Nouvelle année, bonnes résolutions, dit-on.
Moi je ne fonctionne plus comme ça depuis que je vais au Groupe, tous les lundis.
Chaque semaine, y a une sorte de mise au point avec le maestro, des choses à dire, d'autres à écouter et surtout à entendre, parfois dures à avaler, ensuite il faut digérer et appliquer.
Et si on n'y arrive pas ou si on se plante, on recommence le plus vite possible.
Donc chaque lundi, c'est le nouvel an, avec son lot de questions, parfois de réponses et sans la fiesta.
Remise en questions, trituration de cerveau, explosion d'émotions.
Parfois je pleure beaucoup de l'affect des autres.
Parfois je ris beaucoup de l'affect des autres.
Mais jamais je ne sors de là comme un caillou.
Si je compte le nombre de fois où le maestro est absent et le nombre de fois où je m'absente, bien que je mette un point d'honneur à y aller, même dans le plus piteux état physique ou psychologique, ça fait bien 45 lundis par an.
Fois quatre ans, ça donne 180 jours de bonnes (ou mauvaises quand je me plante) résolutions.
P'tain, 2 vies en 4 ans ! Et j'vois loin sur l'espérance de vie !
Avant ce dernier Nouvel An, il y a eu cette Keskia-Party pourrite, cette poudreuse que j'adore pourtant et qui m'a empêchée de rouler pour le passer avec ma Tata Cookie.
Et il y a eu aussi ce sms de trop: Je suis coincé, vive la neige !
On m'a dit que j'aurais du comprendre par là : Merde, bordel fait chier.
Je n'avais pas compris le second degré sans l'intonation et les mimiques qui vont avec.
Pourtant, le jour de Noël, malgré toute cette neige, j'ai pu le passer avec mes parents alentour d'une bonne table.
Sans ma soeur, sans mes filleuls, dont l'un me râle dessus à mort parce que j'ai eu le culot de lui demander d'aider son grand père quand il a squatté sa maison pendant plus de 3 mois.
Il y a eu toutes ces disputes avec l'Autre qui me sont montées à la tête, des propositions délirantes d'un coté et son absence de l'autre.
Tous ces/ses châteaux en Espagne que je déteste.
Et cette proposition crétine, genre: je te l'ai proposé, c'est toi qu'a pas voulu/pas pu.
Un voyage last seconde 600 € sans la bouffe pour 4 jours, à payer immédiatement sinon c'est trop tard, et donc, le tout dit et demandé un dimanche à 22h.
Mais mon pauvre vieux, on ne vit pas sur la même planète dans la même richesse, je n'ai pas 600 € dans mon portefeuille un dimanche soir, je ne les ai d'ailleurs pas tout court.
Et ben tant pis pour ma gueule !
Qui, de nos jours, à part les culs-dans-l'beurre, a 600 € là, disponibles maintenant tout de suite, pour un trip de 4 jours ?
Il y a eu ces marchés de Noël oubliés, ces illuminations zappées, ses "j'aime pas les fêtes", capable de me laisser seule comme un rat mort alors qu'il était le premier à rouler sous la table quand il s'agissait de fêter ses collègues.
Drôle de portrait que je fais de cet autre qui aurait pu être mon Autre.
Car de silences en non-dits, de prétextes en oublis, ça ressemblait à du jus de boudin.
Le jour de l'An, j'ai enlevé mon sapin et toutes les breloques qui m'avaient pris des heures à installer, j'ai nettoyé la maison et j'ai vidé mon gsm.
Des sms tout à fait ridicules aux impersonnels "Bonne année!" (tout court, où je ne me suis pas cassée le cul en répondant un "Idem" tout aussi impersonnel/ moqueur), j'ai nettoyé ma liste de contact.
Plein de numéros à la poubelle virtuelle.
Et j'ai encore eu de la chance de n'être sur aucun de ses réseaux sociaux où il suffit d'ajouter pour avoir un ami ou de supprimer pour l'oublier à jamais.
Cette fois donc, j'ai pris de bonnes résolutions un samedi, et un 1er janvier, pour déroger à la règle du lundi.
Cependant, demain c'est à nouveau lundi.
Et je n'ai plus envie d'aller au Groupe.
Je me sens comme une extra-terrestre dans ce système et cette société.
Complètement inadaptée.
Et pourquoi les choses sont comme elles sont en ce bas monde ?
Considering what the world is now, with all the misery, conflict, destructive brutality, aggression, and so on, man is still as he was.
He's still brutal, violent, aggressive, acquisitive, competitive. And he's built a society along these lines.
Les commentaires récents