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samedi 11 octobre 2008

Evasion hexagonale [2]

Ensuite, souffler, se promener près d'Eiffel et manger.
Spaghetti bolognaise, tranches de fromage, y a pas de râpe ici visiblement.
Moi ma salade folle me plait, estivale en automne, toujours.
Chercher un hôtel.
"Ah, on dort ici ?"
"Ben oui."
Tout coule de source avec lui.

Hôtels blindés.
Partout.
"Descendons vers Orléans, on en trouvera bien un, tu veux que je conduise ?"
"Nannnn !"

Hé ! Il est pire que moi, à tous niveaux, c'est pour ça qu'on ne s'est plus croisé en 20 ans malgré tous nos chemins communs.

Je crois qu'on est resté plus d'1 heure 30 à rouler dans Massy, un bled désert avec 35 hôtels, mais pour les trouver, c'est un parcours fléché et toutes les 15 minutes, tu te retrouves à la case départ, dans une rue remplie de dos d'âne que tu sais que tu peux les passer facilement à 70 km/h sans arracher ton pot d'échappement tellement tu connais le coin, à force.
Là-bas, y a aussi des Citroën, et au feu, quand c'est vert, ils reculent eux.
Véridique.
En repassant dans cette même rue, 15 minutes plus tard, j'avais déjà un déjà-vu.
Ce qui m'aurait quand même fait drôle, ç'aurait été de revoir la même Citroën refaire marche arrière au feu (vert).

Finalement, crevés, dépités, on sort de ce patelin aux hôtels introuvables direction Orléans, on dormira dans la voiture.

Et à Saran, sur le bord de la route ou presque, miracle, un hôtel encore illuminé à 3 heures du mat'.
Deuxième miracle, il reste une chambre de libre.
Troisième miracle, il est possible de boire un café qui compte plus de 3 gorgées.

J'ai mal aux yeux avec mes lentilles, ils sont secs, je vois flou.
Crapouillet ne voit guère mieux avec les siennes.
Y a une affiche sur le mur, j'y vois des animaux sauvages mais j'arrive pas à lire ce qu'il est inscrit.
"Tu le fais exprès…, réserve de la Haute Touche !" me dit-il en éclatant de rire.

C'est cher pour quelques heures de dodo, les cloisons ont l'air en frigolite tellement on entend au travers.
Et c'est comme en Grèce dis, une chambre double, c'est 2 ptits lits séparés, mais bien hein, avec une table entre les deux.
Ah nan, je dors pas toute seule dans un coin, je me plie pour avancer mon lit contre l'autre et... y a pas de pieds au pieu, ma parole.
C'est un bête socle en bois ou on a posé un matelas dessus.
Je te parle pas de la douche, eau chaude en option et douchette sur commande.

On peut pas fumer et le patron m'a dit que si il faisait trop chaud dans la chambre, je pouvais ouvrir la fenêtre.
Hé ! Je suis belge mais pas débile hein... !
Le verre à dents servira de cendrier.
J'ai des ampoules aux pieds, je t'explique même pas.
Des ampoules au dessus de crevasses, ça fait mal.
Et Crapouillet, maître costumier, me répète qu'il n'a pas d'aiguille pour les péter.
C'est alors qu'il me tend l'embout d'une piqûre.
Oui, j’étais étonnée aussi.

Cloques éclatées, je me couche.
La lampe de chevet qui se trouve juste au dessus de ta tronche, c'est pire qu'un solarium, ça doit être une ampoule de 500 watts toute calfeutrée, comme celle qu’on met dans les écuries.
Et le plafond est tellement bas que t'as pas besoin de lunettes pour le voir quand t'es miro comme moi nous.

vendredi 10 octobre 2008

Evasion hexagonale [1]

Je dois dire que livrer de la marchandise à des frenchies passionnés, avec l'oeil-de-crapaud d'ici, lui-même féru de l'Empereur, alors que moi j'ai le sang européen et le coeur africain et qu'entre les deux, ma tête balance à l'ouest, ça se fait pas sans mal.

D'abord, j'avais des chaussures que le premier soir, je les ai jetées dans la bagnole pour continuer mon périple en tong, froid et pluie ou pas.
Et une simple veste en jean parce que ma garde robe est toujours inapprochable pour cause de travaux inachevés chez moi.

D'habitude moi je prends l'autoroute pour aller à Paris, je me tape les péages puis je fous ma caisse quelque part et je fais le tout en métro, faute de mobylette transportable dans mon coffre.

Est-ce une bonne idée de prendre un héritage direct de la Révolution ?

