Expression MissyVienne exclusivement utilisée par elle-même quand elle bouge du chapeau/du couvercle.
Et parfois, aussi, par ceux qu'elle a contaminé et ceux a qui elle le fait porter.
Bouger du chapeau = déconner (dans tous les sens du terme).
Et ça, elle sait faire !
Ceci étant dit, je ne pense pas que cette expression soit du français de Belgique mais bien une expression à part, comme tant d'autres déjà inventées dans ma famille.
Ce matin, j'ai vu Doc Ducon, le médecin conseil contrôle.
Il est tout sourire maintenant, il me tend la main, pour que je ne donne pas la mienne en retour.
Hey, il a même un tensiomètre maintenant dis !
Et il sait s'en servir puisqu'il a pris ma tension.
Pour des prunes remarque, parce qu'il voulait s'assurer que ma fatigue chronique ne vienne pas de chutes de tension.
Mais nan hein, je venais de lui dire que c'est parce que je ne dors pas/je dors mal, tout connement.
Il avait l'air satisfait de pouvoir rajouter un nom à la liste des points d'interrogation figurant dans mon dossier.
Tu sais, les furoncles, les boules, les abcès et tout ce bataclan qui me fait bouger régulièrement du chapeau, c'est une putain de maladie auto-immune dégénérative.
Je suis allée voir le spécialiste de Belgique concernant cette maladie merde, 1 heure de route, 10 minutes dans le cabinet.
Tout ce que je sais, et que je pouvais encore ignorer car - n'en ayant pas encore la certitude absolue depuis le temps que des dermatos cherchaient - j'avais tout de même une méchante idée de ce qui m'attendait, c'est qu'il n'y a rien à faire.
Aucun traitement ne fonctionne, aucune solution n'a été cherchée/trouvée.
Je peux jeter crèmes et lotions, antibiotiques et pansements, et aléatoirement, tout espoir aussi.
C'est bien de mettre un mot aux maux, ça permet de ne plus s'arracher la tête bouger du chapeau avec le corps médical, genre "c'est plus la peine de faire des prélèvements", "non c'est pas un horrible microbe africain qui dort en moi" - c'est pire, je fais des anti-corps contre mon moi-même !
Je suis le kamikaze Et la bombe à la fois, je suis la victime Et l'agresseur, le suicidé ET la méthode, 2 en 1, mais c'est douloureux, ça je te promets.
Je savais déjà que mon corps fabriquait des anti-corps contre lui-même mais jamais un diagnostic n'a pu être posé.
Pourtant, à l'évidence, et maintenant que je connais les symptômes typiques, j'ai encore plus de mal à comprendre la médecine.
C'est comme les flics parfois, on se demande ce qu'ils foutent.
J'ai dit une parole malheureuse à maman sous l'emprise du chapeau branlant.
- "Ca ira mieux quand ils t'auront opérée, vois ce côté là."
- "J'en ai marre qu'on me fore dedans et qu'on me fasse des soudures. En plus, ils parlent encore d'une totale… ben que je ne me réveille plus !"
Je n'ai pas tout de suite réalisé que je disais ça… à ma mère.
C'est que parfois Maman, tu vois, ça fait tellement mal et j'en ai tellement marre de passer sur le billard que… j'ai plus envie de me réveiller - pour une fois que je dormirais.
Je bouge du chapeau Maman, c'est comme un état de choc, et je vais me reprendre.
Mais je l'ai dit, et je regrette d'avoir dit ça à ma mère.
Ces dernières années, j'ai tellement parcouru les hôpitaux, près de ma ville, loin, plus loin encore, pour des broutilles, pour du grave, pour un jour ou pour plusieurs, pour la tête ou pour le corps…
J'ai eu tellement envie et tellement besoin d'avoir un quelqu'un sur qui m'appuyer de temps à autre, un quelqu'un que je n'avais pas, en l'occurrence, que maintenant je ne supporte plus personne, les visites sont très (dé)limitées, je mets des garde-fous et je vais moi-même seule à l'abattoir, parce que la souffrance, ça se couche sur du papier, à musique ou pas, mais ça ne se partage pas.
Bientôt donc, je repars pour Bruxelles, à la poursuite du chirurgien plasticien.
Mais j'ai pas envie du tout qu'il me charcute dedans et que ça dure encore 8 mois pour cicatriser.
Et temps qu'à remettre des choses à peu près en l'état, il pourrait peut-être chipoter à ce qui me sert de cerveau couvercle, non ?


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