Etait-ce un bon jour pour donner un rendez-vous à un Polonais désireux d'apprendre le français ?
Le 12.
Le jour où le boulet du mariage a réellement explosé si Monsieur-le-Procureur n'y a pas vu d'inconvénient ?
Elle est bonne celle-là d'ailleurs, tu veux suivre une baffothérapie Monsieur-le-Procureur-du-Roi ?
Aucune nouvelle donc bonne nouvelle.
Je serais libre. Libertaire. Libertine.
Je me suis réveillée avec cette éternelle sensation de décalée et ce perpétuel "Missy'V, qu'est-ce que t'as encore pris comme décision ?"
Comme celui qui aurait ribouldingué toute la nuit, ne se souvenant plus de quoi que ce soit au réveil, black out total.
Sauf que moi, je n'ai pas bu la veille, je me souviens de tout et je prends des directions à risques sans l'influence de quoi que ce soit, si ce n'est cet esprit déchaîné.
Pourquoi des gens virtuels, pourquoi des étrangers, des inconnus, des pseudos européens, des écorchés vifs, des iris malicieux, des cerveaux assoiffés, des pensées Oh so horny!, des sourires indéfinissables et des esprits fous ?
C'est peut-être plus facile quand on ne parle pas la même langue.
Qu'on en aie une en commun ou même pas.
C'est plus intrigant cette expansion à la curiosité.
L'Autre, bête curieuse, explique-moi dans ta langue qui tu es.
Ou dans la mienne, d'une manière ou d'une autre, je comprendrai plus vite, tu ne détourneras pas de l'objectif, tu te raconteras.
J'aurai l'impression de voyager dans ta vie, ton pays, ton passé et ton futur.
Emmènes-moi dans mes ailleurs et tes présents.
13h20', même pas une minute de retard pour ce paresseux.
J'aime bien la gare, tout le monde se perd, se trouve, s’échappe, se retrouve.
C'est un bon endroit pour un rendez-vous.
J'ai bien regardé si il n'y avait pas d'animaux, ceux qui te font peur, celui qui rugit dans mes rêves et celui qui te fait fantasmer dans les tiens.
Tu ne vas pas prévenir de ton arrivée je le sens.
Je vais me vautrer dans ma voiture, un bouquin sur les genoux, et je te regarderai faire.
Que fait un inconnu lorsqu'il cherche une inconnue ?
Il va ou il pense devoir aller.
Dans la gare, à l'intérieur.
Là ou personne ne regarde alentour de soi, a son nez dans son journal, son ticket, son gsm.
Je ne suis pas là, le soleil brille, je suis dehors.
Cherche et trouve.
Le cache-cache adulte.
Les chemins parsemés d'indices, les chaînes fantomatiques traînent encore, suis-les, écoute-les.
Sourire.
Comment me trouveras-tu si tu restes les yeux fixés dans ton portable ?
Cherche, regarde, observe.
Ca c'est mon côté dresseuse de chiens.
Non que je te prenne pour un toutou, je suis juste jouette.
Si tu ne souris pas, je partirai, ma clé de contact est déjà dessus.
Tu pourras dire que les femmes sont des poseuses de lapins, sauf si tu souris comme tu souriais virtuellement.
Tu regardes dans ma direction.
Je ne bouge pas, je lis mon bouquin d'un oeil, et c'est dur de ne pas sourire.
Ton regard ne s'attarde pas, y a un tas de bagnoles avec des gens dedans qui attendent quelqu'un.
Moi aussi alors ça passe incognito.
Cherche.
Je m'enfonce dans mon siège en souriant.
C'est trop tard, tu sais que c'est moi et tu t'approches en souriant.
Tu as déjà garé ta voiture quelque part et tu crèves de faim.
Ca tombe bien, moi aussi.
Mais Dieu sait (hein ?) qu'il est difficile de trouver un endroit pour bien bouffer à cette heure-ci dans ma ville.
A part un dégueu Mac Do ou je vais, accessoirement, en pyjama.
On s'en fout, on va risquer l'italien là-bas.
Puis je vais me prendre un bon apéro tiens, ça fait tellement longtemps.