Bref, cette fois, c'est pas moi qui conduit et même pas besoin de faire du co-pilotage avec super GPS.
Il m'avait juste demandé:
"Je t'embarque avec moi à Paris ?"
Ben oui évidement, en plus c'est la ville de mon 3ème grand-père que j'affectionne tant.
Le grand-père comme la ville.

Je dépose Toune chez maman et papa.
Maman ne me demande même plus ou je vais ni quand je reviens parce que ma réponse est pareille à celle des djeuns de maintenant: j'sais pas !

J'ai même pas demandé quand on revenait, ou on allait exactement, chez qui ni pour combien de temps.
Pas d'angoisse donc je m'engouffre.
Pourquoi y a tant d'affaires à coté du matos et des mannequins ?
Moi je pèse assez lourd donc je voyage léger, les poches à moitié vides, quand j'en ai.

J'adore les petites routes de la région de Chimay, celles près de Laon, éviter Soissons ou y manger, contourner Meaux, puis périphérique.

Porte de Clichy, Place Vauban, 2 heures 36 minutes.
Tu poireautes dans le vacarme, la pollution et si t'as le malheur de passer ta main par la fenêtre de la voiture pour y balancer ton mégot de cloppe, t'as le bras arraché par un motocycliste.
D'ailleurs, j'ai toujours dit quand y a des mobylettes partout et que ça n'avance pas: on se croirait à Paris !

Direction Hôtel des Invalides, en courant, je dois pisser grave.
J'avais oublié qu'il fallait encore foutre des tunes dans les portes de chiotte, tant pis ça restera open/vert et le premier qui tente d'ouvrir, je lui plonge la tête dans la cuvette.
J'avais aussi oublié que les clopes, c'est l'inverse d'avant niveau prix et qu'il aurait été sage d'acheter une farde en Bel(le)gique.
J'avais aussi oublié qu'un café sans préciser, c'est 2 cuillères (à café, comme son nom l'indique) dans une mini tasse, 1 gorgée et demi et y a plus rien.
Chez nous, un café, c'est un grand bol (de soupe) avec du jus de chaussette dedans.

Ca fait dealer d'attendre sur les marches de l'Eglise du Dôme, et échanger avec un(e) inconnu(e) une enveloppe contre du pognon.
Ou revenir ensemble à la voiture, sortir un sabre du coffre ou une tête de mannequin, plaque d'immatriculation belge.
Entre une livraison de pompon et un chapeau, je vais voir le tombeau de Napoléon...

Eh1

jeudi 09 octobre 2008

Blue Tower

Je savais qu'elle était bleue mais pas qu'elle scintillait encore comme un sapin de noël en plein fin mois de septembre.

Je marchais le long d'un sentier en admirant sa beauté lorsque tout s'est mis à étinceler quelques minutes.

Juste le temps de me dire que j'aurais bien voulu une main dans la mienne pour partager cet instant magique.
Juste le temps d'aller dessous m'allonger sur un banc et pétiller des yeux.
Juste le temps de me demander si il y avait quelqu'un là-haut pour nous papilloter.

Juste le temps de gagner le Champ de Mars ou je l'ai perdu, l'espace d'un instant.
Seule, sans me souvenir de l'endroit ou se trouvait la voiture, sans en avoir les clés, sans un sous en poche, c'était moins marrant que le Saint Caillou du gros Pierre, le sosie de Pascal Legitimus aux Invalides ou le déjà vu citroënique à Massy.

T'as déjà essayé de trouver un hôtel à Paris au pied levé ?
Un truc normal, pas un machin 15 étoiles ou un bazar tout pourrave.
Ben moi si et je peux te dire que c'est pour ça qu'ils ont mis un tipi au pied de la Tour, au cas ou t'aurais pas ta tente jetable pour t'endormir sous la belle bleue aux mille étoiles.

Céleste Tour Eiffel, je reviendrai, encore et toujours.

dimanche 30 décembre 2007

Flash-back croate

Rétrospective sur quelques jours passés sur la Zupa Dubrovacka et l'album photo qui n'attendait que mon action à appuyer sur le bouton "publier" afin de te laisser découvrir les charmes de l'ancienne Raguse, la belle Dubrovnik, et aussi d'autres endroits moins touristiques gorgés de dégradés turquoise, de la solitude des anses ou tu peux trouver le repos, la transparence à tes pieds et les pentes raides à la tête.

Les deniers des siècles de vacances octroyés par ma mutuelle n'ont pas atterri sur mon compte en banque, je ne suis donc restée en Dalmatie que quelques jours.
Quelques jours trop longs parfois quand on se langui d'un mirage et qu’on supporte péniblement les énervements récurrents de la (ma) mère.
Quelques jours trop courts quand la fusion avec Maman que j'adore et que je hais ne me bouffe pas la vie qu'elle m'a donnée.
Quelques temps trop précieux pour les yeux, désireux de dévorer la faune et la flore locales, du jeu entre la végétation et le flux de la mer.
Quelques temps savoureux pour les papilles, les échanges sympathiques avec des hôtes empreints d'une histoire colossale.
Les vieux Illyriens, les Grecs et les Romains t’en raconteraient d’aventureuses anecdotes qui n’ont rien à envier aux Pirates des Caraïbes.

