Perplexe.
Utile - Inutile ?
Futiles.
Mens, inutilement mais mens !
...
Il m'a dit que je ne posais jamais de question.
C'est faux.
"Je ne t'en ai posée qu'une, en effet."
"Ah oui ??? Laquelle ?"
"Ah quoi bon, une seule et c'est déjà de trop..."
"Pardon, je ne m'en souviens plus..."
(Oui, c'est ce que je pensais, justement)
"Je t'ai demandé si il t'était possible de me tutoyer ?"
"Ah oui je m'en souviens maintenant, c'est vrai..."
(Bien sur que c'est vrai, comment oublier une unique question ?)
"Pardonnez-moi, vous ne m'en tiendrez pas rigueur j'espère ?"
(Ca, c'est comment nier, comment effacer ma demande et ma personne.
Comment continuer à poser des questions qui seront ignorées, me feront me sentir plus transparente que du papier calque ?)
Il monologue en sorte.
Question/Indifférence.
Mentirais-je inutilement ?
"Qu'exercez-vous comme profession ?"
"Je ne travaille pas."
"Etes-vous en vacances ?"
"Non, en incapacité de travail. Ca y ressemble mais ça ne l'est pas."
(La gaffe spontanée. La franchise qui brisera son monologue avec le questionnement qui va avec, la peur qui surgira de sa cervelle.)
Au fond, on est comme on est, autant se faire déprécier pour ce que l'on est.
"Etes-vous malade ?"
(Oui, une grande malade. Névrosée. Hypo-dépressive. Pessimiste Réaliste.)
"Oui, je suis malade."
"Qu'avez-vous ? Puis-je vous aider ?"
"C'est dans ma tête. Je souffre de trouble de la personnalité."
"Ah..."
(Long silence, qui en dit plus long qu'il ne l'est.)
Je l'imagine bien se dire "encore une tarée, c'est dingue !"
Tout aurait été différent si je n'étais pas envahie par ces foutues pensées judéo-chrétiennes qui persistent, et que le mensonge par omission n'est lui même qu'un mensonge.
Je bosse, je ne suis pas salariée.
C'était la question à laquelle je n'aurais pas menti.
J'aurais pu sortir l'informatique, le Groupe, les clebards, l'éthologie, l'écriture, la guitare...
Mais non, tu travailles reste dans l'ordre du "t'as du flouze ?"
Parce que si j'avais dit que j'étais rentière, cousine germaine de Paris Hilton ou scandaleusement riche avec le super jackpot, il n'aurait plus été question de se poser la question.
Tout le monde travaille.
Tout le monde n'est pas salarié/rémunéré correctement.
C'est inutile de le préciser.
Avec tout le respect qui m'envahit parfois, j'ai ressenti le besoin de me justifier.
Parce que le vouvoiement, quand il n'est pas hiérarchique, ça me fout une barrière invisible et vulgairement parlant, ça me fait chier de demander 3 fois la même chose, surtout si je ne demande qu'une seule chose et qu'on soit incapable d'y répondre.
Ce n'était pas un manque d'intérêt.
Ce fut pour lui une grâce, touchante, mais une crainte devant ma fragilité.
Inutile d'être spontanée.
Inutile d'être franche et honnête.
Si ce n'est l'intérêt de voir l'autre dévoiler sa propre fragilité.
Toujours la même, toi être dingue, pas moi.
Toi être endommagée, pas moi.
Toi être handicapée de la vie, pas moi.
Moi être Homme des cavernes déguisé en châtelain du 19ème, avec mes belles paroles, mon talent à 3 balles et mon ouverture d'esprit aussi grande que le chas d'une aiguille.
Nous habiter même planète mais pas faire partie du même monde.
...
Moi regrimper dans mon arbre et reparler savanais.
Lui savoir mieux que moi quoi mon corps aimer.
Sex-dial.
Tu questionnes, je réponds du haut de mon arbre.
"Et ton point G, tu aimes ?"
(Je comprends pas la question - sujet/verbe/complément pourtant.)
"Ca doit être une légende chez moi, je n'ai jamais trouvé mon point G"
"Tu plaisantes ?"
"Non !"
"Incroyable ! Tu n'as pas cherché que tu ne le trouves pas ?"
"Si, toute ma vie durant, toujours rien trouvé mais je persévère..."
"Je suis doué pour ça, tu veux parier ?"
"Non, il suffit de quelques coups de langue sur le clito pour me faire grimper aux rideaux, pas besoin de savantes explorations et limage pendant 4 heures, histoire de me dévoiler mon point G ou de me dire que t'es désolé de n'avoir point trouvé l'point non plus."
"J'y crois pas, tu parles comme un mec là !"
"Les femmes ont l'obligation d'avoir trouvé leur point G mais pas celle d'ouvrir leur gueule pour parler avec les mots exacts, habitués à ce que tout soit emballé dans du papier doré avec des petits cris qu'on sait même pas si ce sont des plaintes ou des gémissements de bonheur... je parle comme un mec, je n'ai pas trouvé mon point G, je ne simule pas. C'est dérangeant ?"
"Je ne comprends pas que tu n'aies pas trouvé..."
"Et pourtant, je cherche l'Homme, le seul et unique, je cherche, I'm still searching et je ne trouve pas non plus.... mais je persévère. Tu vois ?"
"Hmm, mouais... Tu viens prendre un verre demain ?"
(Demain est un autre jour.)
A l'idée de savoir qu'il focalise sur mon point G perdu inexistant, ça va pas me donner la trique.
Moi apprendre à mentir, simuler, crier fort de fausses (ré)jouissances, homme content et pouvoir enfin échanger de vrais mensonges.
