18/19 août
...
Première nuit ici.
23h00, y a des années que je n'ai plus essayé de m'endormir à cette heure-ci.
C'était il y a encore plus longtemps la dernière fois ou on m'a obligé à aller me coucher à 23h00, maximum.
2 somnifères dans le coco, avec ça, je dois dormir.
Sur ma table de nuit, y a pas grand chose, à cause de A., ma Copine de chambre.
Mon gsm est planqué dans le tiroir, mes bouquins, mes feuilles de papier ou je scribouille également ainsi que mon étui à lunettes.
Y a aussi ma boîte à médocs, j'ai pas tout vidé et tout donné au bocal, je suis pas dingue !
Je n'y touche pas mais ils sont là.
Ils ont oublié de me donner mon traitement de fond contre les migraines.
Ils veulent qu'un toubib donne son accord avant.
J'ai déjà mal à la tête.
La TV va fort, le plafonnier est éteint mais j'ai pas réussi à lui faire éteindre les lumières sur le coté et celle qui donne sur son visage.
Elle s'endort.
Et commence à ronfler.
Fort.
Je me lève, je vais éteindre cette putain de téloche et la lampe au-dessus de son lit, ça m'éblouit.
Pops fait le bouton de la TV.
Elle remue, se retourne, le silence se fait.
J'éteins la lumière au dessus de sa tête, là, elle se redresse, apeurée et me dit:
"Je ne sais pas dormir dans le noir ! T'as éteins la TV en plus ?"
"A., tu dormais, tu ronflais même !"
"J'ai peur dans le noir depuis mon coma !"
"Oui et moi je suis ici pour rétablir mon sommeil, on me bourre de somnifères alors il faut que je dorme. Je laisse les 2 lampes sur les côtés, c'est un bon compromis, il ne fait pas noir ni éblouissant, ok ?"
"Et la TV ?"
"La TV, si tu diminues le son, c'est possible mais à fond, je peux pas, ça m'explose les oreilles tu comprends ?"
"Mais j'entends très mal moi..."
"Oui et moi j'entends très bien, c'est le problème... Ok pour la TV jusque minuit, après tu diminues le volume ou tu éteins, ok ?"
"Ok !"
"Bon... bonne nuit..."
Bien sur, à minuit, je ne dors toujours pas.
A. s'est rendormie, ronfle à nouveau et n'a pas éteins la TV.
Je me relève et j'appuie sur le bouton off.
Elle se réveille à nouveau.
Ah nan, c'est pas possible, je vais aller fumer une clope, j'en ai marre !
Je sors de la chambre, je passe devant le bocal, l'infirmière de nuit me voit, me demande au travers du hublot ce que je vais faire, je lui montre ma clope, elle me fait signe ok.
Les somnifères n'agiront plus, je suis crevée pourtant et toute énervée.
Je prends un verre d'eau, je vais m'asseoir dans le canapé et je vais fumer.
10 minutes après, je regagne ma chambre.
La TV est de nouveau allumée, le plafonnier aussi.
Je sens le stress monter en moi, je bous à l'intérieur.
Je me lance sur mon lit:
"A., tu veux bien éteindre la TV et le plafonnier ?"
Rien.
Je me re-re-lève, j'éteins ce putain de plafonnier ou l'interrupteur se trouve près de ma Compagne de chambre et j'ai une méga-gueule là.
"A., TU DIMINUES LE VOLUME STP OU TU DEMANDES DES ECOUTEURS CAR JE VOUDRAIS POUVOIR DORMIR !"
" Je l'éteins, t'énerves pas..."
" Pfff...merci !"
Je me retourne, je flanque ma tête sous les draps, il fait chaud pourtant.
A. se remet à ronfler, mais d'une intensité.
Je prends mon lecteur, je fous les écouteurs dans mes noreilles et...volume 15, tranquille, j'entends quasi pas la zic, juste les grognements de A.
Volume 35, c'est fort, et pourtant je dois encore augmenter un peu pour que ça recouvre le bruit que fait ma Compagne de chambre.
Demain mes piles seront nazes, j'aurai mal dans les oreilles mais c'est peut-être le moyen de réussir à dormir.
