"Je suis tombé fou amoureux d'elle !" qu'il a dit, l'autre.
Bizarre, moi j'ai jamais vu personne tomber comme ça, d'amour.
Tomber devant moi, paf ! Boom ! Je vous aime - à mes pieds.
Personne n'est non plus frappé par un pseudo coup de foudre, passionnément parlant.
Donc il est tombé follement amoureux d'une qui pourrait être sa fille.
Et il a tout plaqué.
Et il a même voulu mettre fin à sa vie.
Et moi je me disais que ça m'était aussi tombé dessus, comme ça.
Mais non, j'ai été séduite.
Attirée comme un aimant, ses yeux m'ont magnétisée, maraboutée.
Ce n'est pas vrai, j'ai été carrément sidérée par son regard.
Et tout en sachant que ça ne pourrait pas coller quelque part, j'ai tout de même décidé de m'aventurer.
Au risque de m'attacher.
C'est là sans doute qu'on reconnaît les personnes raisonnables et responsables, ou pas.
Moi, tous les 10 ans en moyenne, je suis très "ou pas".
Je ne sais pas pourquoi, ça me tombe dessus tiens - merde, je vais m'en servir de celle-là qu'elle est bonne.
Mais est-ce que de là peut naître un amour que je vais cajoler et entretenir ?
Ou de là, n'y aura-t-il que sombres débris et morceaux de vie mélangés ?
Deux solitudes chaotiques se rencontrent et c'est le big bang de et dans tous les sens.
L'explosion a tout niveau, les feux d'artifices, puis ça plane comme des spectres radioactifs.
Certes, sa peau me manque quand il n'est plus là, mais est-ce la sienne qui me manque ou simplement la chaleur d'une chair ?
J'aime l'entendre ronronner léger parce que ça me rassure, je ne suis pas seule dans ces draps emmêlés.
J'aime le regarder dormir parce qu'il est plaisant, détendu, comme dans un cocon.
J'aime le caresser parce que j'ai de la substance entre mes doigts, quelque chose à malaxer.
J'aime l'effleurer, l'embrasser parce que j'ai immédiatement un feedback d'un de ses sens pour nourrir les miens.
J'aime l'arrogance et l'endurance de sa jeunesse et ses vingt centimètres que je n'ai pas compté, même si c'est un toc.
J'aime encore bien quand on rentre un peu enivrés, qu'on glisse dans la douche au sous-sol et qu'on entend les étudiants se lever pour aller à l'univ.
Qu'il ferme ses tentures ou pas, il fait déjà beaucoup trop clair pour bosser.
J'aime encore bien quand il me téléphone comme c'était convenu, qu'il n'a pas oublié et qu'il a la délicatesse de décommander gentiment lorsqu'il ne veut pas se libérer.
J’aime encore bien qu'on soit dans les pattes l'un de l'autre pendant 24 heures, doigts noués et cheveux mélangés, puis qu'on ne se voit ni ne s'entende plus pendant 10 jours.
J'aime encore bien quand il hésite pour donner une excuse bidon parce qu'il avait une conférence de presse à 14h00 et qu'il s'est seulement levé à 14h30, son petit air rusé qui tente un assurant "J’étais à l’étranger !"
J'aime encore bien quand il raconte des histoires à son taf avec son air de jeune gars bien éduqué, ou quand il rédige ses articles en 4ème vitesse parce qu'il est à la bourre, ses doigts n'en deviennent que plus provocants.
J'aime encore bien quand il me parle comme à ses potes ou qu'il m'insulte sans méchanceté, le sourire en coin.
J'aime encore bien quand il me réveille de sa fougue masculine ou de sa tendresse encore enfantine.
Mais aimerais-je encore ça dans trois fois ?
Ou est-ce que je lui dirai de fermer le bouquin précédent, qu'il gave avec sa colère, légitime certes, mais soûlante.
Et tous ces tord-boyaux qu'il boit, et les bêtises qu'il fait sous l'emprise de ceux-ci.
Ces compétitions de mâles, ces jeux de couillons, ce système qui lui convient et que je conchie.
Nous sommes diamétralement opposés, homme-femme, fonceur-réservé, pudique-excentrique, proboisson-antidélirium, début-fin.
