Alors que je suis malade comme un chien (si quelqu'un pouvait m'expliquer cette expression que je ne pige toujours pas), des choses bougent enfin.
Ma salle de bain n'en est plus une puisqu'il a fallu abattre toutes les cloisons, il ne reste donc qu'une chiotte parmi les détritus.
Pratique pour me laver les cheveux, je penche la tête en avant et je tire la chasse ?
C'était dans un état de décrépitude et de moisissures, une vraie infection.
Il était plus que temps avant que la parois n'éclate toute seule et que je vole direct ma gueule dans la cage d'escalier.
Ceci dit, c'est défoutu mais pas encore refait, rempli de poussières partout, il faudra le temps pour reconstruire quelque chose de correct, avec des finitions cette fois, et beaucoup d'huile de bras pour ranger et nettoyer tout ce bordel.
Hier, alors que je zombitais cadavre dans le canapé avec cette fichue angine/trachéite/sinusite qui me bouffe mon énergie, j'entends ma sonnette de rue, je me lève, j'ouvre la porte et... personne.
Je regarde dans l'allée et qui j'aperçois ?
L'Agent de quartier en train d'enjamber son vélo pour partir.
J'ai bien essayer de l'appeler, avec mes cordes vocales niquées, aucun son n'est sorti de ma bouche.
Aurevoir M'dame l'Agent ai-je pensé, à dans 3 ans ?
C'est pas possible, c'est la 3ème fois qu'elle vient en peu de temps et pas moyen de se croiser.
Ce matin, j'ai pas entendu ni mon réveil ni mon gsm.
Conclusion: boulot foutu pour aujourd'hui.
Je vais donc aller me ré-étendre dans le canapé.
Midi, ding-dong !
A travers ma porte vitrée, j'aperçois un uniforme bleu et j'ouvre en 4ème vitesse, déjà prête à courir au cul du vélo en pyjama et pantoufles.
"Aaaaah, M'dame D., enfiiiiiiin !"
Je sais pas si tout le monde est si heureux de recevoir son agent de quartier ?
Elle entre, se méfie de Toune - qui elle, n'en a strictement rien à cirer des nouveaux humains/uniformes etc..., elle ne bouge même pas la tête - et elle s'assied dans le canapé afin que je lui explique les soucis avec mes proches voisins.
Je rembobine donc en juillet 2006.
C'était un mardi matin, j'étais partie bosser comme la majorité des autres jours à l'époque.
Vers 18h00, lorsque je suis revenue du boulot, il y avait un mot dans ma boîte aux lettres.
C'était le papier d'un dépot de colis, colis de plus de 300 €uros dont j'avais déjà payé le montant.
Dessus était stipulé au stylo que mon colis se trouvait au numéro 68.
Je sonne au 68, la femme m'ouvre, FdP's Wife en l'occurence, je lui montre le papier et lui demande gentiment si je peux récupérer mon colis.
Elle me répond qu'elle n'est pas au courant et qu'elle ne détient pas de colis pour moi.
Je me rends au numéros 66 et au 72 au cas ou le transporteur aurait mal réécrit le numéro ou il avait déposé mon colis sur le bordereau de livraison.
On m'ouvre et me signale aux 2 maisons qu'aucun colis n'a été réceptionné à ma place.
Je reviens chez moi, perplexe et appelle alors le transporteur, qui, heureusement, avait laissé son numéro de gsm en nota bene.
Je lui demande alors si il se souvient ou il a déposé mon colis et sans hésitation me décrit la femme du n° 68, FdP's Wife.
Je le maintient en ligne et retourne sonner au 68 ou, à nouveau, la femme m'ouvre, niant tout en bloc.
Elle se tenait face à moi, le transporteur au bout du cornet, le bouton mains libres enfoncé.
Le monsieur l'a décrite dans le détail, avec sa robe rose bonbon, ses cheveux blonds platines et ses dents en moins accueillant le dit monsieur d'un grand sourire en disant "pas de problème, c'est une amie, vous pouvez me déposer le colis, je lui donnerai quand elle rentrera de son travail..."
Face à moi, elle nie la couleur de ses cheveux ainsi que celle de sa robe, le transporteur est désarçonné, moi aussi, sauf que je lui dis que je dois retrouver mon colis sinon c'est lui qui me le remboursera pour n'avoir pas à déposer la marchandise n'importe ou et chez n'importe qui.