Je deviens dingue, je deviens dingue, je suis dingue.
Il fait assez clair dans cette chambre pour que je puisse lire et tout regarder sans aucune lumière, c'est dire.
Mon Papa est venu à la visite, il m'a même apporté une photo qu'il a prise de mes 2-2 chéris tous ensemble.
J'ai les larmes aux yeux.
Premier jour, première nuit, c'est un calvaire.
Je ne sais pas ce que je fous ici, ce qu'on va me faire mais j'ai le sentiment que je vais en ressortir complètement tarée ou ne plus en ressortir du tout.
J'ai des angoisses, puissance 20 maintenant.
Je suis épuisée, je sens que les somnifères agissent mais je lutte intérieurement.
Et la musique va fort.
Sans, c'est le vrombissement de la Copine de Chambre qui me tue.
2h00 du mat', j'ai toujours les yeux ouverts.
Impossible de dormir, j'ai mal à l'intérieur des oreilles avec les écouteurs, j'ai chaud et si j'enlève les draps, c'est trop clair.
Je me re-re-re-relève, je prends mon gsm et mon paquet de clopes.
Je sors de cette chambre, je me dirige vers le salon, l'infirmière m'a vue et me demande:
"Ou vas-tu Missy'V ?"
"Je vais boire un verre d'eau et fumer une cigarette, si c'est autorisé..."
"Oui mais ne traîne pas !"
"Non..."
C'est pas possible, je dois rendre des comptes constamment, j'ai l'impression d'être... en prison.
Je vais dans mon "divan" favori (faut pas imaginer que c'est confortable mais c'est mieux qu'une chaise) et je savoure la nuit et le silence.
Je finis mon verre d'eau et ma clope, je vais dormir ici.
Divan 2 mini places, j'arrive à m'allonger, mes jambes dépassent, je me mets en boule.
Je ferme les yeux, il fait bon ici, presque noir et... tranquille.
Je m'assoupis, je sens que je pars, enfin...
Soudain, les lumières du "réfectoire" et du "salon" s'allument.
Rhô merde, je sombrais justement.
C'est l'infirmière.
" Qu'est-ce que tu fais Missy'V ???"
" Je dors !"
" Tu ne vas pas prendre la mauvaise habitude de M. ! Retournes dans ta chambre !"
" C'est qui M. ? Il dormait dans la chambre de A. ?"
" Ah, c'est encore A. qui pose un problème ?"
" Si vous êtes au courant, pourquoi vous ne me laissez pas tranquille, je commençais à m'endormir..."
" Parce que c'est interdit, tu te lèves et tu vas dans ton lit maintenant, je vais éteindre la TV et les lumières d'A. "
Putain, ils sont au courant de tout, pourquoi ils ont flanqué quelqu'un qui fait chier avec du bruit et des lumières la nuit avec quelqu'un qui est en restructuration sommeil, dans la même chambre ?!?
MP3 volume "mort des tympans" inside mes noreilles, enroulée comme le riz d'une feuille de vigne dans les draps, il doit être 4h00 quand je m'endors d'épuisement.
Au loin, j'entends du bruit, des pas qui traînent et des sons.
Serait-ce déjà cette maudite téloche ?
Je n'ai pas entendu la porte s'ouvrir et je sursaute quand j'entends la voix de l'infirmière crier:
"Debout Missy'V, il est 7h00 !"
"Humm..."
P'tain, c'est samedi, il est 7h00, et ALORS ?!?
J'enfuis ma tête dans les draps et je me rendors.
"MISSY'V, 7h30, MEDICAMENTS !!!"
"Quoi, 7h30, médicaments, quels médicaments ?"
"Tes anxiolytiques !"
"Mais, ça va pas bien... vous me réveillez pour prendre des ANXIOLITIQUES alors que je suis calmement non angoissée dans mon lit ?"
"Tu arrêtes de râler, tu te lèves, tu prends un verre d'eau et tu viens prendre tes médicaments, allez... hop, debout !"
J'étais bien, enfin en repos, dans la sérénité de mon sommeil.
Et hop, on me sort de là pour me bourrer de... médicaments.
Je me lève, j'enfile mon peignoir, et je me dirige vers le couloir ou la porte "aux médocs" se trouve.
