Vendredi dernier - arrivée à l'hosto:
- "Bonjour, que puis-je pour vous ?"
- "Je me fais opérer dans votre service aujourd'hui."
- "Ah oui... Ah, madame B., votre chirurgien, n'est pas disponible. Donc, soit on reporte, soit nous devons avoir votre autorisation pour vous faire opérer par un autre chirurgien."
- "C'est déjà la 3ème fois qu'on reporte, je vais finir avec un chou-fleur entre les pattes. Bah, si c'est bien un gynéco et pas un orthopédiste ni une première opération, je vais "prendre" l'autre chirurgien."
- "Il est très bon vous savez."
- "J'imagine mal que vous me disiez le contraire ou qu'il picole et qu'il rate toutes ses opérations."
Sourires.
Installée dans ma chambre d'hôpital depuis peu, une dame vêtue d'apparat d'anesthésiste entre:
- "Bonjour. Je suis l'anesthésiste suppléante. Je remplace monsieur L., votre anesthésiste, car il est malade."
- "Bonjour. Si je comprends bien, y a que moi qui suis bien présente dans ce qui était convenu..."
Sourires.
Aucune préparation. Genre épilation gratuite je veux dire.
Je suis arrivée à l'hosto à 10h30 et à 11h15, on est venu me chercher pour aller en salle d'op.
C'est la première fois d'ailleurs que j'y vais "en forme".
C'est-à-dire, en marchant sur mes pieds, sans être dans le coma ou dans un état quasi similaire.
C'est donc la première fois que je vois ma salle d'op, avec mon billard, des chaussons stérilisés aux panards et que j'ai l'occasion de voir les chirurgiens, les anesthésistes, les assistants se préparer etc... et me coucher moi-même sur la table.
On m'explique que ce sera le bistouri électrique et pas le laser et que j'aurai de quoi me narcotiser aussi chez moi.
Je m'allonge soulagée par cette bonne nouvelle puisque l'opération en elle même, je m'en fiche, sachant que je ne sentirai strictement rien en dormant.
Et pour moi, c'est un plaisir de savoir que dans maximum 10 secondes, je serai dans un Dreamland total.
J'ai encore dit des conneries, aussi bien en m'endormant qu'en me réveillant.
Lorsque j'ai senti ma veine chauffer à l'injection, on m'a dit que je pouvais commander mon rêve:
- "Un verre d'eau svp... et "Bonne nuit."
C'est la 3ème fois que je dis "bonne nuit" à un(e) anesthésiste.
Ca doit être mon éducation hein, parce que s'il/elle pionce en même temps que moi, je risque de n'avoir qu'un aller simple.
- "Missy'V, réveillez-vous !"
- "Oui... mais je suis fatiguée..."
- "Missy'V, réveillez vous maintenant !"
- "J'essaie... mais je préfère dormir..."
- "Réveillez-vous !!!"
- "Mais je suis fatiguée..."
J'ai dit ça pendant presqu'une heure paraît-il, en refermant les yeux pour me rendormir.
Mais je ne me souviens que de la dernière fois, ou j'ai pensé "putain, fais un effort pour ouvrir les yeux quand on te parle !"
Revenue dans ma chambre, on m'a dit que je pouvais dormir à présent si je voulais.
Mais pas moyen dis, une compagne de chambre sympa mais quelle blablateuse.
Puis je crevais de soif.
Et de faim.
Opération à 11h30 et à 15h00, j'avais bu, mangé et je pouvais quitter l'hosto.
C'est bien en ambulatoire sauf que tu peux pas conduire et que tu ne peux pas rester seule pendant 24 heures.
Et quand le chirurgien est venu dans ma chambre pour m'expliquer les soins à faire, me donner les médocs, la pommade magique et le certificat d'incapacité, je lui ai demandé si il m'avait réellement opérée car je ne sentais strictement rien.
- "Je te fais un certificat pour 3 jours, ça va ?"
- "Non..."
- "Une semaine ?"
- "Non..."
- "Euh... combien de temps tu penses avoir besoin ?"
- "Pas besoin, je suis déjà en incapacité de travail..."
Sourires.
Depuis j'ai dégusté mais j'ai une crème hyper efficace qu'on a certainement omis de me donner il y a 15 ans pour une opération du même genre en un peu vachement plus hard.
Et hier matin, le service hospitalisation m'a téléphoné pour voir si je ne souffrais pas trop, si je me remettais bien etc...
Dju dis, même le service après vente est bien dans cet hosto, ma parole !
D'après Youri, je serais même en rémission.
A me faire confirmer bientôt.










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