Le boss est d'un chiant, pourquoi devrait-on avoir choisi ce qu'on va manger en 10 minutes sans même avoir eu le temps d'ouvrir la carte ?
Je ne bois pas en mangeant ou je m'étouffe.
Toi, excentrique, comme en virtuel.
Tes phrases en anglais ponctuées de blasphèmes, tes yeux gris, tes longs cheveux d'une couleur indéfinissable.
Je t'apprends ma langue, de toute façon, je mixe tout en ce moment.
Si tu ris, c'est que tu comprends.
Je ne paie jamais le parking là ou y a pas de barrière pour bloquer ma caisse.
Drôle d'heure, pressentiment.
Jamais eu de PV de ma vie, pas envie de faire l'inauguration.
En sortant, le monsieur fait son boulot, il note les plaques d'immatriculation.
Sauf la mienne.
Tu veux voir comment le Marsupilami fait avec sa queue ?
Viens, je traverse souvent ce rond-point en courant et bloquant les voitures, ça fait rire les conducteurs ou ça les énerve.
Moi ça me donne une bouffée d'adrénaline puis je décompresse dans les pelouses arrosées au milieu de tous ces gens qui tournent en rond.
Je te prends par la main, tu souris et cours.
J'aime les gens un peu fou, un peu gosse, un peu insouciant.
Pas coincés dans leur froc pour un jeu d'enfant.
Bien sur que je vais te shooter avec mon appareil.
Tu manques de tomber dans la flotte.
S'il ne faisait pas si froid, je t'aurais poussé dedans, sure que tu en aurais ri.
Paresseux, tu ne veux pas marcher ?
On va prendre l'avion, tu aimes décoller ?
Et on va même s’abreuver de la Surprise du Commandant.
Ceux qui y sont habitués ou qui passent à coté comme si c'était si banal n'ont même pas les yeux qui pétillent.
Entre les 2 énormes verres décorés d'astronomiques barbes à papa, ton regard s'extasie.
L'insolite t'enthousiasme.
Enfin, un authentique, comme dans ses mots écrits.
Y a du réel dans le virtuel, l'inverse aussi.
D'ou mes mots doux-amers d'hier et d'autrefois, froids comme l'hiver.
Renversants comme le verglas, inverse comme le négatif d'une pellicule.
Il fallait tester le professeur avant toute mise en condition d'apprentissage.
De quoi que ce soit.
Si tu insistes, je me tuerai à la tâche si difficile du germanoïde crachas.
Entre 2 rires, 2 divagations et 2 réflexions sorties de ton open mind, j'aurai surement envie de progresser.
Même que tu risques de te tordre une fois de plus avec mon accent.
Puis tant que tu y es, tu peux y transposer du polonais dedans, ça m'éclatera.
C'est la première fois que mon coeur n'était pas angoissé par le temps.
Le temps de l'Autre.
Une personne facile.
Je veux dire vraie et naturelle.
Seule l'absence d'angoisse devenait angoissante.
Sur le chemin du retour dans la famille de dingues, j'ai pensé aux perpétuelles mailles qui emprisonnent l'humain.
A celles que je fais et défais.
Au pouvoir des mots, des écrits, des regards, des sourires.
A celui du silence, des cris, d'une larme, d'une attitude.
Les chaînons du classique, du quotidien et du raisonnable me frappent de douleurs invisibles.
Déchaînée, naïve instinctive que je suis.
Est-ce que je dois aller à l'Enfer auquel j'appartiens déjà ?
Il y a du bonheur léger et évident qui sort de cette note, ou je rêve ?
Quant à l'Enfer, de toute façon, on le sait, c'est les autres (ceux qui ne sont pas un Autre), non ?
Je t'embrasse.
Rédigé par : Anne | jeudi 14 décembre 2006 à 11h35
Anne: Tu ne rêves pas, puis tu me connais, si si ;-)
Quant à l'enfer et les Autres, sans l'Autre, oui aussi bienque la solitude totale aussi... j'm'égare :-)
Bisous ma douce.
