aide, non, juste l'envie de lui flanquer ma main en pleine figure.
En fait, c'est un peu pareil que la spasmophilie, on s'en fiche... ben oui, je cumule les ennuis, en plus...
Werewolf: Peut-être que si je pouvais essayer tous ces "petits" moyens, ça irait vachement mieux mais comme tu le dis, j'ai pas joué à Euro-millions ;-)
Stella: Etre humain, ce serait déjà un grand pas pour ces toubibs qui se prennent pour des demi-dieux mais je pense qu'ils ont du louper leurs cours de psycho...
Ali Baba: A force de fréquenter les hostos, oui j'ai appris un peu mais à quel prix et quel nombre d'erreurs ai-je du subir pour en arriver "là", pff, pénible.
Abstruse: Oui, c'était un besoin, de balancer ça, aussi.
François: Y en a des biens des toubibs mais ils sont tous over-full, faut se les arracher...
Petittoutmimi: Bienvenue sur une note "caca".
Arf, le linéaire, c'est bien plus... simple ;-)
Alice: On en arrivera là, comme par chez toi, assez rapidement, enfin, c'est en bonne voie je crois.
Vaut mieux être riche et en bonne santé que pauvre et malade, c'est rien de le dire...
Hicham: Con non, surement pas toi, humain, oui !
Bisous tout le monde, merci de vos mots.
Rédigé par : Missy'V | dimanche 15 janvier 2006 à 00h22
euh... courage.
et continue de mettre des mots sur tes souffrances, c'est déjà pas mal...
Rédigé par : clair de lune | mardi 17 janvier 2006 à 16h38
putain chaque jours se ressemble marre de tout putain de merde pouquoi la mort ne nous tombe pas dessus tout d'un coup se serait trop beau pour etre vrais !!!!
Rédigé par : Moi | dimanche 29 avril 2007 à 18h44
Clair de Lune: Ah tiens, loupé le commentaire. Shame, shame, shame...
Toi: Moi j'aime la Vie, mais parfois j'aime pas la Mienne.
Y a toujours la porte de secours et la gachette...
Rédigé par : Missy'V | dimanche 29 avril 2007 à 23h08
Je ne te connais pas.
Je me sens comment ? Futile ? Touchée ? En colère ?
en colère contre ce système, en colère contre ceux qui ne peuvent comprendre qu'on peut souffrir sans devoir afficher une certaine image de cette souffrance. En colère contre ceux qui ne soutiennent pas leurs proches dans ces épreuves.
Touchée par ce que cet article est... bouleversant. Tu as mal, tu te confies : c'est peut être la plus horrible des lectures, pour nous, lecteurs, qui ne peuvent rien faire, assis derrière leur ordinateur, tandis que toi tu as peur, tu te demandes combien de temps ca durera...
Je me sens aussi très futile. Pour tous ces jours où je m'énervais, où je pleurais, pour rien comparé à ca.
J'aimerais que tu me dises que tu ailles mieux, alors en esperant bientôt une bonne nouvelle, je te souhaite tout simplement de sourire encore.
Rédigé par : Xénia | vendredi 21 mars 2008 à 20h53
Xénia: Je suis toujours en colère contre cette Société mais j'ai trouvé quelques personnes qui écoutent, simplement.
Y a des moments ou ça me fait toujours autant souffrir, même physiquement, mais je réussis à garder le sourire, c'est le principal :-)
Je ne pense pas qu'il y aie des degrés de douleurs, physiques ou psychiques.
Je pense que chaque être est unique et perçoit les choses et les sensations de manière unique également et que chacun de nous devrait pouvoir avoir le droit à l'écoute, à l'aide et au soulagement face à sa propre souffrance, quelque soit son origine.
C'est en ce sens que j'aimerais que la Société évolue, que les gens qui travaillent à ça deviennent plus nombreux, que les images parfaites disparaissent et que les masques tombent, hors Carnaval du moins ;-)
Rédigé par : Missy'V | dimanche 23 mars 2008 à 00h32