Nous sommes si semblables, paumés, flippés, coeurs blessés, envie de peaux collées, besoin d'aimer, aimer, et l'être.
On s'est magnétisé, on s'est choisi mutuellement pour passer de bons moments, c'est peut-être qu'on est, en attendant, de bons pansements.
Un jour, avec le temps et l'eau qui coule dessus, les bandages se décolleront et les plaies ne dégoulineront plus.
A moins que les poupées ne saignent aussi.
Je l'ai élu parce qu'il s'est présenté sur un plateau d'argent, et je l'ai pris.
J'ai rendu la pareille, mettant mon esprit de compétition niveau zéro au niveau un.
Un duel entre nous, mais personne ne doit être blessé, c'est simple.
J'ai présenté mes suppliques, j'ai eu de la répartie fluide.
A moi de jouer et composer avec ce que j'ai et ce que je n'ai pas.
Mais le meilleur ne sera quand même pas pour la fin car ce qu'il est aujourd'hui me manquera toujours...
Tout est parfois rempli d'amour et je suis bouffée par les angoisses. J'ai peur du vide mais je suis hantée par la crainte de m'attacher. En même temps, si je suis terrifiée c'est parce que c'est déjà le cas.
Ca fait tout ça avec ma petite tête: Rire, larme, sourire, mal, espoir, peur, silence. Je ne sais pas bien imiter l'arbre et être de bois.
Parfois je me remets à déconner. Quelque part, c'est plein de sensations qui m'avalent. Mes émois sont ingérables, je débloque. Ca ne veut rien dire pour toi, mais pour moi ça veut dire beaucoup.
Elles sont grandes comme le cosmos mes émotions, bleues ou rouges comme le ciel, cumulées comme les nuages, ardentes comme le soleil et toujours torrentielles. Parfois c'est le chaos dans mon univers à moi.
Avoir le cul entre 2 chaises, c'est pas toujours facile à gérer/accepter. D'ailleurs si tu n'as aucun système d'équilibre interne, tu tombes le cul à terre.
Toujours est-il que plus j'avance en âge, plus j'avance seule, si toutefois j'ose encore utiliser le mot avancer.
Dans ma tranche d'âge, les gens se trouvent généralement avec un tas de responsabilités et plus aucun punch/envie/besoin de se divertir autrement que par la TV et/ou les trucs pépères en famille. Voir dormir, plus simplement.
Me concernant, dormir reste décidément un vrai problème. Et me réveiller aussi. M'intéresser à des sujets normaux devient de plus en plus pénible également. Genre: les hommes, les fringues, les calories, la mode, les enfants etc... (liste non exhaustive et dans le désordre). J'en ai un peu rien à cirer de ces sujets de conversations que t'as chez le coiffeur et chez le boulanger du coin. Et surtout, je m'ennuie très vite. De plus en plus vite.
Heureusement, il reste des êtres un peu comme moi, différents du flux lié à cette tranche d'âge. Des gens qui sont capables de parler d'autre chose que du quotidien et qui ont aussi envie de s'amuser sans être forcément coincé dans leurs familles avec leurs oeillères étriquées. D'ailleurs ça n'a rien avoir avec la famille ni les enfants mais ils ne semblent pas vouloir s'en rendre compte. Certaines personnes allient très bien responsabilités et amusements.
Toujours est-il que quand tu as beaucoup de liberté(s), il est difficile de t'entourer de personnes qui en ont tout autant. Et il est encore plus rare d'y parvenir avec multitudes d'affinités partagées.
De plus, tu ne peux pas dire non parce que t'as un mari à nourrir ou des enfants à éduquer, tu ne peux pas remettre la dossée pour rentrer plus tôt parce que tu bosses tôt le lendemain ou que tu dois te coucher parce que t'as besoin de 9 heures de sommeil chaque nuit... Non, tout ça c'est pas pour toi. Tu dois prendre tes responsabilités en actes et paroles, et les autres devraient faire un effort pour accepter ces "non, j'ai pas envie" parce que tu ne te caches pas derrière le masque des obligations.
Bref, tu fais cavalier seul - souvent sans cheval - c'est dire la solitude. Et je te parle même pas de l'incompréhension.
Comme solution, j'hésite entre: entrer directement dans le 3ème âge ou bien faire la teuf avec des djeuns de 20 ans.