Rédigé par : Missy'V | jeudi 14 décembre 2006 à 20h33
Parfois ton chemin est beau , et tranquille et ses fleurs dégagent un parfum léger,et ennivrant ...on se prend à rêver d'être ce polonais , pour te chanter cette chanson de grand-mères qui disait : "j'ai rêvé d'une fleur qui ne mourrait jamais , j'ai rêvé d'un amour qui durerait touj...."
Rédigé par : Bibi | vendredi 15 décembre 2006 à 18h30
Bibi: C'est beau. Et précis.
Toi aussi tu observes ;-)
Rédigé par : Missy'V | dimanche 17 décembre 2006 à 00h23
Il est plus difficile de s'exprimer lorsque l'on est attendu. Surtout si (mais je ne voudrais pas donner l'impression de me déprécier) ce que l'on a à dire n'a qu'un intérêt limité.
C'est vrai qu'avant l'affaire du "Miroir aux Alouettes", je m'étais fait la réflexion que je n'avais pas lu (depuis longtemps) un texte de toi aussi guilleret. Et ça fait plaisir. J'ai vu dans ce récit une réelle impulsion vers quelque chose de bien agréable.
Au risque de me répéter, j'espère que c'est suffisamment vrai pour surmonter ce que tu décris plus tard de ce passé qui remonte et a tendance à déborder.
Rédigé par : mathieu | mardi 19 décembre 2006 à 10h53
Tiens j'ai le même avis que toi mathieu ;). Mais ze vais ajouter un chtit truc. J'ai aussi l'impression que ces moments de bonheur sont juste créer par l'imagination très forte de vouloir vivre heureuse ?
Rédigé par : Tr0n | mardi 19 décembre 2006 à 13h48
Mathieu: Soyons égoïstes: on s'en fout de ce que les autres pensent de ce que pense Missy'V de ce que Mathieu a écrit... ;-)
Sérieusement, merci beaucoup d'être revenu sur ce billet, parce qu'il m'est important (les jolies choses à se souvenir) et parce que tu sembles l'avoir perçu comme je voulais, émotionnelement parlant, ça veut dire que j'arrive (...) à écrire un texte avec des mots que tu le ressens comme je veux :-).
C'était suffisamment vrai, enfantin et agréable pour le placer dans ma "boîte à soleil" et ça fait plaisir d'avoir pu partager les bons sentiments (les bons mots, les bonnes émotions...).
Merci, vraiment !
Tron: Ils se créent seuls ces moments-là, pas que par l'imaginaire, mais parfois même avec la meilleure volonté du monde, on ne parvient pas à capter ni à jouir d'un instant beau, précieux et présent... pire, on ne le "voit" même pas.
Ca c'est moche et ce jour-ci ne l'était pas ;-)
Rédigé par : Missy'V | mardi 19 décembre 2006 à 18h39
C'est bien ce que je dis chtite Missy'V. C'est ton intérieur qui créent toute la réalité et la perception qui t'entoure. Quand tu vas mal même le plus beau des instants ne te touche pas. Mais quand tu vas bien ? Est ce l'instant qui te rend bien ou est ce ton intérieur qui surgit et se prend à vouloir te rendre bien ?
Question existentielle.
Rédigé par : Tr0n | mercredi 20 décembre 2006 à 11h37
Grrr Missy'V tu me fais douter de moi même. Je doute donc je vis ^^
Rédigé par : Tr0n | jeudi 21 décembre 2006 à 17h39
Tron: Je sais pas, je sais plus, j'ai jamais su ;-)
L'inverse est plus facile: quand je vais mal et que j'ai un beau projet, je vais mieux, donc ca vient bien de mon imaginaire.
Le jour J., si je vais mal pour une raison x ou y, je vais m'exténuer à vivre ce moment et à ne penser uniquement "qu'ici et maintenant".
L'imaginaire tient une grande place, d'ou les déceptions et les projets, parfois abracadabrants...
J'idéalise donc je vis :-)
Ceci dit, je vais mal depuis 2 jours et je sens que je vis mais d'une façon que je déteste.