...
Rio do Brazil, Cuba et Punta Cana.
J'ai même pas envie d'aller m'faire un resto avec lui.
Rien que le nom de sa ville me fait penser à mon ultime rencart dans cet endroit.
Il est arrivé à la gare d'ici, pantalon de training, basket.
Après la promenade pédestre avec 2 de mes clebards, je crevais de soif.
J'ai pris un coca, lui rien.
J'ai bu en 4ème vitesse, j'ai payé, on a repris la voiture.
On va bouffer dans sa ville, comme ça il ne devra pas retourner en train.
Il insiste pour que je garde les 2 chiens pour se balader là-bas.
40 minutes de route, on débarque à la gare ou est stationnée sa bagnole.
Il connaît un super restaurant, faut grimper toute la rue piétonne.
Avec les chiens, ça va vite.
Il aimerait en tenir un, j'hésite.
Je le sens mal, pour lui un chien, ça écoute, et c'est debout-assis-couché en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.
Les miens, ils écoutent quand ils veulent, et surtout, ils tirent.
Normal pour des chiens de traîneaux, mais non, parce que ça se voit pas quand je les tiens bien serrés que ça me fout les biceps bombés.
Après autant d'obstination, je lui laisse la plus douce entre les mains.
Il démarre au starting block, la rouquine le tirant comme une vulgaire brouette remplie, je le vois s'éloigner dans la montée tout en maugréant "doucement, stop, plus bouger...saloperie de *%£@|#!"
Là, je tique, je lâche du leste avec la Toune pour le rejoindre rapidement en l'entendant hurler sur la rouquine qui continue sa trajectoire sans se soucier de ce qui lui tient la laisse.
Il va finir par la lâcher, ou pire...
C'est à ce moment là que la baffe est tombée.
Paf, en plein dans la tronche de ma rouquine qui s'est littéralement laissée tomber, face au sol, recroquevillée comme si Alpha avait montrer ses crocs.
Alpha c'est moi, mon chien tire parce que j'ai décidé qu'un chien de traîneau qui ne tire pas n'est plus qu'un demi-chien de traîneau.
La colère est montée, aucun chien n'ayant jamais reçu une taloche de ma part, ma petite rousse était foudroyée par tant de violence.
J'ai arraché la laisse de ses mains, il s'est confondu en excuses, expliquant qu'il n'en pouvait plus, que les 2 derniers kilomètres avec la chienne furent un vrai calvaire pour lui tellement elle tirait.
Fallait me la rendre Monsieur Ducon parce que balancer une méga gifle au chien, j'apprécie vraiment pas tu vois !
Je déglutis ma hargne jusqu'au resto.
Petit resto italien, on entre, je bouffe toujours mes lèvres de ressentiment.
"Un Perrier et 2 martini blancs svp !"
"Tout ça ?"
"Oui tout ça !"
(Qu'est-ce que ça peut bien foutre tant que c'est moi qui paye, qui conduis etc... ?)
Je vais aux toilettes, confiant les 2 monstres au barman.
Je reviens, m'attable et je constate que mon 2ème verre de martini est... vide.
"Tu as bu mon verre ?"
"Oui, le mien était déjà vide, c'est pas grave, recommandes-en un si tu veux..."
(Ca va pas aller, je vais bouffer en vitesse et m'en aller parce que je sens que je vais exploser et lui crêper le chignon.)
"Je vais changer de table je crois, puis je me casse, j'en peux plus là !"
"Calme-toi, c'est bon..."
"Tu vas aussi picorer dans mon assiette quand la tienne sera vide ?"
"Y a pas de mal, si ?"
"Sans demander, moi ça me dérange royalement, justement ! On se connaît depuis peu, tu baffes mon chien, tu bois mon verre en stoemeling et puis quoi ???"
"Bon, j'ai compris..."
Plats terminés, il a laissé la moitié dans son assiette, perturbé, dixit monsieur, par mon comportement agressif.
L'addition arrive, il me dit alors qu'il n'a pas de sous sur lui, qu'il doit retourner chez lui pour en prendre et revenir.
L'exaspération est à son comble, je paye tout et je me casse du resto, regagnant ma voiture à toute vitesse.
Il est descendu aussi vite que moi, me suivant, essayant de reprendre le dialogue définitivement rompu.
"Aller, râle pas, je recommencerai plus, je te rembourserai le resto etc..."
"Je m'en branle du fric, tu pourrais juste t'excuser d'avoir giflé mon chien et bu mon verre, ça suffirait... on peut rêver non !"
"P'tain, comment tu parles toi... tu t'en branles, ça se dit pas..."
Venir à un rendez-vous non sportif en training/basket, jurer comme un charretier puis frapper un chien, absorber le verre d'une nana pendant qu'elle est partie aux WC, entrer et consommer dans un resto sans un sous, ça se fait, mais dire "j'en ai rien à branler", c'est un manque de savoir-vivre quand on est une nana, Missy'V, voyons !
Je me trouve bien patiente pourtant quand je rembobine ma vie.
Qui flanquerait encore une claque à un de mes chiens sans se retrouver les 5 doigts de ma main ancrés dans la joue ou le pif cassé, au minimum ?
...
Inutilement, ces petites rencontres désastreuses refont parfois surface effaçant le temps d'un instant les plus belles.
Inutilement, je reste dans ma planque parce que si je ne le sens pas, je sais maintenant que c'est même pas la peine d'essayer de me changer les idées, voir la vie en rose avec mes lunettes grises pour parsemer le ciel d'étoiles filantes en plastique.
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