Des gens qui aiment vraiment la musique dans sa globalité et non le style de leur tendre jeunesse. Des personnes qui aiment l'art pour ce qu'il est et non par qui il est. Pour l'envie de découvrir, au détour d'un hangar underground par exemple, quelques graffiti ou beat jetés par de - peut-être - futurs talents reconnus.
Je me sens vraiment le cul entre 2 chaises. Soit je reste chez moi et j'allume cette putain de télé, option perte de neurones assurée, comme tout le monde comme beaucoup. Soit je sors seule, alone, parce que même Toune, ça ne l'intéresse pas. Et je vais même pas pouvoir terminer comme mes semblables, bourrée sur le coin d'un bar, parce que quand je conduits, je ne bois pas.
J'aimerais 5 minutes entre 4 yeux, les tiens et les miens, sans parure ni artifice, sans honte ni barrière, sans alcool ni chimère.
5 minutes ou tu me dirais ce que tu veux et non ce que tu ne veux pas. Ce que tu attends de moi et que suis-je pour toi.
Ou veux-tu en venir, dans tes rêves les plus fous ? Que veux-tu éviter et existe-t-il dans tes tiroirs des couteaux à ne pas prendre ?
Moi j'aimerais voir tes yeux scintiller quand je les croise, jusqu'à la fin de ma vie. Qu'ils pétillent des joies de l'amitié et de l'amour. Qu'ils vacillent de nostalgie et brillent des plaisirs à venir. Qu'ils embrassent les miens de complicité et les enlacent de tendresse.
Que tes mots ne soient jamais mensonges ni obligations. Que ta main n'effleure pas la mienne que par compassion. Que ta bouche ne touche pas mes lèvres par procuration. Que ton sexe n'explose pas en moi par manque d’affection.
J'aimerais que nos partages soient nos idéaux, que quand nos regards se croisent, ce soit doux et voluptueux. Que l'infâme femme que je suis ne te fasse jamais fuir. Que mes angoisses ne te fassent jamais peur. Que mes attaches ne te fassent jamais courir.
J'aimerais garder au creu de ma passion ce jeune garçon que j'ai tant adulé. J'aimerais que jamais ne se relâche mon coeur pour le tien que j'ai tant aimé. J'aimerais que l'homme que tu es devenu soit aussi bleu de moi que celui de tes yeux.
Tu es le seul homme de ma vie que j'ai quitté par manque d'autre choix. Je ne me suis jamais vraiment remise de ce manque de toi.
Je ne voulais pas te chercher par peur de ne pas te (re)trouver. L'idée même d'une autre séparation m'est insupportable. Je n'ai pas grandi Le Loup, j'ai évolué et j'ai vieilli mais je n'ai pas grandi. En moi restent les stigmates de la petite sultane amoureuse de son prince charmant.
Je ne pouvais rêver plus belles retrouvailles, mais la naufragée de l'amour qui sommeille en moi craint tant que tu t'en ailles. Elle voudrait un minimum de garantie, et ton avis pour savoir sur quel pied danser le kolé seré. Savoir si le gilet de sauvetage est à sa taille et si la bouée n'est pas trouée. Et être prête à savoir nager si l'un de nous s'égarait, sombrait ou se noyait. Sauvons nous et ne fuyons pas.
Pardon si mes mots te font mal, j'ai besoin de nous protéger. Pardon si mon indifférence t'a meurtrie autrefois, c'était mon bouclier. J'avais honte et j'étais morte de trouille à l'idée de dévoiler le lourd secret que je portais, la frousse de décevoir ce garçon que j'aimais, Toi. Je t'ai laissé partir probablement dans l'incompréhension. Pardon. Pardon de laisser s'échapper là sur le clavier l'eau salée de mes yeux, le bonheur de t'avoir à nouveau auprès de moi me rempli de bien-être mais la peur de la séparation, de la perte ou de l'abandon s'empare encore de moi.
Pardon d'être authentique, aujourd'hui je n'ai plus rien à cacher et mes émotions me submergent. Pardon d'être intellectuellement honnête au risque de t'effaroucher. Pardon d'être toujours Moi, et à Toi rester tant attachée.