Y a plein de monde, comme à la boulangerie.
Chacun attend gentiment qu'on lui serve son "petit déj" chimique.
Moi ça va pas.
J'aperçois un toubib dans le "bocal".
J'y vais, je frappe à la porte déjà ouverte et:
"Excusez-moi, c'est quoi ce bazar ?"
"Quel bazar Missy'V ?"
"Vous réveillez les gens qui dorment sereinement juste pour qu'ils avalent des médocs qu'ils n'auraient pas besoin si ils étaient encore endormis ?"
" Faut te calmez, ça va aller, tu fais la file et tu attends qu'on te donne ton traitement !"
"Mais j'avais besoin de rien là, merde ! Vous les avez vu un peu, comme des zombie en train d'attendre la pilule du bonheur, je ne veux pas devenir comme ça, je ne veux pas devenir un ROBOT CHIMIQUE moi !!!"
" Tu vas te calmer hein Missy'V, il ne s'agit pas de te faire devenir accro à une substance, c'est un traitement et il faut le commencer et le prendre à heure régulière, exécution et pas de bordel devant les Autres !"
"Ouais, les Autres... Vous savez quoi, j'ai l'impression d'être dans un mauvais film ! Gavez-moi avec vos horreurs mais bien hein, histoire que je dorme quand la Compagne de chambre que vous m'avez foutu ignore ce que c'est que l'obscurité et le silence. J'en ai plein le cul, je ne deviendrai pas une lavette humaine, un lambeau de chaire incapable de réfléchir jusqu'à oublier son prénom !"
Et j'ai claqué la porte du "bocal".
La fille de la veille, qui m'avait dit que je pouvais fumer, que j'aurais pas du donner des choses à J. me demande si ça va.
"Non, ça ne va pas, j'ai quasi pas dormi et on me réveille pour prendre... des anxiolytiques, ça va pas ici !"
"Calmes-toi sinon t'auras droit à la chambre 151, et c'est pas drôle..."
"C'est quoi encore c'te chambre 151 ? Une autre dimension ? La pièce capitonnée ?"
"Oui, c'est la chambre de punition."
"Et c'est quoi la punition, tu peux me dire ?"
"Tu dois rester dans la chambre, seule, tu ne vois personne et tu n'entends personne, t'es coupée des Autres, bref, c'est pas génial"
"Ben si t'avais ma chambre, tu prierais peut-être pour y aller parce que finalement, je vais demander la chambre de punition moi, j'en aurais bien besoin de ce calme, merde !"
" Toutes celles qui ont dormi avec A. ont pété un câble, j'imagine que c'est quelque chose..."
Ben merde alors, y a rien à comprendre ici, putain d'hosto, putain de bocal, putain de médocs, putain de gens, j'en ai ras l'hyper bol déjà !!!
J'ai pris les cachets, sous l'oeil de l'infirmière et je suis retournée dans mon lit, toute énervée.
A., en pleine forme:
"Ca va ?"
"Non, ça ne va pas !"
"Tu vas avoir la paix, je pars en week-end, tu seras seule la nuit prochaine..."
"Tu vois que t'es bien consciente que tu fais chier le monde... Laisse moi tranquille maintenant, bon week-end A. !"
Je vais aller déjeuner, sa tête m'horripile !
On sait même pas claquer les portes des chambres ici, elles se referment tout doucement, au ralenti.
Et j'ai la ferme intention de savoir qui je côtoie.
Y a un gars en chaise roulante que je n'avais pas vu hier qui est assis seul à une table, la table à coté de la femme-qui-aboie.
"Salut, je peux m'asseoir ici où ça dérange ?"
"Salut, non non, vas-y "
"Moi c'est Missy'V, et toi ?"
"Moi c'est D."
"Ravie D., t'es ici pour quoi si c'est pas indiscret ?"
"Hmm..."
"Bon, si t'as pas envie d'en parler, ça ne me changera pas remarque..."
"Harcèlement."
"Harcèlement moral ?"
"Oui et violence physique, avec mon ex"
"T'es ici sur décision judiciaire ?"