Mal au coeur car le gars a cru bien faire, j'ai tenté d'appeler la Police qui a tout reporté au lendemain étant donné l'heure tardive.
Je n'en ai pas dormi de la nuit et sur un coup de tête, je me suis apprêtée et suis partie à Liège me changer les idées.
5h00 du mat', je rentre chez moi et qu'est-ce que j'aperçois sur le pas de ma porte ?
2-3 objets commandés, déjà bien abîmés et dispersés sous mes pieds.
P'tain, c'est qu'on veut me faire croire que le colis a atterri sur mon escalier et qu'un potentiel voleur l'a ouvert sur place laissant ce qui ne l'intéressait pas au sol... et presque 24 heures plus tard.
Cauchemar, je dois bientot aller bosser, je prends une douche, m'apprête et téléphone au boss signalant que je serai en retard, retard qui sera proportionnel à la rapidité de la Police pour prendre acte de ma plainte.
Dans la fin de matinée, un Inspecteur de Police est venu sonner à ma porte, je lui ai montré le bordereau de livraison et expliqué que le voisinage prétendait n'avoir rien réceptionné.
Il m'a demandé d'attendre tranquillement chez moi et s'en est allé au numéro 68.
Quelques 10 minutes après, il est revenu en me disant que FdP's Wife n'avait pas avoué qu'elle avait volé mon colis mais qu'elle voulait bien me "rembourser" pour ne pas avoir de problème avec la justice.
L'Inspecteur de l'époque m'avait demandé de le tenir au courant du suivi et de lui signaler si j'avais réellement été remboursée et si je désirais abandonner ou pas ma plainte.
Il s'en est allé sur ces paroles en me donnant son numéro d'accès direct de son bureau.
10 minutes après, ding dong !
C'est FdP's Wife, en nuisette, il est passé midi.
"Ce n'est pas moi qui ai le colis mais je ne veux pas de problème, je vais vous payer le montant... blablabla."
Je lui ai dit que si elle me rendait les choses en bon état, que j'oublierai et ferai comme si il ne s'était rien passé, que j'enlèverai ma plainte.
Rien à faire elle nie toujours mais me propose une transaction: me donner l'argent du montant total du colis rapidement.
Je tente de lui dire que je trouve ça absurde de payer un truc qu'elle ne détient pas, qu'il s'agit quand même de plus de 300 €uros et que si elle n'avoue pas, je les veux dans les 15 minutes et en cash et non par tranche de 15 €uros tous les mois.
Elle se met à pleurer et s'en va, je retourne chez moi, chrono en main.
Quelle comédienne !
Début d'aprem je dois retéléphoner à mon boss pour dire que je n'irai probablement pas travailler aujourd'hui.
Je suis énervée et chaque seconde qui passe est un enfer, j'ai envie de lui démolir le portrait devant tant d'audace et de mensonges.
A peine 10 minutes plus tard, elle sonne à ma porte, me tend l'argent cash et me prie d'enlever ma plainte avant de rentrer chez elle.
Je retéléphone à l'Inspecteur de Police, lui dit qu'elle m'a rendu la somme totale en argent et demande si il est possible de suspendre une plainte, tout en la gardant en réserve comme preuve et appui si un évènement similaire se reproduisait.
Il me répond que oui - ce que je fais, mettre ma plainte en suspend.
Résultat des courses, point de départ pour ma fourniture et une journée de boulot à la poubelle.
Du stress et de l'énervement en prime.
A partir de là, plus rien n'a été.
Les mots ont afflué dans ma boîte aux lettres, mots me disant qu'il y avait du bruit chez moi, des aboiements de chiens, des hurlements, de la musique à fond, que j'avais intérêt à faire porter une muselière à mes chiens, ne pas mettre ma voiture, sous quelque prétexte que ce soit, dans l'allée commune...blablabla.
Des sacs entiers de merde ont été jetés contre ma porte d'entrée, des mégots de cigarettes brûlants ont mis le feu et troué mes torchons (serpillères), des morceaux de verres cassés ont été jeté dans ma cour, des bouteilles et capsules balancées dans le chenil de Toune et le comble, des médicaments jetés dans ma boîte aux lettres lors de mes absences pour tenter d'empoisonner mes chiens.