Pour 5 minutes de ton entièreté, je vendrais mon âme au diable, si ce n'est déjà fait. Simplement heureuse de te retrouver, de pouvoir partager nos rires et délires d'adolescence, écouter nos musiques préférées, rire de nos sottises, se découvrir dans le présent & go with the flow, je ne me posais pas 36 questions.
Rien n'a changé hormis que je suis la seule à penser comme ça !
Je suis dans un hangar, c'est la pagaille. Plutôt la guerre. Tout le monde court dans tous les sens, et volent tout et n'importe quoi.
Moi, je m'empare de grosses bobines de fil blanc, elles sont aussi larges que des bidons de vin. J'en ai deux, puis une troisième - de fil noir. Elles prennent tout l'espace de mes bras, et je m'enfuis avec. Un homme me court après mais n'arrive pas à me rattraper. C'est alors qu'il me crie : "Tu vas encore te faire embobiner ! Et tu vas avoir du fil à retordre !"
Sursaut dans mon lit.
Ce lien, ce magnifique foutu fil qui nous tient attaché. Et la peur qu'il ne casse. Putain de conscience !
I'm a high school lover And you're my favorite flavor Love is all, all my soul You're my playground love
Yet my hands are shaking I feel my body remains Themes no matter, I'm on fire On the playground, love
You're the piece of gold That flushes all my soul Extra time, on the ground You're my playground love
Anytime, anyway You're my playground love ...
Air - Playground Love (Vibraphone Version)
Cette passion au fond de moi ne me quitte pas. Et si un jour elle disparaissait, je m'en rappellerais encore longtemps.
J'avais construit des murs pour protéger mon coeur et cette affection absolue les a brisé. Ce sentiment si fort a refait surface alors que j'ai désespérement tenté de le laisser enterré.
C'est de cet amour là que j'ai rêvé. Un jour. Il y a très longtemps. C'est sur celui-là que je suis restée fixée, sans m'en rendre vraiment compte. Celui qui me hante depuis toujours. Le premier, le plus puissant. Pas celui que l'on croit mais celui que l'on vit, de l'intérieur.
Je ne fais pas l'expérience pour savoir ce que ça fait ou ce que ça fera. Tout vient naturellement. Je n'intensifie pas, c'est comme une continuité spontanée avec un espace de plus de 20 ans entre deux... vies. Un vide rempli de tout sauf de lui.
Je ne pourrai plus jamais rêver ni imaginer comment cela aurait été si ça avait été lui parce que ce moment là, je le vis au présent. Cette idée m'apaisait autrefois, je me rassurais de penser que peut-être le premier amour jette dans le coeur de profondes racines qui étouffent jusqu'aux germes des sentiments antérieurs. Que les autres ne sont basés que sur le socle de cette première toquade, admirée, adulée, vénérée sur son piedestal.
Ca fait peur, ça attire, ça angoisse, ça fait frémir cette attraction pour le truculent connu. Ce cadeau de la vie, ce don de lui, cette offrande qu'il me fait de sa présence au présent. Et si je dois tomber, je sais que la chute sera vertigineuse. Ce ne serait plus un Monde Etrange qu'il me faudrait, c'est Le Normal que je ne retrouverai pas.
Quand je le regarde, je sais que j'ai les yeux qui pétillent. Et la peur que je ressens, c'est que les siens ne scintillent pas tout autant. Naturellement.
Passage à vide rempli d'un tourbillon d'émotions, de rêves doux et d'insomnies, de sérénité et de tempêtes crâniennes. Les sens à fleur de peau, les nerfs à cran, les souvenirs en direct et les flash-backs tourbillonnants. Ce vide plein de moi, de Toi et d'émois.
Parfois, il me faut me protéger de l'enfant qui est en moi. Celui qui fusionne, qui a si peur de la séparation et qui voudrait pouvoir réparer un passé qu'il n'a pas choisi. Cet enfant qui se sent coupable d'abandonner ces êtres qu'il aime tant, ce moment ou l'adulte en lui culpabilise et ou ceux qui l'entourent n'entendent pas ses cris, font fî de ses larmes et de sa détresse intérieure. Cet enfant trahi, meurtri, qui fuit sans cesse par hantise des liens qui font mal lorsqu'ils ne sont plus. Cet enfant blessé, parti se cacher dans la tanière de ses loups pour mieux s'éclipser et mourir intérieurement afin de ne plus ressentir ce manque qui le dévore et le déchire en dedans. La chair à l'air, tout est si fragile, le coeur en miettes que l'on piétine, les chagrins dans le regard qu'on humilie, les nerfs qu'on titille et les sentiments qu'on oublie. Cet enfant au fond de moi, ce petit être terrorisé, n'épargne pas l'adulte cassé qu'il a créé, celui là même que je suis, parfois aussi.