"Oui, j'ai passé les premiers moments en taule, maintenant c'est ici jusqu'au prochain jugement! "
Ouf, quelqu'un qui parle, qui dit les choses.
Quels yeux, j'ai jamais vu ça.
Des yeux jaunes, et c'est pas des lentilles.
Derrière, y a la table habituelle, ceux qui rient ensemble, qui pleurent, un petit clan.
Je demande à D. qui c'est le mec qui cause tout le temps.
"C'est un flic, tentative de suicide."
"Han, ok"
"Tu vas rire !"
"Quoi donc ?"
"Quand je me suis fait arrêter pour harcèlement, c'est lui qui m'a menotté, drôle hein la vie ?"
"Hum...sourire, très drôle coïncidence."
"Au début, quand il m'a vu, il ne me disait même pas bonjour !"
"Je crois, ça a du lui faire un choc, c'est son métier"
"En même temps, je suis bien content qu'il soit ici, c'est un flic pourri, tu sais, ceux qui cognent pour avoir des réponses..."
"Oui, je connais... tu prends ton pied alors à le savoir bien mal ?"
"Ouais, parfois...même si c'est dégueu, je sais !"
"Je suis pas là pour juger, d'ailleurs je sais pas pourquoi je suis ici, quelle galère !"
"T'inquiète, tu vas t'habituer !"
Ils me disent tous ça... tu vas t'habituer.
Et si j'ai pas envie de m'habituer justement ?
De toute façon, je ne ferai pas de différence puisqu'on n'explique rien ici, que j'ai pas un diplôme de spécialiste et que je suis malade aussi.
Tout le monde au même rang, au même stade, au même niveau.
Pas de différence.
Je vais aller fumer une cigarette.
La femme-qui-aboie s'approche de moi:
"Tu as une cigarette pour moi stp ?"
"Ouais, ton prénom ?"
"F."
"Stp F."
Et elle s'assied à coté de moi, en souriant.
Au moment où j'allume ma cigarette, elle me fixe et me crie d'un air inquiet:
"NON ! Bouge pas, Satan est derrière toi ! "
"Je sais F. que Satan est derrière moi, c'est à cause de la cigarette..."
"T'es sure ?"
"Mais oui, calme-toi..."
Elle est restée là, fumant tranquillement sa clope, en retrouvant le sourire.
Les psychotiques, c'est surprenant quand on ne s'y attend pas.
Les psychotiques mystiques aussi.
Ils sont humains, ils souffrent, pas la peine de les nier comme beaucoup le font.
Avec F., c'est rare quand on échange des conversations logiques mais ça arrive.
Souvent, c'est comme une improvisation théâtrale si tu as décidé de ne pas l'ignorer.
Et les mots et les sourires, ça la calme bien plus que ça ne l'énerve, tout dépend quelle direction tu prends avec elle.
Je lui dis quand elle dit une connerie monumentale.
Elle me regarde en souriant et me répond:
"Oui mais tu souris quand tu me dis ça, c'est que c'est pas grave alors ?"
"Non, F., c'est pas grave du tout va..."
Je revois W. aussi.
Et l'Américain, mais il semble si mal en ce moment qu'on le croise juste au fumoir.
W., il est restaurateur.
Intelligent, très cultivé.
Maniaco-dépressif et en cure pour alcoolisme.
Son état fait mal.
Il sourit, rit, fait le clown pour distraire et détendre l'atmosphère... une demi-heure après, il est seul dans son coin, il pleure à chaudes larmes et même en le prenant dans tes bras, ça ne suffit pas.
Ca fait plus de 25 ans qu'il en souffre et qu'il fait ponctuellement des séjours hospitaliers.
Il m'a présenté M-L, ici pour dépression, accessoirement.
En réalité, elle a perdu son rang dans la société, ne sait plus gérer ses comptes et est mise sous tutelle.
Ca va, la plupart du temps.
Faut juste prendre du recul, parce qu'elle s'attache à toi pour mieux te repousser après.
D., je l'ai dit.
Placé ici sur décision judiciaire pour harcèlement et violence.
Accessoirement en sevrage cannabis.
Beaucoup de monde part en week-end, on sera peu à rester à l'hosto.
Et encore moins à passer 24h/24 enfermés ici.
