Je n'ai rien d'heureux à partager.
Et je ne peux partager ma tristesse car elle ne se partage pas.
Je n'arrive plus à me concentrer.
Je n'arrive plus à lire, ni à écrire.
Je ne parle même pas de tout cet extérieur que j'évite au maximum.
Et de tout cet intérieur ou je tourne en rond.
Cet intérieur qui m'entoure.
Et cet intérieur que j'entoure.
Je vis dans un bocal enfermé lui-même dans un autre bocal.
Je suis une inadaptée à la vie, c'est comme ça que les spécialistes appellent les gens comme moi.
Ca fait peur.
Aux autres surtout.
Ca leur fait peur quand ils savent.
C'est pas pire qu'une jambe de bois pourtant.
Quand t'as une jambe de bois, parfois tu dois t'arrêter parce qu'avancer ça fait mal.
Moi, c'est pareil.
Mais elle n'est pas visible ma jambe de bois à moi.
Et pour ne pas gruger le monde, je lui dit que j'en ai une.
Ils en rient ceux à qui je le dis.
Jusqu'au jour ou je m'arrête en disant qu'elle me fait mal.
Là ils ne comprennent plus et c'est eux qui ne suivent plus.
Ils me laissent accrochée au muret que j'ai attrappé pour ne pas tomber.
Ils continuent à avancer, plus vite encore et dans d'autres directions, celles ou ils savent que je n'irai pas.
En ce moment, elle me fait mal ma jambe de bois.
Tellement mal.
Faut dire que ma jambe de bois, elle est dans ma tête, ça n'arrange rien.
Je ne déteste pas les camionneurs belges.
Je n'en ai pas la force d'ailleurs.
Au fond de moi, il ne reste que larmes, tristesse, peurs et solitude.
Et cette jambe de bois, bien sur.
Un gros bisou pour toi et quelques mots sourires tendresses avec ces paroles de chanson parlant de la grande et belle Sarah Bernhardt :
"Elle avait une jambe de bois
Et pour que ça n'se voit pas
Elle avait fait coller d'ssous
Une rondelle de caoutchouc"
Je t'embrasse fort, ma belle douce.
Rédigé par : Anne | jeudi 14 septembre 2006 à 15h22
Dis-leur que les ventouses sur le crâne, ça ne leur a pas permis de voir/comprendre ce qu'il y avait dedans, alors que toi tu le savais déjà qu'il y avait une jambe de bois (en trop) et que par contre, il y a tout plein d'effets secondaires malsains à leur traitement.
Bises.
Rédigé par : Mitsu | jeudi 14 septembre 2006 à 18h00
Ily en a beaucoup plus que l'on croit de ces jambes de bois.Dommage qu'elles ne se voient pas car on pourrait se reconnaître , se rassembler et s'aider ...Elle se trouve de quel côté chez toi ? Parcequ'en unissant deux bancals on peut former un couple qui marche droit ....Vaut mieux en rire n'est-ce pas :-)
Rédigé par : Bibi | jeudi 14 septembre 2006 à 23h31
un modèle en alliage leger serait peut-être moins lourd à porter?
Rédigé par : werewolf | vendredi 15 septembre 2006 à 09h03
Sarah Bernhard et sa jambe.
Anne nous rappelle une chanson de l'époque.
Il y a aussi ce mot de Tristan Bernard, (décidément les patronymes se téléscopent), en vers de mirliton et contre tout:
Au Théâtre Français où devait jouer Sarah,
Tristan Bernard était assis au premier rang.
Le noir tomba soudain, trois coups fit le sergent,
Et Tristan s'écria, je l'entends la voilà.
Ris-tu, Miss?
Rédigé par : andrem | vendredi 15 septembre 2006 à 13h39
Il faudra que je trouve mieux la prochaine fois. Que je te prothèse un peu du dehors et du dedans, du tourne en rond de dents et du vent glacé de l'out. Le mois de sortie, le mois d'out.
Tu t'es glissée dans mon monde de brute. un petite feuille de cigarette entre l'écran et l'enclume. Tu ne décolleras pas de si tôt, tu ne décolèreras pas non plus.
Mes mots ont-ils un sens?
Nous savons tous que le virtuel vaut ce qu'il n'est pas, des signes qui vont dans les fibres, sans fibre et sans valeur. Mais parfois, un accroche-clavier empêche de basculer, de lâcher prise. Au hasard des proxy, des serveurs, des zébergeurs, des zumeurs, des bloghumeurs.
Il y a des fils à couper et des fils de suspension. Il y a les fils et il y a les filles. Il y a le père sévère qui veille.
Ne pas mélanger, ne pas confondre le beurre et la crémière, procéder avec ordre et lenteur, parce qu'au bout du rond-point, il y a une sortie.
Il y a toujours un bout au rond-point et une sortie à ce bout, n'en déplaise à Aristote. Il faut se garder des moulins à vent et les laisser tourner dans leur bourrique, il faut traverser Manche et Castille, franchir l'Ebre et la Meuse, et passer du roi Charles à Charleroi.