Tout a commencé en décembre sous le soleil des tropiques quand Papa a dit "on s'en va". Partir pour ne jamais revenir. S'en aller, pour toujours et à jamais. Je les ai entraîné avec moi, dissimulé dans mes valvules et mes ventricules, le souffle bien là, au coeur. Là ou on ne pourrait pas m'amputer une deuxième fois ni tenter de les éloigner de moi. Là ou reste au chaud la mémoire et les voyages, les rires et les chamailles, la tendresse et les caresses inoffensives. Là ou personne ne détient la clé car il n'y a pas de porte ni serrure. Un endroit douillet ou moi seule connais le chemin pour aller m'y poser et m'y reposer. Un jardin intérieur, parsemés d'ibiscus, entourés de bougainvilliers, arrosé d'eau transparente chlorée et de rapides équatoriaux, le soleil au zénith qui sèche en moins de temps qu'il faut pour l'écrire les torrents sur mes joues.
Tout a (re)commencé en décembre. Sous des latitudes bien plus froides, un soleil caché derrière le brouillard, l'eau floue tombant de nuages, les plantes d'appartement déracinées, tout comme nous. Attachés l'un à l'autre par des liens invisibles, seul le reflet du soleil dans la lune éclaire notre chemin...
Si t'es insomniaque et que tu tombes ici par hasard, quitte au plus vite car ce billet ne contient aucun conseil efficace pour lutter contre le trop plein de vie avec état cadavre en bonus. De plus, crois bien que si je ne dors pas, je ne peux pour autant pas travailler plus, voir gagner plus (de quoi d'ailleurs ?), étant toujours en incapacité invalidité.
Ceci étant, l'insomnie commence a être insupportable. Je ne dors pas mais je somnole la majorité du temps, j'ai les formes mais pas la forme puis surtout: j'en ai marre.
Donc, Doc Psy m'a prescrit un nouveau médoc genre "t'en prends un demi et tu vas tomber là". Heu, rien que la phrase me fait peur, j'ai parlé de dormir, pas comater et encore moins mourir pendant 3 jours.
Je suis allée à la pharmacie pour acheter le médoc, leur bazar informatique étant en rade, on m'a donné une plaquette du dit médoc sans la boîte ni la notice. Jamais lire la notice, surtout de ce genre de pilules. Donc je regarde sur internet et ça ne m'inspire pas le machin qui va m'assommer car c'est un neuroleptique (à nouveau) prescrit dans les cas de schizophrénie ou/et d'agressivité agravée. Heu, c'est pas moi qui ai mordu le voisin, c'est le chien du voisin qui a mordu le mien ! C'est clair que je ne râle pas en chantonnant "Au Pays de Candy..." mais tout de même, je n'ai dévissé personne pour cause de violence incontrôlée.
Certes, je souffre de troubles de la personnalité: trouble panique mais je ne suis pas (plus/pas - biffez, biffez) encore toute recroquevillée dans mon monde avec paranoia ou/et hallucinations auditives et visuelles. Si ? Je pense qu'on veut me faire prendre des lanternes pour des vessies et je prostate ! Et quand je crie "enculé, fait chier p'tain de bordel de merde !", j'y peux rien ce n'est point de l'agressivité, c'est le truc de la Tourette.
Dis, et si je deviens toute molle avec ce truc, ou que je m'en refous de tout ou que je deviens accro, comment je ferai pour dormir quand je devrai arrêter ? Ah, c'est peut-être le stade avant la morphine l'héroïne ?
Par ailleurs, ça semble être prescrit dans certains cas de dépressions aggravées, de tic/toc (hey Doc, tu lis mon blog ou quoi ???)... et quand les somnifères normaux ne fonctionnent pas.