C'est dans la petite localité de Mlini que maman et moi avions décidé de loger.
Mlini est un petit village situé dans un paysage collineux romantique, le long des rives du ruisseau Zavrelja et derrière lequel s'étend la montagne Spilan.
Mlini, qui signifie "moulin" est parsemé de pinèdes, de palmiers, de petites plages dans les criques, de sentiers et d'arbres fleuris.
L'histoire qu'on croise à chaque pas témoigne d'une harmonie heureuse entre l'Homme et la Nature et de la haine de l'Homme envers l'Homme.
De bâtiments explosés en terrains minés, il n'est pas recommandé de se balader dans certains sentiers encore chargés de cette haine Humaine qui ont rempli les cahiers Historiques sanglants avec la Guerre d'indépendance croate et l'effondrement de la fédération yougoslave.

Tout est propre à Mlini, sauf le touriste.
Tout est hospitalier aussi, sauf le touriste aussi parfois.
Que de francophones aussi, qui imposent leur culture et leur langue même dans le plus petit restaurant ou tout est traduit, parfois étrangement, dans la langue de Molière.
Et c'est au bord de l'eau et à l'ombre des pins que tu peux te connecter au monde entier.

Bien que je n'avais pas envie du tout de me retrouver parmi le fourmillement des visiteurs, il aurait été dommage de ne pas partir à la découverte de Dubrovnik.
De ses toits rouges-oranges et de ses remparts renforcés de tours entourant la vieille cité mise sous la protection de l'UNESCO.
C'est un trésor architectural à ciel ouvert et Richard Coeur de Lion qui fut sauvé de la tempête devant elle t'en parlerait mieux que moi.
Pendant le Festival d'été qui ouvre ses portes devant l'église Saint-Blaise près de la statue Orlando ou se hisse le drapeau Libertas et qui se déroule chaque été du 10 juillet au 25 août, la vieille ville se transforme en un spectacle théâtral.
Sur les diverses places et dans la plupart des  bâtiments historiques, on y présente des pièces de théâtre, des expositions, des spectacles de musique, des danses folkloriques etc.

Non loin de Dubrovnik s'étale l'île de Lokrum
Cette appellation (du latin "acrumen") rappelle qu'aux temps les plus anciens, une végétation apportée de lointaines contrées s'épanouit ici.
Depuis l'époque des Bénédictins et jusqu'à nos jours, la tradition de l'architecture du jardin et de la culture des plantes exotiques en provenance de l'Australie et de l'Amérique du Sud principalement, s'est maintenue avec la création d'un jardin botanique.

J'ai passé de jolis moments également dans l'archipel des îles Elafitti qui comprend Kolocep, Sipan et Lopud.
D'ailleurs, on les appelle "les 3 magiques".
Ce sont de petites îles boisées ou sont dissimulés de petites églises, des vestiges de demeures des bourges de Dubrovnik et de petites plages de sable ou tu peux te dorer la pilule tranquillement avec la douceur des vagues.

Cette côte échancrée entre la Méditerranée, les Alpes et la Pannonie est à seulement quelques heures du centre de l'Europe.
Une Europe sur laquelle la Croatie a bâti son histoire, sa culture, son passé, son présent et son avenir.
En Croatie, tout est à proximité, on peut admirer la mer, le karst, les montagnes boisées, les plaines fertiles... et Bernard Shaw ne me contredirait pas.
A regarder en instants figés ici ou en mouvement .

Thhr

L'album photos a (re)trouver également dans la colonne.

vendredi 03 août 2007

Cartes postales

Cphr1

Cphrm1
[Mlini - Croatie]
Cphrm2
[Mlini - Croatie]
Cphrm3
[Mlini - Croatie]
Cphrd1
[Dubrovnik - Croatie]
Cphrd2
[Dubrovnik - Croatie]
Cphrd3
[Dubrovnik - Croatie]
Cphrd4
[Dubrovnik - Croatie]
Cphrlo1
[Lokrum - Croatie]
Cphrk1
[Kolocep - Croatie]
Cphrs1
[Sipan - Croatie]
Cphrs2
[Sipan - Croatie]
Cphrl1
[Lopud - Croatie]
Cphrl2
[Lopud - Croatie]
Cphr16

Pour celles et ceux qui n'ont pas reçu de carte postale de mon petit séjour en Croatie, avec un vrai timbre, de l'encre de vrai stylo parsemé de vrais grains de sables et de vraies gouttes d'eau de mer...