Je râle tout le temps, c'est un fait... ^^
Rédigé par : Missy'V | jeudi 21 décembre 2006 à 18h37
Arrête, tu vas me faire rougir :-)
D'après mon expérience, je ne dirais pas que c'est l'imagination qui fait que l'on est bien ou pas. Il existe une réalité objective qui fait que ça va ou ça ne va pas. Et par dessus se rajoute l'humeur (à défaut d'un terme plus approprié pour qualifier des états très divers depuis la simple bonne ou mauvaise humeur jusqu'à des états psychologiques plus altérés). Et l'humeur agit à mon sens non pas comme un psychotrope (qui impliquerait imagination) mais comme un filtre qui nous rend sensible ou non à des situations objectives. Qu'il s'agisse de jouir d'une situation existante ou de gérer et développer une situation en germe jusqu'à sa parfaite floraison... ou, au contraire, de passer à côté de tout...
Rédigé par : mathieu | vendredi 22 décembre 2006 à 09h23
Ahhhh.... S'il pouvait exister une réalité objective...
Aller Missy'V, étant psychanalyste, je te donne une indication.
La manière dont on imagine est souvent plus instructive que ce qu'on imagine... Passe au delà de la conception de l'humeur, et tu verras une autre dimension dans tes textes.
Rédigé par : Tr0n | vendredi 22 décembre 2006 à 13h35
Mathieu: C'est pas une tare, même si je te voyais :-)
D'accord pour la réalité objective et l'humeur.
Réalité objective: soleil, polonais qui veut apprendre du français, Missy'V de bonne humeur et qui accepte, jouette comme un chien, elle fait le clown et la journée se passe bien.
Le lendemain, c'est plus pareil.
Déjà qu'il pleut... encore une réalité objective.
J'ai bon ? Parce que je suis sensible, émotive et mon état psychologique est aussi altéré... de quoi perdre sérieusement la boule ;-)
Je souris, ceci dit, c'est vrai !
Tron: Explique stp.
Y a pas de réalité objective ?
On est dans la matrice ou c'est pire ? :-)
J'ai l'imagination idéaliste, je ne sais pas si c'est instructif, je sais juste que quand je redescends sur Terre, ça fait plus mal.
Je peux pas relire mes textes, du moins une majorité...
Rédigé par : Missy'V | vendredi 22 décembre 2006 à 15h30
Oui, t'as bon. ;-)
Rédigé par : mathieu | vendredi 22 décembre 2006 à 15h53
Mathieu: Ouf, rassurée ;-)
Rédigé par : Missy'V | vendredi 22 décembre 2006 à 15h56
Je viens de percuter, là, sur "même si je te voyais".
Faut pas me dire des trucs pareils! Déjà qu'au bureau j'ai parfois la sensation d'être écouté et surveillé par la direction (qui se trouve à plus de 400 km)! Si en plus on me voit à distance, tout ça va mal finir.
C'était une blague, hein, pas la peine d'appeler les urgences psy tout de suite :-)
Rédigé par : mathieu | vendredi 22 décembre 2006 à 16h02
Mathieu: -LOL- arrête, déjà que j'étais en train d'écrire sur le Monde Etrange, je vais finir parano, aussi (heu... ;-) )
Rédigé par : Missy'V | vendredi 22 décembre 2006 à 16h36
Mathieu:
Je m'explique mieux: parce que c'est étrange que tu me parles d'urgences psy quand je suis juste en train d'écrire là-dessus :-)
Rédigé par : Missy'V | vendredi 22 décembre 2006 à 16h38
C'est dingue!
Rédigé par : mathieu | vendredi 22 décembre 2006 à 19h39
Mathieu: Uhuh :-D
Rédigé par : Missy'V | samedi 23 décembre 2006 à 18h12
"(Tu) serais (conditionnel) libre, libertaire et libertine ?
Je suis (indicatif) libre, libertaire et libertin.
BISES
Rédigé par : Michel DEBRAY | mercredi 11 juillet 2007 à 17h26
Michel: Moins libre (dans la tête) que je ne le voudrais.
Rédigé par : Missy'V | mercredi 11 juillet 2007 à 22h36