Chiens que j'ai tenté de sauver par une mauvaise issue ou ils n'en sont plus sorti vivants.
Là c'est le coup de grâce, je m'écroule, il y a un peu plus d'un an.
Jusqu'ou vont-ils aller ?
Je cherche et ne trouve strictement aucun logement dans mes prix ou alors ce sont des taudis en puissance ou il est même interdit de fumer, ne parlons pas du droit de détenir un animal.
Je ne sais pas combien de fois j'ai tenté de joindre l'Agent de quartier toujours injoignable, combien de fois j'ai du appeler les forces de l'ordre, me déplacer pour déposer des plaintes ou faire appel au Service d'Intervention d'urgence.
Tout ça pour ça.
Aurait-il fallu que j'accepte qu'on me vole sans faire d'histoire ?
Que je musèle mes chiens non dangereux que je tenais déjà à la laisse, que je leur paye un psychiatre pour qu'ils cessent d'entendre des bruits, des voix, des hurlements, de la musique ?
Oui, résolument oui, encore et toujours me laisser marcher sur les pieds, parce que je ne suis qu'une pauvre nana toute seule entourée de canidés les crocs en sang.
Doc Psy me disait dernièrement de laisser tomber puisqu'ils déménagent peut-être bientôt.
Laisser tomber, c'est facile qu'à dire quand ça fait des mois qu'on te cherche des noises tout le temps et pour rien.
Je ne sais combien de fois j'ai du me retenir, changer de trottoir pour ne pas lui faire une tête au carré.
J'ai pris sur moi et j'en peux plus.
Et dernièrement, j'ai commencé à douter sérieusement de la sincérité de mon proprio quant au renom puisqu'ils occupent toujours les lieux alors qu'ils devaient être parti pour le 1er juillet.
Donc ce midi, j'explique tout ça à Madame l'Agent de quartier qui m'écoute, regardant Toune de travers et me confiant qu'elle a peur des chiens.
Elle tente de comprendre, m'explique quelques cas similaires au mien et les potentielles solutions à envisager si sa seule intervention ne suffit pas.
Je lui dis que j'en ai vraiment ma dose et que je voudrais avoir la certitude que ces gens s'en vont réellement ailleurs sinon il faut absolument que je dégage d'ici car je sens que je risque de déconner sérieusement et finir derrière des verrous.
Elle n'est pas souvent présente à son poste de travail, j'ai eu bien du mal à enfin avoir un entretien avec elle mais je suis tenace et finalement, je la trouve très humaine et très ouverte pour faire de la police de proximité dans des quartiers quart-monde et chauds.
On a papoté d'autres choses, elle a parlé de sa vie et du comment elle en est arrivée à faire ce métier.
Elle m'a raconté les railleries à son égard et le peu de crédibilité qu'elle a parfois, étant une femme, jolie de surcroît.
J'ai fini par la tutoyer parce qu'on parlait vacances et Caraïbes et c'est en riant que je l'ai reconduit à la porte car ça faisait 2 heures et demi qu'on papotait ensemble.
En la remerciant et la raccompagnant sur le perron, j'ai vu que FdP's Wife était justement dehors, une clope au bec.
J'ai refermé ma porte et j'ai entendu l'Agent de quartier l'interpeller.
L'entretien a duré 5 minutes tout au plus et 15 minutes après, mon téléphone sonnait.
C'était l'Agent de quartier, elle m'a confirmé que FdP's Family quittait définitivement les lieux pour le mois d'août même si ils ne changeaient pas de commune, je ne les aurai plus comme voisins directs.
On a repris rendez-vous pour le mois de septembre, afin de voir si tout est rentré dans l'ordre et si les autres habitants n'ont pas été contaminés par les ragots que FdP's Wife a raconté sur mon dos.
Ca va peut-être me permettre d'enfin me sentir bien chez moi et de porter un regard différent sur la Police de proximité, sachant maintenant pourquoi elle est tant absente et d'ou provient le dysfonctionnement.
Ce qui appuie encore plus dans la voie que j'ai empruntée récemment et l'urgence d'écrire au Comité P.
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