"Crème solaire ? "
"Tu penses qu'il va faire beau cette nuit ?"
"Tonight is another day."
…
Tout se ressemble et rien ne s’apparente.
Ca ne veut rien dire et pourtant ça en dit beaucoup.
…
Après le Groupe de la semaine passée, mon deuil qui se fait lentement mais sûrement (pour le moment), j’avais retrouvé un peu d’énergie pour essayer de penser clairement et de ne pas me sentir continuellement mal-heureuse.
J’ai tenté de me réhabituer à mon quotidien dérisoire, ma vie sans sel, ma solitude que j’avais pourtant pas mal apprivoisée, mon lit vide, l’absence de vie de mes 2 2-2, la sagesse de ma Toune solitaire, mes séries, mes livres et tous ces tas de trucs que je trouve bien ridicules.
J’avais même fait quelques achats qui m’avaient fait plaisir l’espace d’un instant, des petits cadeaux que je m’offre à moi toute seule parce que je le vaux bien des fois.
Et cette phrase de N. qui m’avait percutée : "Tu as évolué !"
Hein ? Aucun de mes rêves ne se concrétisent.
Je ne suis pas encore au stade de légume et je ne fais que réagir aux emmerdes, ce n’est pas ça que j’appelle l’évolution.
Je parlais de mes rêves, ce qu’on appelle des envies, des objectifs, des projets pour le futur.
Les rêves demeurent, le reste s’envole et la vie me passe tranquillement sous le nez.
Je vais me réveiller à nonante quatre-vingt dix ans en regardant une vie volée et gaspillée.
Volée par eux, par ex-il, la maladie… et moi-même.
Maintenant que j’ai même plus Saint-Nicolas à qui le dire et le raconter, que vais-je faire ?
Ou vais-je trouver un quelconque réconfort ?
…
Et puis le week-end est arrivé.
Et les nuits si longues quand on ne dort pas, qu’on se sente seule ou que l’on le soit vraiment, ces moments qui rappellent que la vie rêvée, ce n’est absolument pas celle-là.
…
Dimanche était un autre jour, crevée de n’avoir quasi pas dormi une fois encore, je me suis affalée sous les UV complètement déconcertée mais presque libre pour quelques minutes.
Libre du manque.
Et les moments supersoniques sont arrivés, comme par magie.
Ceux ou à la seconde même ou je lui envoie un message, j’ai déjà la réponse de sa part.
C’est fascinant, presque effrayant.
Je suis partie avec la grande envie et la joie de le retrouver en me disant que décidément, tonight is another day, mais… y avait un mais.
Un petit quelque chose au fond de moi qui me disait d’y aller tranquille, peut-être à un autre moment.
J’ai fait mon sac en quatrième vitesse et je suis partie dans sa direction.
Une demi-heure, bloquée à l’arrêt dans un embouteillage.
Puis la drache sur les autoroutes aux ornières meurtrières.
4 ou 5 violents crash de bagnoles, des ralentissements et cette route qui m’a parue longue, interminable.
L’heure passait et j’allais être en retard, non, non, non !
Je suis finalement arrivée 10 minutes avant le début du film, celui qu’on voulait voir au ciné.
No stress, la prudence s’imposait et la séance était remise à plus tard.
J’ai été le rechercher aux UV et on a pu aller voir le championnat.
Puis le movie ou P. nous attendait.
Le movie, c’était le dernier de Tarantino.
Death Proof.
Merci pour les dialogues, je vais au Mac Do et j’écoute les connasses à la table d’a coté, ça revient au même.
Merci de rappeler que certaines femmes ont un pois chiche à la place du cerveau, que l’alcool rend vulgaire et con(ne) et qu’il y a des raclures et des désaxés partout.
Mais alors, merci pour les sous que j’aurais pu dépenser à autre chose parce que je me suis emmerdée royalement pendant presque 2 heures.
Je ne me rappelle plus m’être autant emmerdée au ciné et depuis longtemps, je n’avais plus eu l’envie de quitter une salle avant la fin du film.
Bam, j’aurais raté le meilleur, l’action, le trash et le big délire.
Il est clair que ce cher Quentin voulait une autre dimension pour son film.
Et si le montage à la hache et les fausses rayures sur la pellicule amusent cinq minutes, on est bien vite confronté à un problème de taille car il n'y a pas l'ombre d'un scénario.
Des longueurs, des blablas, des pieds, du déjanté, du vulgaire, du glauque, de la folie...
Cette fois, tu n'atteints pas le sommet du divertissement Tarantino ni la gloire d'une quelconque expérience mais tu pourras toujours réaliser n'importe quoi grâce à ta réputation.
Comme on était 3, je suis restée, planquée dans mon fauteuil.
A la sortie :
"Alors ? Tu en penses quoi ?"
"Je me suis fait chier !"
"Tu rigoles, moi aussi !"
Et le troisième pareil.
Si on avait su, on se serait cassé ouais !
Non Andrem, j’ai pas aimé Death Proof !
Ensuite, 5 heures à les regarder jouer.
De la toute bonne technique, du beau jeu.
On est sorti, il faisait clair.
Je n’avais jamais vu sa ville à 5h40 du mat’, sous la pluie.
