Au sein de cette Société pourrie.
J'ai renoncé à la vie de famille depuis un moment.
Celui où les cloches de ma limite ont sonné.
Qu'à bien y réfléchir, je ne suis pas faite pour avoir un enfant, l'éduquer seule toute une vie et lui transmettre mes peurs et mes angoisses, une famille lourde de secrets dévoilés, un passé tortueux et un avenir incertain.
Et je ne trouve pas ma moitié.
Celle qu'il aurait fallu pour me rassurer, celle qu'il faudrait pour m'épauler.
Donc j'ai renoncé.
Il faut bien commencer ce deuil à un moment donné.
Parce que les hormones, elles, ne font rien pour stopper.
Se faire violence, se dire qu'on n'est pas là pour ça, que la nature est ainsi faite et que les choix sont mal répartis.
Qu'on voudrait recommencer sa vie, faire différemment avec ce qu'on en sait, choisir d'autres personnes ou carrément se modifier soi-même pour devenir celle qu'on aurait voulu être.
Somme toute, quelqu'un de banale, normale.
Il en est autrement, je suis ce que je suis avec la vie qui m'a été donnée.
Et le passé qui m'a forgée.
Il y a celles et ceux qui vous traitent d'égoïste.
Parce que ne pas se reproduire est une tare pour celle qui l'aurait voulu mais plus encore pour les regards inconnus.
Peu importe l'âge, le vécu.
Peu importe l'état et le géniteur, se reproduire est dans la logique des choses.
Mais quand on a un petit cerveau pour réfléchir et se dire que se faire engrosser par un mâle puis le balancer ou se faire inséminer, ce n'est vraiment pas ce dont on rêvait.
Que l'adoption fait partie d'un de ses mirages pour gens friqués.
Et qu'en dépit de tout, notre état de santé n'est pas au top.
Faut assumer sa défaite, oublier ses rêves, nettoyer ses désirs de devenir mère, supporter l'absence de famille et l'évidence de la solitude.
Mais n'existe pas plus gros fardeau encore que les phrases assassines de vos bourreaux, ceux qui vous disent que votre égoïsme n'à pas de limite, que rester seule est non seulement un choix mais surtout un luxe !
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