Reste que ce sont tous les neuroleptiques qu'on m'a fait ingurgiter pendant des années qui ont chamboulé toute ma chimie, j'ai peur hein moi maintenant quand j'entends ce mot. Pis j'ose même pas imaginer les effets secondaires etc. Pis j'ai même pas la notice. Pis, même si Doc m'a dit que ce n'était pas son but de m'empoisonner, si je souffre de paranoia, va falloir me le prouver ça. Pis il est interdit de prescrire ça dans les états de coma. Je viens de dire que je comatais à longueur de journées. Hein ? Enfin tout ça, ça rajoute des angoisses à mon niveau déjà bien supérieur à la moyenne à d'habitude.
Cet aprem, je suis allée chez le coiffeur, ça a duré 3 heures. J'ai lu tous les bouquins disponibles puis je me suis fort ennuyée. Je m'emmerde chez le coupe-tif, mais d'une magnitude. Donc je végète. Et quand la coiffeuse a percuté mon oreille avec sa main, j'ai sursauté: "Pardon je vous ai fait peur ?" "Non, vous m'avez réveillée..." Assise, sur une chaise toute raide, avec des néons plein la tronche, de l'ammoniaque plein les cheveux, de la cellophane alentour, je roupille dis !
Je ne sais donc pas si ce médoc sera une soluce efficace/adéquate. Je me demande si j'ai pas plus de chance d'aller plus à l'Est ou plus à l'Ouest (ça me va peut-être mieux), histoire d'être juste en jet-lag, ce qui permettrait d'avoir les mêmes heures que tout le monde. Ben non, ça ne résoudra pas le problème d'endormissement. Et la chandelle j'ai essayé, à part faire valser mon lampadaire, me croquer le dos et me recoucher énervée, ça n'a rien donné de bon.
Assurément, je suis une inadaptée à la vie, il n'y a aucun doute la dessus. Mais pas que, je semble aussi être une inadaptée à la petite mort.
Enfin, selon Jiddu Krishnamurti, ce n'est pas un gage de bonne santé que d'être bien intégré dans une société profondément malade, donc je me console.
Le Smack Jack est une expression se traduisant par "Le Baiser du Dragon". Il décrit le plaisir ressenti lors d’une prise de drogue dure en intraveineuse.
L’attirance, l’amour et l’attachement sont des drogues dures.
Expiation des maux par les images, le shoot des mots, l'overdose de mois d'amour galère, celui qui te colle à la peau et te rentre dans les veines par le biais d'une aiguille mortelle, celle de l'attachement, de l'acharnement.
La mise à mort de l'idéal, le bleu-vert des yeux s'accrochant entre cieux et arbres, le macadam gris de ses propres mensonges, les reflets de l'automne dans mon âme déjà hivernale.
Un fixe de regards, le sien, de son univers et du mien. Blanc dehors, vêtements noirs, sang dedans.
Tu m'aimes. Tu le dis. Tu dis m'aimer. Je t'aime. Je m'attache. Je m'accroche.
Je perds pied, je prends le large, sans le bateau polonais, sans la barque, des chardons aux dentures cavalières ou chevaleresques.
Tu es dans le tombeau, j'ai pris mes pilules blanches et mis mes lunettes roses, tu disparais et te dilues dans les souvenirs, bons ou mauvais, ceux ou je m'accroche, ou je t'attrape, en silence, seule couchée à terre, un couteau dans les mains, celles-ci pleines du liquide de ta seringue, une autre est dans la mienne, rouge comme le bleu de tes yeux, ceux de mes bras, les traces de toi en moi.
L'amour est aveugle, il faut toucher pour savoir. La mort ne l'est pas, il faut voir les yeux fermés.
Gros plans sur tes images, ton pêle-mêle, de quoi je te mêle à mes oignons qui font pleurer à chaudes larmes mes or-bites meurtris.
Chute d'espoir, frustration, je fuck la réalité. Poudre aux yeux, overdose, suicide, les billes grandes ouvertes sur ma peau mutilée, mon coeur défait, décousu, sanguinolent, saturé, suturé, fermé par mes épingles de sûreté, celles de l'anarchie aux cheveux punkés.
Je te suicide car tu me meurs.
Smack, Jack ! C'est mon dernier baiser. Ton héroïne.
[Tous les mots, toutes les images, tous les voyages sont importants à mon regard - De l'Attirance à l'Agonie]
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