Après un week-end sanglots et soupirs, la semaine commence fort.
C'est ridicule, comme si il y avait un début et une fin aux jours qui se succèdent.
Samedi soir et nuit, comme je ne l'ai pas encore raconté, j'ai passé mon temps entre l'hosto et la clinique vétérinaire.
Fille de Toune, en plus d'avoir fait une pancréatite et d'être diabétique, a maintenant une métrite.
Ma maman est sortie de sa bouderie pour m'annoncer ça sur mon répondeur que j'ai écouté après être sortie de cardiologie ou séjourne maintenant mon papa.
C'est-à-dire un samedi soir vers 21h00.
Le véto de ma maman était en vacances et pas de numéro de remplaçant sur son message d'accueil et ma véto à moi était à un mariage donc indisponible avant dimanche matin.
Et fille de Toune ne bougeait plus, avait des contractions violentes et de la fièvre en masse.
Maman était complètement paumée et m'a donc laissé un "que dois-je faire ?" en guise d'aurevoir.
Trouver un vétérinaire bon sang, ou attendre le lendemain matin voir si le chien était toujours vivant.
Sais-tu qu'il n'y a plus qu'un seul vétérinaire de garde pour toute la population animalière de l'entité de ma région ?
Ca veut dire que tu ne peux pas savoir quand et si il aura le temps de venir soigner ton animal.
A part la clinique, pas d'autre solution.
Ca veut dire repartir de l'hôpital (après avoir cherché une clinique pas trop loin) chez ma mère pour aller chercher le chien, sans passer par la case maison-mangermyself-donnergamelleàToune-promenadeToune, faire examiner fille de Toune, explicationner ses ennuis de santé, la couvrir pour le week-end, payer, reprendre fille de Toune, la redéposer chez ma mère et tout bien expliquer le traitement provisoire avant de revenir (enfin) chez moi.
Ne pas oublier d'insister auprès de ma maman qu'elle me donne des nouvelles de fille de Toune lundi soir lorsqu'elle aura eu son véto en ligne.
Lundi aprem, je vais voir papa avant d'aller au Groupe.
Maman arrive un peu avant que je ne parte, et c'est quand je lui ai dit "tu pourrais dire bonjour" qu'elle m'a rétorqué "ben tu sais moi et les bonjour/bisous/etc, ça fait deux" que je me suis tue en me disant "malheureusement oui je ne le sais que trop bien."
Je me suis faite rabrouer quand j'ai demandé des news du chien:
"Eho, j'ai pas encore téléphoné au véto, qu'est-ce que tu veux que je te dise !"
Chai pas, comment va la chienne par exemple.
Elle était pas obligée de s'énerver sur moi quand je demande comment ça va, quand je fais remarquer qu'elle ne dit même pas bonjour alors que je me décortique pour son clebs parce qu'elle a la trouille, une voiture mais pas le permis.
Je sais bien qu'elle est stressée avec papa mais moi aussi.
Elle me dit qu'elle me tiendra au courant dès qu'elle aura joint son véto habituel et je me taille au Groupe.
Après le Groupe, après mon break avec C., après être rentrée à la casa, toujours rien de ma mère et un peu tard pour moi lui envoyer quoi que ce soit sans qu'elle ne pique une crise.
Aujourd'hui, toujours rien.
Je croise ma mère à l'hosto et j'ose un dernier "comment se porte fille de Toune ?"
"Mon véto vient jeudi, qu'est-ce que tu veux que je te dise d'autre ?!?"
Heu... comment va le chien.
C'est ce que je m'évertue à demander en réalité.
...
Elle me fait le coup pareil avec mon père quand on ne se croise pas dans les couloirs du CHU.
Quand ça va très mal, j'ai des news.
Et moi, je lui en donne à chaque fois que j'y vais parce qu'elle me l'avait demandé et que je trouvais ça assez logique de la rassurer ou tout du moins la tenir au courant.
Ce qui me fait le plus chier, c'est qu'elle passe toutes ses soirées à téléphoner et sms-ser à tout le monde (qui ne vient jamais aux visites d'ailleurs) pour dire comment va papa.
...
Et papa de me dire aujourd'hui:
"Tu sais Missy'V, si je n'avais plus eu mes chiens, je ne me battrais pas."
"Heu... merci pour moi Papa."
"C'est comme ça..." a-t-il lâché la larme à l'oeil.
...
Les gens sont étranges.
Les parents, la famille, les amis, les pseudos-amis, les potes, les ennemis, les inconnus, ont des paroles ou/et des comportements que je ne capte pas.
Regarde Monsieur Concetto par exemple.
Il m'envoie chier royalement le jour ou je lui dis que j'ai peu de temps à lui consacrer parce que je le passe en compagnie de mon père aux soins intensifs puis il est à la limite de la persécution par mail et par phone parce que quand on m'envoie chier ben forcément, je reste aux chiottes et on ne m'entend plus, ensuite il retourne sa veste à nouveau, il en arrive aux reproches pour ensuite me laisser un message vocal d'une gentillesse incommensurable et même un poème des plus douteux et...
Ca existe un phone pas trop cher ou on peut bloquer la réception de certains sms ?
...
Et le toubib-conseil, hier matin, c'était le top du top.
Et K. du groupe qui passait également hier matin devant un autre conseilleur a eu droit à pareil traitement.
Sauf que moi, bizarrement, je suis restée stoïque cette fois.
Il a commencé à me prendre sérieux la grappe quand il a remis sur le tapis ses conseils concernant la sophrologie et la relaxation.
Je lui ai répeté une ultime fois, malgré mon dossier qu'il tient sous ses yeux fuyants, que je souffre de troubles de l'anxiété et que ces 2 merdes qu'il me recommande vivement ne sont aucunement à suivre dans mon cas.
Je sais que ça l'irrite quand j'interviens sur les sujets médicaux mais c'est tout de même qu'un putain de médecin généraliste et c'est pas à lui de m'apprendre ce qui me correspond ou pas.
Evidemment, ça a déclenché sa frustration et sa colère s'est déployée sur moi accompagnée d'un abus de pouvoir à faire peur.
Il en a profité pour me dire que les groupes thérapeutiques, ça ne servait à rien, porter des jugements sur le travail des psychiatres en général et Doc Psy en particulier et m'ordonner de consulter quelqu'un d'autre à titre individuel en me menaçant d'ennuis avec la commission d'assurance maladie.
Mon dossier n'est pas à jour visiblement.
Administrativement parlant.
Il risque des ennuis avec la commission et au niveau déonthologie, bonjour.
Il n'a rien à m'imposer et encore moins le droit de me gronder et de m'intimider.
Je l'ai dans le nez et je suis restée comme un morceau de bois, même pas un seul mot j'ai pipé.
Pas une phrase, pas une larme, pas un froncement de sourcil, pas un semblant d'énervement, pas un truc cynique, rien.
Je ne suis pas arrivée à un contrôle total de moi-même parce qu'en
dedans, j'en ressentais des émotions gigantesques mais en dehors, nada.
J'aime pas ça du tout, c'est très mauvais signe pour ma gueule quand plus rien ne sort.
...
Pour beaucoup, je dois être un genre de touring secours.
Une éponge, qui nettoie, absorbe, qu'on dépose là et qu'on reprend plus tard, si besoin est.
T'as déjà vu le coté vert de l'éponge de cuisine, le truc qui t'arrache la pellicule quand tu l'as sur le coin de ta casserole ?
Seuls les chiens sont fidèles à eux-mêmes.
J'ai de qui tenir je crois.
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