Comment s'appellent les habitants de Charleroi? Les Régicarolins? Ou les Carloroyaux?
Prend ce que tu veux dans le galimatias, et trouve le crochet qui te gardera du fossé.
Rédigé par : andrem | vendredi 15 septembre 2006 à 13h56
Je sais que ça nert pas à grand chose dans ces cas-là, mais je te fais un gros bisou
Rédigé par : euqinorev | vendredi 15 septembre 2006 à 17h58
... que ça nE Sert ! pffff...
Rédigé par : euqinorev | vendredi 15 septembre 2006 à 18h00
y'a des jours ou j'ai l'impression d'en avoir même 2 des jambes de bois, je suis bien placé pour te comprendre, mais je ne peux malheureusement rien faire pour t'aider a part te souhaiter que cela s'arrange...
Rédigé par : françois | samedi 16 septembre 2006 à 19h36
c'est vrai ça : une jambe de bois ça se voit - donc on te croit quand tu dis que t'as mal.
Mais si c'est à un endroit invisible qu'on a mal, y'a personne qui voit. Et si on a le courage d'en parler, on met notre parole en doutes.
Malgré mon manque de nouvelles, je pense très fort à toi et je la vois ta jambe de bois!
Rédigé par : nam-nam | samedi 16 septembre 2006 à 20h21
rahhhhhh ...
des bizzzzzzz
Rédigé par : Abstruse | lundi 18 septembre 2006 à 11h49
c'est génial ce que tu écris, j'adore, je me reconnais tellement dans ces mots..
bises
Rédigé par : elisa | mardi 19 septembre 2006 à 11h32
Anne: Sourire...
Mitsu: Comment ça "une jambe de bois en trop" ? Mais je sais (peux) pas l'enlever c'te saloperie %-)
Bibi: Sourire... en plein milieu qu'elle se trouve chez moi. J'allais écrire "visiblement" mais non, même pas elle se voit :-)
Andrem: Sourire mon Capitaine :-)
Ils ont un sens, celui qu'on veut bien leur donner, comme celui du rond point ou on tourne en rond sans trouver l'issue.
Les habitants de l'ancien Charnoy s'appellent les "carolorégiens" (ou avec deux ailes, je sais plus - si un jour je l'ai su)
Euqinorev: Je ne vois pas grand, ça me suffit ;-)
François: 2 jambes de bois... et la gueule aussi parfois, je te comprends :-D
Nam-Nam: Certains doivent voir pour croire, et encore, hein ?
Abstruse: Des soupirs M'dame et parfois un sourire ;-)
Elisa: Merci, je n'écris que ce que je pense.
Penserais-je "géniale" parfois ?
Oups, bienvenue à toi. D'abord ! :-)
Des bises et des bisous, les gens !
Rédigé par : Missy'V | mardi 19 septembre 2006 à 12h28
La difficulté des "médecins" ou autre analystes à mettre un nom sur les symptomes.
La facilité pour toi d'exprimer ce que tu as sans forcément pouvoir le soigner.
Le monde marche à l'envers.
Des bises.
Rédigé par : Mitsu | mardi 19 septembre 2006 à 17h36
J’avais deux options.
Ne pas laisser de commentaire parce que je n’ai rien de constructif ni de réconfortant à formuler. Ce qui signifiait toutefois ne pas informer que j’avais lu, entendu et compris (même si je n’ai aucun mérite, je reconnais certaines choses que je ressens), alors que parfois cet acte simple (manifester son attention) aide un peu.
Ou alors laisser un commentaire, en s’efforçant d’employer des mots positifs, de belles phrases pleines d’espoir. Mais j’avais trop peur que cela manque de crédibilité par manque de conviction.
Ce qui est sûr c’est que l’empathie n’est pas une qualité très partagée, et globalement les gens n’attachent que peu de crédit à des souffrances qu’ils n’ont pas un jour éprouvées eux-mêmes. Et ceux qui vous écoutent et vous comprennent, bien souvent, ne peuvent rien pour vous.
J’avais deux options mais étrangement je n’ai choisi ni l’une ni l’autre.
Bon courage.
Rédigé par : Mathieu | mercredi 20 septembre 2006 à 15h48
Mitsu: Mad world %-)
Bisous.
Mathieu: Tu en avais même 3. Au moins.
Tu as choisi la plus "belle" à mes yeux.
Etre lue, entendue et comprise, ça fait toujours du bien et plus encore de le savoir.
Merci d'avoir pris le temps d'écrire tes pensées ici car si ça ne change pas mon état, ça met du baume au coeur et ça, ça fait du bien :-)
Rédigé par : Missy'V | jeudi 21 septembre 2006 à 14h20
Je pense à toi et je t'envoie tout plein de calins et de bisous... Courage :-*
Rédigé par : Ali Baba | jeudi 21 septembre 2006 à 18h47
Ali Baba: Merci :-*
Rédigé par : Missy'V | lundi 25 septembre 2006 à 16h20