Depuis que mon papa est sorti de l'hôpital, rien ne va plus mieux.
J'ai le sentiment que l'idée de perdre mon père m'a paralysée et que plus rien ne sera jamais comme avant.
D'insomnies en cauchemars, de terreurs nocturnes en coma profond, je virevolte.
Je n'ai plus la paix ni la nuit ni le jour, à nouveau.
J'ai envie de faire plein de trucs mais ces angoisses profondes me bloquent.
Ca me prend une énergie inimaginable de me déplacer d'un point à un autre même si la destination est un lieu ou un évènement que j'ai attendu avec la bave à la bouche.
Ces attaques de panique me laissent sur le cul, toutes ces peurs et la pire de toute, celle d'avoir peur, de me dédoubler à chaque fois que je sens cette foutue dépersonnalisation arriver.
Cette sensation de non vivre les choses mais de les regarder, comme si j'étais dans une salle de cinéma.
D'ailleurs ça fait un bail que je n'ai plus été au cinéma.
J'ai les sous, j'ai la voiture, le corps pour me déplacer mais toujours cette jambe de bois en travers de la tête.
Je sais pertinemment que ce sera une séance fichue ou je vais suffoquer dans le noir, fixer la porte exit ou carrément sortir avant la fin des publicités, juste quand le film commence.
Et si je reste, je verrai le film sans le voir, comme si quelqu’un d'autre me volait mon corps le temps de la danse.
Je ne me souviens plus non plus de la dernière fois ou je suis allée chez le coiffeur.
D'abord, j'aime pas ça, à part les papouilles dans les cheveux, les blabla des autres clientes et le fait de poireauter devant ma tronche qui se reflète dans le miroir, c'est presqu'un supplice.
Mes cheveux sont ternes, rêches, fourchus.
Ma coupe n'a plus de forme, genre filasses dans le dos et bobtail devant.
Pour couronner le tout, ils bouclent quand ils sont à peine humidifiés et remplis d'électricité statique que je ne sais plus rien en faire.
En un mot, ils sont moches.
Mes yeux, ça ne s'arrange guère.
L'écran de pc me fait mal, au point que les larmes coulent toutes seules.
Je ne vois vraiment plus bien avec mes lunettes, surtout de l'oeil gauche.
Avec mes lentilles, c'est l'oeil droit qui n'est plus bien corrigé.
La solution la plus efficace pour voir mieux moins mal serait de mettre ma lentille gauche et mes lunettes avec le verre gauche pété.
Mais ce serait un sérieux problème pour quand mes noeils ne supportent pas la lentille, genre trop souvent.
Tout s'est aggravé en août 2007.
D'urgences en rendez vous intercalés chez le spécialiste, j'ai trouvé une solution de secours avec le pharmacien en guettant mon rendez-vous complet que j'attends depuis des mois: juin 2008.
Depuis que j'ai décidé d'outrepasser mes règles établies avec le toubib lors de mon régime alimentaire en été 2005, rien ne va plus non plus.
J'ai niqué ma stabilisation que je poursuivais depuis plus de 2 ans et qui se passait bien et les pensées négatives et le passé douloureux d'anorexique-boulimique que je suis hante à nouveau mes pensées.
Ce que je m'en veux de ne pas écouter que moi sur ce plan là.
Des mois de régime draconien, sans jamais un seul craquage, des prises de sang tous les 15 jours pendant une longue année, et plus de 24 mois de stabilisation, je pouvais manger presque n'importe quoi n'importe comment sans prendre un demi centimètre de tour de taille.
Certes, je n'étais pas mince ni même normale mais mon indice de masse corporelle était dans la moyenne, le niveau de mes triglycérides stable et mes gamma GT à nouveau rentré dans l'ordre.
Et depuis que j'avais réajusté la circulation de mon petit bassin 4 fois chez mon ostéo, plus aucun problème avec une de mes glandes de Bartholin.
Je me connais bien pourtant, pourquoi ai-je donc détruit ce que j'ai mis tant d'années à construire: une stabilité alimentaire.
A vrai dire, je ne me comprends plus moi même et je commence à avoir du mal à m'encadrer si j'y réfléchi.
Comme une envie de me foutre une beigne dans cette gueule de pauvre conne, dans cette patte de bois qui dépasse de mon occiput d'idéaliste de merde.
Depuis cette craqûre, le moindre morceau de chocolat que je bouffe me fait prendre 500 grammes.
La moindre particule de lactose que j'avale déclenche à nouveau ces pourries mycoses.
J'oserais pas tenter un soupçon de carotte ou un millimètre carré de crustacés, je ferai un choc anaphylactique à coup sur.
Même mes allergies de contact sont revenues.
Fini de prendre un poupousse dans mes bras, terminé de faire les poussières sans cracher ma trachée ou sentir mes poumons se rétrécir.
Je me sens mal.
Dedans, dehors.
En dedans, au dehors.
J'peux plus me voir en peinture.
Je suis en colère contre moi-même.
J'ai donc décidé, en mordant fort sur ma chique puisque les choses agréables sont très désagréables avant de se transformer, d'aller moi-même chercher mes oeufs surprises.
Alter et go, j'ai enfin revu mon alter-ego, ma ptite puce, C. et N., C. et ses acolytes et monsieur Sunshine.
Depuis l'ILT, je n'avais plus revu C. et N.
On a réservé ensemble nos vacances car je ne tiens pas à me faire enculer comme l'année passée.
Le Festival de Dour bien sur.
Celui que j'ai raté l'an passé car plus de place et beaucoup trop cher les reventes sur Ebay.