On crevait la dalle, parcours du combattant pour trouver une boulangerie ouverte.
J’ai vu un mec sur le trottoir avec un frigo box et je lui ai dit :
"Tes tartines ou la vie !"
C’était pour du semblant hein.
Un pain au chocolat, un croissant et une crêpe plus tard, je suis crevée à n’en plus tenir sur mes jambes.
Je m’en vais rejoindre son doux lit et ses bras chaleureux.
Il fait clair maintenant, au dessus de ma tête, je vois la pluie tomber a torrent pendant que je suis bien au chaud.
Il a décidé de ne pas aller travailler.
Et je n’arrive pas à m’endormir, une fois de plus.
L’idée de louper un moment à ses cotés m’est insupportable.
Et cette fois il ne dort pas non plus.
Ses mains et ses doigts se baladent et je ne vois plus le temps passer.
Et les boom-bomm-tonggg incessants de son proprio m’énervent à un stade… Lui aussi, il se lève tout stressé et me dit qu’il est ko mais qu’il n’arrive pas à dormir.
Pareil pour moi.
Et paf, ma conne spontanéité est venue foutre son merdier dans mon contrôle.
Il est midi et today is the same day quand t’as pas dormi.
3 heures de l’aprèm, faut se lever et partir.
Heureusement qu’il fait un gros morceau de route avec moi car je ne suis pas en état de conduire.
Une heure et demie plus tard, on se quitte.
Je me sens mal d’un présent et futur arrivants.
Alone du passé.
Alone au présent.
Et pire au futur.
Je ne vais pas au Groupe. Encore.
La fille de ma Toune s’est faite opérer et je tiens à la voir.
…
En sortant de chez mes parents, je tombe sur une des premières personnes que j’ai rencontré en arrivant en Belgique.
Ca fait bizarre, ça fait du bien et ça fait mal.
Tu vois le jeune mec puis l’homme avec ses rêves accomplis, sa vie, ses enfants.
Et toi, (enfin moi,) de Cro-Magnon, t’es passée à… t’a stagné.
Pire, t’as rétrogradé.
Faut le faire hein ça, tu te prends un de ces coups de vieux dans la gueule et tu rentres, contente d’avoir revu cette personne mais avec ta vie merdique qui défile dans ta tête.
Et des questions.
Puis un énorme sentiment de tristesse.
Tu rentres chez toi, il fait noir, vide et mort.
Et c’est reparti pour une nuit, seule à nouveau.
…
Tonight is another day too.
Je me sens seule, ratée, comme un tableau sans peinture et sans cadre.
Je suis seule, ma Toune passe son temps à dormir dans cette maison emmurée.
Je n’ai plus que 3 somnifères et plus de sous.
J’ai à nouveau l’impression d’être en attente, comme un patient qui poireaute pour entrer dans la salle d’op.
Sauf que ce que j’attends est illusoire, pire, néant.
Je ne trouve rien auquel me raccrocher.
Je me demande ce que je fais de mes jours en décomptant ceux ou je le vois.
Telle une toxicomane, je compte depuis combien de temps déjà et dans combien de temps - je ne l’ai plus vu/je le verrai.
Et quand est-ce que ça va merder.
Parce que ça va merder, forcément.
Point de défaitisme, cette relation est vouée à l’échec telle qu’elle est.
Je voudrais lui trouver un défaut énorme, un truc qui me rebuterait, me dégoûterait, qui me ferait juste me dire : Bouh non, vivre avec ça toute une vie, je ne pourrais pas.
Je ne trouve pas.
Ca m’aiderait pourtant vachement à me détacher, à rester ce que je devrais être : une amie dans le sens strict du terme, pas celle avec tous ses débordements, ses phrases d’amoureuse qui lui font faire un bond de 50 cm en arrière ou elle se rattrape encore avec le cynisme parce que la peur et la crainte sont plus que visibles cette fois chez monsieur Sunshine.
Et si je lui avouais ce qu’il devrait voir de ses propres yeux, je ne le verrais plus je pense.
A sa réaction ce matin, je me suis même fait peur à moi-même.
Ai-je dit ça ?
Pourquoi ai-je dit ça ?
Et surtout, pourquoi j’ai tourné ma putain de phrase de cette façon ?
Parce que… parce l’amour ne sait pas toujours fermer sa gueule.
Que j’aurais pu fermer la mienne et c’est sorti tout seul.
Foutue spontanéité de merde, foutue douceur de merde.
Ou es-tu cuirasse sauvage, brute ou froide qui m’aidait autrefois ?
Ou es-tu mystère ?
Ou êtes-vous courage et détermination ?
Encore une fois cette lourde sensation de sursis dans une vie insignifiante ou je ne me rappelle même pas ce que je fais de mes journées et de mes nuits sans paupières.
Je suis perdue dans mes tristes pensées et mes mirages.
Ma tête est un aquarium ou je tourne dedans.
Je devrais peut-être jouer à Second Life, histoire de m’inventer une vraie fausse vie ?




















Sale journée pour le Terrien Arthur Dent.
La Guerre des Mondes
Constantine
Three Blind Mice (Une souris verte)
Mystic River
Million Dollar Baby
Monster



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