Y en a qui ne quittent quasi par leur chambre.
On les croise aux repas et au fumoir, et encore.
Y a P., celle qui m'a déjà parlé pas mal.
Dépression.
Puis y à M., il ne dit strictement rien, à personne.
Il s'isole et ris tout seul.
Tellement souvent que si tu t'emmerdes, tu le regardes, son rire est communicatif à crever.
Il ne se fâche pas quand tu ris, il s'en fout, t'es pas dans son monde en fait.
Y a G., très gentil, ne supporte pas la solitude, ça c'est ce qu'il dit.
La schizophrènie, c'est sa réalité.
Il reste souvent dans sa chambre, sauf si je suis là.
J'ai beaucoup d'affection pour lui et il l'a capté comme ça.
Y a N., anxieux et nerveux.
Sevrage aux médocs aussi.
Je le taquine tout le temps.
Je lui dis d'essayer le sport mais il déteste ça.
Il arrive dans le couloir, on sait que c'est lui tellement il laisse traîner ses pieds.
"N., fais un peu de sport, lèves tes pieds stp !"
Quand je lui dis ça, il sourit, mais pas longtemps.
Et cet aprèm, y a un nouveau.
J'étais dans mon canapé en train d'écouter la musique puis y a une main qui me "pousse".
"Salut, moi c'est E., et toi ?"
"Missy'V... salut E."
Rhô p'tain le mec a les deux yeux au beurre noir, mais grave, l'arcade sourcilière pétée, des bleus partout.
"Et ben, qu'est-ce que t'as eu ?"
" C'est les flics, ils m'ont tabassé."
"Han... et pourquoi ?"
"Pour rien, j'étais dans une taverne, place Charles II à Charleroi, tu connais ?"
"Oui"
"Et bien y a eu une bagarre générale, les flics sont arrivés et j'ai tout reçu !"
"Ben dis donc..."
Bon, en même temps, on ne rentre pas en hôpital psychiatrique parce qu'on s'est fait tabasser, même par les flics.
Je ne connais pas son état intellectuel mais il en sait des choses.
Il te raconte sa passion: les avions.
De A à Z, il connaît tout sur le sujet.
Les 2 guerres mondiales aussi, les armes, et la Russie, ce sont ses sujets de prédilection.
Puis il se referme, il se balance.
L'autisme, c'est son monde.
Il pleure aussi souvent.
Il te raconte qu'il aimerait avoir une femme et des câlins mais qu'avec sa maladie, il n'y a pas droit.
Ca te fout les larmes aux yeux à en hurler.
J'entrevois S., celle à qui appartient la TV avec le lecteur DVD.
Je lui demande si on peut s'en servir.
"Bien sur mais j'apprécie qu'on me le demande avant sinon je m'énerve. Je l'ai mise ici pour les Autres mais ils m'en ont déjà bousillé une, faut me comprendre !"
S., sevrage alcool.
Ca fait 10 mois qu'elle essaie.
Elle aime bien qu'on lui foute la paix et elle est franche.
Si tu la respectes comme telle, elle est charmante.
Mes parents et une de mes tantes viennent me voir à la visite du samedi après-midi.
J'étais restée dans le salon, j'ai demandé à ma mère si elle préférait aller dans la chambre, elle n'a pas voulu.
Elle est quand même restée choquée car elle a vu le Monde Etrange.
Elle a pris peur même.
Mon Papa reste comme à son habitude, il plaisante parfois, reste silencieux souvent.
Moi je suis redevenue sereine.
Je ne suis pas à l'hôtel, je ne suis pas en vacances.
Je cherche, j'écoute, je réfléchis, j'apprends, j'exécute.
La tolérance de ce monde parallèle qu'on ignore, par peur souvent, par facilité parfois.
Personne n'est venu à la visite du samedi soir.
Je me sens seule.
Ma chambre est vide, A. est partie en week-end., je vais pouvoir enfin me reposer.
Et pourtant, j'ai très mal dormi.
Vraiment très mal.
J'ignore toujours ce que j'ai exactement.
J'ai pas de mots à mes maux.
Pas de nom.
C'est ce "pas de nom" qui me dérange.
...
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