Dans le pire des cas, celui ou je serais invalide/malade/hospitalisée/morte, ils revendront mon pass 4 jours à leur tour.
Ma ptite puce, je l'avais brièvement croisée aux soins intensifs en allant visiter mon papa dans le coma.
Sinon, ça faisait des mois que je ne l'avais plus vue.
Sa vie de couple ratée avec un abruti qui l'a trompée ont abîmé son moral et sa chair: ma petite princesse de filleule.
Et faille encore que son papa et sa famille de merde prennent en otage cette enfant qui n'a pas encore 3 ans.
J'en ai assez de tous ces gens qui fonctionnent en faisant du chantage affectif et qui profitent de la gentillesse et de la fragilité d'autrui pour imposer leur putain de pouvoir.
Ca faisait des années que je devais rencontrer P., le cousin de mon alter-ego.
Chose faite, même s'il m'en a coûté en angoisses de me taper cette route par un froid de canard et de me baigner dans la foule bruxelloise.
Finalement c'était même trop bien, un arrière goût de trop peu que ces gothiques trop sympathiques.
J'imaginais même pas avoir encore un jour l'occasion d'entendre mes vieux morceaux de musique préférés dans une boîte hype de la capitale avec un son de la mort qui tue et les good vibrations.
Monsieur Sunshine, ça faisait tellement longtemps que je ne l'avais plus vu que j'ai cru qu'il avait une perruque.
Je déconne mais ses cheveux ont poussés grave.
D'abord, ces sont mes problèmes aux noeils qui ont niqué nos rencontres, puis ces foutues angoisses, ensuite l'absence de flouze ou je roulais continuellement dans la réserve mettant du fuel par tranche de 5 euros et ensuite les ennuis de santé et l'hospitalisation de mon papa.
C., elle fait tellement de choses en même temps que je dois prendre rendez-vous pour déguster un café avec elle.
Faut dire que quand on se voit, on ne se lâche plus non plus et l'annif d'I. tombait à pic pour les retrouvailles après mes sombres périodes à déambuler seule entre les blouses blanches et les couloirs verts des hôpitaux.
C'était plus qu'un besoin ces oeufs surprises.
Presqu'un pressentiment avant de devoir mettre les bouchées double.
Sauf que je m'attendais pas à ça, à nouveau.
Tu sais, le truc qui pourrait ressembler à des vacances mais qui n'en sont pas.
Ouais, le Monde Etrange, à nouveau.
Le dernier Groupe a signé mon arrêt de mort.
J'ai fait part de ma soulitude vis-à-vis de mes frayeurs censées ou pas, de mes nombreuses envies ratées pour cause d'agoraphobie au sens large du terme, de mon schéma thérapeutique qui ne semble pas fonctionner à temps plein cette fois, de mes défaillances physiques, de la perte de ma stabilité corporelle/alimentaire, de mon incapacité à retrouver du plaisir dans un quelconque sport depuis que j'ai arrêté le Pencak et que mon entraîneur adoré a décidé d'arrêter de donner cours, de ma dépendance aux anxiolytiques, de ces insomnies et démons nocturnes qui me pourrissent jour et nuit sans que je trouve l'issue toute seule.
Je savais qu'en crachant le morceau, j'allais recevoir un coup de bambou à nouveau sur la gueule mais je ne mesurais pas la vitesse à laquelle j'étais en train de me le lancer.
Bref, ça va pas.
Du tout.
J'ai tenté de redresser les choses seule, d'en parler, de trouver des soluces mais rien ne se stabilise.
L'apport extérieur est bien trop faible et je continue à couler.
J'ai peur de me noyer.
Au final j'adore la Vie et j'ai besoin qu'on me réapprenne à nager correctement.
Donc je remets mes bouées aux bras, mes fringues dans mes sacs et je réintègre le Monde Etrange un de ces jours.
Je ne sais ni quand j'y serai ni pour combien de temps.
Je sais juste que quand Doc Psy m'a dit:
"Tu rentres dans mon service avec un programme en béton ?",
j'ai eu 2 heures de temps de réflexion avant de donner ma réponse.
J'ai revu défiler mon séjour d'il y a bientôt 2 ans, ces jours et ces nuits ou j'étais complètement paumée entre des suicidaire, des psychotiques, des dépressifs et autres cabossés de la vie, j'ai ressenti le stress et l'angoisse de me retrouver à nouveau dans ces murs verts et ces couloirs sans fin, le Bocal, les robots chimiques et tout ça.
Juste le temps aussi de demander à quelqu'un pour garder ma Toutoune durant mon absence.
Puis j'ai dit "Oui Doc, j'y vais, je sais plus bien nager au fond. Sans jeu de mots."
Je sais que ça va être très dur cette fois, bien plus difficile que la première fois.
Même si je connais un peu les lieux, je ne sais pas ce qui m'attend.
Comme quand je lui ai demandé une thérapie de choc il y a 12 ans, c'était hard.
Je n'imaginais pas ce dans quoi je m'engageais, je n'évaluais pas la force de l'électrochoc.
Je sais qu'ici ce sera féroce, je vais galérer.
Mais il me reste mes noeils pour pleurer.
N'ayant personne pour s'occuper de mon chez-moi virtuel, après le captcha, j'active la validation des commentaires.
Dans cette société occidentale, on parle beaucoup des droits de chacun, peu des obligations et j'ai pas envie de retrouver du caca en dehors de ma boîte à merde.
Par contre, j'ai trouvé personne pour s'occuper de mes orchidées.
Je sais que mes phalae résisteront sans trop de problèmes mais mes plus délicates et ma planta spéciale, je ne sais comment faire... une idée est toujours la bienvenue.
Les commentaires récents