Je n’arrive pas à dormir.
J’ai choppé un bon gros rhume avec l’angine et la trachéite qui vont avec.
Et je tousse et je tousse et je tousse.
Du coup, j’ai un mal de crâne infernal, ça résonne dans ma caboche si ça arrête de piquer dans ma gorge.
...
Le groupe était hard aujourd’hui.
On est nombreux.
Trop.
Des nouveaux, encore.
Des anciens qui ont annoncé leur départ bientôt et des ceusses qui ne viennent plus sans avoir dit merci ni amen.
...
J’ai téléphoné à G-M toute contente pour dire que j’allais reprendre les entraînements puisque mes noeils vont mieux et que je pourrais remettre mes lentilles et ainsi m’enlever la crainte de me ramasser un uppercut dans la mâchoire avant de me faire casser mes binocles.
J’ai reçu un coup de poing dans le moral quand il m’a dit qu’il n’entraînait plus, que c’est F. qui avait pris la relève.
J’aime pas le training avec F.
Tu passes une demi-heure à courir puis tu boxes pendant 1h30.
Tu fous tes gants et tu frappes et tu frappes et tu frappes.
Pas de style, plus de technique, aucun art.
...
Ma Toutoune va mieux.
Elle n'a plus de fièvre, l'abcès s'est résorbé et l'ulcère se referme.
Elle a retrouvé l'appétit, le punch et l'apaisement.
J'ai tellement eu peur de la perdre.
...
Les voisins m'emmerdent.
Ils ont balancé toutes les feuilles mortes dans son chenil.
Pendant 15 jours, ils sont restés plus ou moins zen.
J'avais une épave de poils dans mes bras.
La Toune n'avait même plus la force pour se mettre sur ses 4 pattes et aller faire ses besoins.
J'étais obligée de passer devant leur fenêtre avec mon chien dans les bras.
Sa déchéance les faisait sourire.
Ca leur suffisait comme peine à me procurer.
Maintenant qu'elle revit, les mégots atterrissent à nouveau pour brûler mon entrée et les crasses redébarquent dans mon terrain.
J'ai peur.
Je sens que je vais exploser comme un bâton de dynamite.
La semaine passée, alors que je soignais l'ulcère de ma peluche, j'ai entrevu la sale gueule de la femme de FdP et son doigt pourri sur ma sonnette.
Je n’ai pas ouvert la porte.
Je ne veux plus la croiser.
Je ne peux plus la croiser.
Le flic de quartier n'est jamais venu faire la constatation des dégâts.
L'autre fois, en entrant dans ma caisse, j'ai aperçu cette conne en uniforme sonnant au bâtiment en face.
J'ai eu envie de sortir de ma bagnole et de l'empoigner.
...
La dernière fois que j'ai fait un truc dans le genre, j'ai passé 15 heures dans une cave pourrave, sur une planche en bois, sans vêtement et une grosse lampe en pleine tronche.
15 heures de cachot.
Il a mis ses sales pattes sur moi et son sourire narquois m'a démontée.
Il m'a ris au nez quand j'ai demandé de dé-serrer mes poignets qu'il tenait fermement.
Je lui ai pourtant dit que ça me rappelait les vilaines violences physiques que j'ai subies durant ce viol collectif.
Il a continué à serrer et à sourire bêtement, j'ai perdu la tête et à mon tour je suis devenue un monstre.
J'ignore comment je me suis détachée de sa peau et avec quelle force je me suis retournée pour lui envoyer mon plus beau coup de pied.
Je n'avais pas envie de pleurer ni de rire mais le voir étendu là à terre m'a procuré un apaisement instantané.
Les 3 autres acolytes m'ont menottée aux 4 membres et embarquée au commissariat.
Je me souviens bien de son crâne rasé, de sa belle gueule de jeune premier et du coup de poing en pleine face qu'il m'a flanqué alors que j'étais encore emprisonnée par ces horreurs métalliques.
Je me rappelle bien de leurs doigts dégoûtants enlevant mes vêtements et de la puissance avec laquelle il m'a empoignée par les cheveux pour me jeter dans ces 4 murs morbides.
J'ai crevé de froid, de soif, de faim.
Je n'avais plus de notion du temps et j'ai eu l'horrible sensation de m'éterniser dans cet endroit.
Je revois bien ce flic de relève me demander de porter plainte contre son collègue.
Je voulais juste rentrer chez moi.
Je voulais juste avoir la paix.
...
Quelques années auparavant, un type m'avait agressée à main armée.
Je ne sais pas si tu sais ce que ça fait d'avoir une arme pointée sur ta tempe, moi oui.
Ca fait que t'as les chocottes, que tu ne sais pas si l'arme est chargée et encore moins si le taré qui se trouve à l'autre bout va appuyer sur la gâchette.
Tu ne penses plus qu'à une chose: te tirer loin avant qu'on ne te fasse la peau.
Mais tu te dis que si il tire à bout portant ou à 3 mètres, tu vas te la chopper cette balle.
La seule chose qui te vient à l'esprit, c'est désarmer cet abruti et courir, vite et loin.
En tout cas, moi c'est ce que j'ai fait.
Je l'ai frappé de toutes mes forces.
Quand son arme a valsé dans les buissons, je l'ai tabassé de tous cotés.
Il a rétorqué, on a dégringolé dans les escaliers et malgré les coups, je me suis relevée et j'ai continué à cogner.
J'ai pris 3 ans dans ma gueule pour ça.
Ca, c'est pour avoir ignoré la loi.
Quand le juge m'a demandé si je reconnaissais avoir porté des coups sur la personne de monsieur S., j'ai dit oui.
J'aurais du dire non.
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Je ne sais pas si mon certificat de bonne vie et moeurs est redevenu vierge comme me l'avait promis mon avocat, parce qu'étrangement, si la police ne se déplace pas actuellement, soit qu'ils s'en foutent soit qu'ils m'ignorent à cause de ça.
Quelque soit la cause, l'envie d'attrapper cet agent de quartier qui ne daigne pas faire son boulot m'a emparée et je me suis fait peur.
Je dois fuir tout ça parce que j'ai toujours tort face à eux.
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Mon instinct de survie est à la hauteur des êtres que je côtoie et avec qui je partage une solide affection.
C'est peut-être génétique si je regarde le parcours de ma soeur.
Touche pas à ma peau ou j'me fais la tienne, c'est une sorte de formule mise à exécution, un précepte gravé dans nos viscères.
Une défectuosité dans notre ADN ?
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Toujours est-il qu'avec cette voisine, j'en arrive au stade du trop-plein.
Je pourrai même pas lui casser les dents, elle n'en a plus.
Mais j'ai cette envie presque devenue incontrôlable de lui faire la peau, lui encastrer le portrait, qu'elle comprenne une fois pour toute que ma patience à des limites, qu'on n'emmerde pas le monde sans raison, que quand les mots ne suffisent plus il faut passer à l'action, que je peux être douce comme un agneau mais que je ne suis pas pour autant une brebis et que mon instinct est plus proche du diable que de dieu.
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Pays de gogols, 6 mois pratiquement sans gouvernement et le con de belge, il ne trouve plus qu'à sortir son drapeau.
Il est bien brave ce belge, tcheu dis !
Tu lui fous une claque, il revient la queue entre les pattes mais il revient, comme un pauvre toutou perdu.
Jésus était belge ?
Moi pas.
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