Je pars.
Je disparais.
Tu apparais.
Tu disparais.
Tu réapparais.
Tu n'es plus là.
Que faire ?
Je repars ?
Je disparais à nouveau ?
Cache cache à cacher nos émotions.
Des choses te dépassent, moi c'est toi qui me dépasses.
Est-ce bien ce que tu vis ?
Je ne sais pas.
Je n'ai peut-être pas à savoir.
Fais le moi savoir si je ne peux pas savoir.
Si il est inutile de garder cette complicité.
Si il est inutile que je sache ce que tu sais de Toi, ce que tu fais de moi.
De tous ces "je" que tu oublies, de tous nos jeux qui nous lient.
Juste une peur.
Et si je n'existais déjà plus pour toi ?
Tu me manques.
Tu n'es pas là même quand t'es là.
Pas l'envie de voir tout s'étioler, filer avec le vent et le temps.
La plupart des gens sont trop cons pour glandouiller.
Faut que leurs carnets soient remplis et leurs journées aussi.
Faut que tout file et faut amasser un maximum d'évènements, même des plus emmerdants.
Un jour, avec vos agendas de Ministres, vous ne vous rendez pas compte mais vous aurez septante piges et vous vous direz: Mais qu'ai-je fait de ma vie ? J'ai septante piges et je n’ai pas vu le temps passer.
Moi ça me rend vraiment dingue d'être consciente que le temps passe inexorablement et qu'on n'a qu'une seule vie.
J'aime passer des heures entières, au soleil, couchée dans l'herbe, à compter les pâquerettes ou les coquelicots, à regarder les mamans promener leurs enfants, les copines papoter ou les maîtres jouer avec leurs chiens.
Parfois je me dis que la majorité des gens sont tellement cintrés qu'ils ne comprennent pas que la mort signifie la mort et qu'il faut vraiment profiter de nos temps libres et de nos proches.
Ces gens qui se tapent 8 à 12 heures de boulot au bureau, du lundi au vendredi, 3 heures de bagnole pour y aller et en revenir, ils mangent, ils pissent, ils font caca, ils sont trop crevés le week-end pour faire quelque chose avec leurs enfants, ou pire, ils vont à des cocktails et autres soirées bling bling et choisissent une kids-sitter pour voir grandir leurs petits, ils passent 4 semaines par an sur la plage… et puis tout d'un coup, oh putain merde, ils ont 70 balais et ils se demandent ou sont passées toutes ces années ?
70 ans et t'as gâché ta vie… c'est flippant !
Tic tac, tic tac - moi la dernière chose que j'ai envie de me rappeler, c'est le temps qu'il reste, qu'il nous reste.
Ou alors celui qui me sépare de ta chair, si il est court.
Car le long me semble insupportable.
La complicité, c'est le rapprochement de deux corps et de deux coeurs.
Deux solitudes et deux libertés.
Ne pas étouffer mais ne pas fuir.
L'ambiguïté, c'est que tu es un mec.
Rien ne serait mal interprété si je disais je t'aime à une femme, une amie.
Comme tu es un mec, les je t'aime et les tu me manques font courir dans l'autre sens.
Je t'aime, ça se dit comment et à qui dans votre monde ?
En regardant les aiguilles d'une montre au poignet ?
J'en deviens silencieuse de peur de t'apeurer, de t'ennuyer, de te saouler.
Cette peur de te perdre, d'une façon ou d'une autre, même si fatalement, c'est le destin que tu nous choisis.
Je te perds, tu te sauves et me laisses là, à me demander ce qui te dépasse.
Je te dirais bien de rouler encore plus vite si j'avais l'envie de sourire, mais là, j'ai surtout envie de pleurer.
Puis j'aurai envie de me sauver, dans le vrai sens du terme, parce que ta vie à 200 à l'heure, ça me fait flipper.
Tu passes une semaine sur deux sans tes enfants et quand tu les as, tu parviens à me les refourguer.
Je ne comprends pas, même ma Toune je l'emmène partout ou je peux et si je ne peux pas, bien souvent je n'y vais pas.
Sa présence n'est que trop précieuse et je ne parviens pas à capter cette conception de votre univers: avoir plus de relations et de fric et moins de temps à partager alors que tout ce qu'ils ont vraiment besoin en grandissant, tes enfants, c'est Toi !
Ils pleurent, ils font des conneries, ils sont déçus et ne recherchent que ton attention.
Moi j'ai grandi vieilli et je ne fais plus que pleurer mais la plaie est bien là, dégoulinante de manque.
Je t'ai dit que je n'étais pas prête pour un énième abandon.
Tu peux le voir à ta manière car il y a 36 façons de le voir, ça dépend sous quel angle on se trouve.
Je pense être dans l'angle mort, celui qu'on oublie trop souvent et qui fait qu'on se crashe.
Je sais que le mur est dur même si j'essaie de me convaincre que j'ai un airbag pour adoucir le choc et un parachute pour ralentir la descente.


Mais merd'alors , j't'ai jamais refourgué mes gamins ???
Rédigé par: Bibi | samedi 30 mai 2009 à 23h49
Bibi: Parce que "maman surement, papa peut-être..." ?
Rédigé par: Missy'V | dimanche 31 mai 2009 à 22h15