L'album photos paraîtra bientôt.

Sur ce, je m'en vais vite faire un coucou à monsieur Sunshine avant que les touristes soient sur les routes !

lundi 11 septembre 2006

NYC

Ba_1
Big Apple est l'un des surnoms de New York City.
Mais pourquoi donc une "grosse pomme" ?
Dans les années 20-30, cette ville, qui ne cessait de croître en hauteur à la sévère réputation de "jungle", était déjà le fruit de tous les rêves et de toutes les convoitises.
"There are many APPLES on the tree, but when you pick New York City, you pick the big one !"
(Il y a de nombreuses pommes à l'arbre, mais quand tu cueilles NYC, tu cueilles la plus grosse !)

Sous le vocable de New York se cache en réalité plusieurs significations: le nom d'un état, celui d'une vaste city, comprenant depuis 1889 les 5 communes métropolitaines (les Boroughts), ainsi que le périmètre grouillant du monde des affaires, du commerce et des arts qu'est Manhattan.
Manhattan est le coeur trépidant de New York.

2 cours d'eau donnent à Manhattan le statut d'île: à l'ouest, l'Udson et à l'est, l'East River.
Au sud s'étend l'océan Atlantique avec ses ports naturels.
Et tout au nord, l'Harlem River trace une frontière naturelle entre Manhattan et le Bronx.
Manhattan a pratiquement tout en double, comme si l'île se regardait dans un miroir.
Dans le bas de la city historique, Broadway, une large artère, marque la séparation entre l'East Side et le West Side.
Plus au nord encore, la délimitation est tracée par la Fifth Avenue centrale.
La numérotation des rues commence au Sud et celles des Avenues, à l'East Side, c-a-d à droite.
La 12th Avenue achève la série et parcourt donc entièrement la West Side.
La désignation des rues et avenues s’effectue quasi exclusivement à l'aide de chiffres.

C'est en 986 que le viking Bjarni Herjolfsson aperçoit la côte N-O de l'Amérique.
En 1524, le navigateur Florentin Giovanni de Verrazano, au service du Roi François 1er, découvre l'emplacement ou s'élève aujourd'hui New York.
En 1626, Peter Minuit (ou Minnewit), gouverneur au service de la compagnie néerlandaise des Indes Orientales, reçoit des Indiens, en échange d'un assortiment de babioles d'une valeur de 24 $ , l'île de Manna-Hatta, qui deviendra Manhattan.
Cet endroit aussitôt fortifié par ses 200 colons, est baptisé "Nouvelle Belgique", puis plus tard, "New Amsterdam".
L'emplacement exact du fort est rappelé aujourd'hui encore par l'artère nommée "Wall Street" en raison de la palissade qui l'encerclait.
Le premier numéro du quotidien "New York Times" sort de presse en 1851.
Central Park ouvre officiellement en 1876.
La statue de la Liberté fut inaugurée en 1886.
En 1931, l'Empire State Building (448 m de hauteur) est inauguré.
Et c'est en 1973-74 que les tours jumelles du World Trade Center, aujourd'hui disparues, sont baptisées.

La "Grand Old Lady of Liberty Belle" est devenu le symbole de l'Amérique, un signe de bienvenue à l'entrée de son portique d'or, la Golden Door.
Dans sa main gauche, la Liberté, à l'instar de Moïse, tient une tablette sur laquelle s'inscrit la date de la Déclaration d'Indépendance américaine.
Du bras droit tendu vers le ciel, elle lève une énorme torche.
A ses pieds, gît la chaîne des esclaves.

Central Park, si souvent entrevu dans des films, est le parc des parcs.
Il est l'un des plus grands du monde au coeur même d'une ville et étend ses zones de calme, de fraîcheur et de verdure sur 340 hectares.

L'American Museum of Natural History, magnifique musée dans un environnement reconstitué qui parait presque plus authentique que leur biotope naturel, des dinosaures et brontosaures étonnent les visiteurs.
On admire le souci de perfection avec lequel a été reproduit le plus minuscule insecte, rien n'y manque.
Dans la section consacrée aux minéraux et pierres précieuses, il faut voir la fameuse "Star of India", qui est le plus grand saphir du monde.

Libellenyc

New York procure toujours une solide dose d'adrénaline, tantôt accueillante, tantôt rebutante, dure ou mélancolique, colorée ou morose, elle est pleine de grâce, de style, de charme, ou encore misérable, clownesque, ridicule, qu'on y fasse du business ou qu'on s'y ballade, qu'on la rencontre de jour ou de nuit.
Découverte par des navigateurs qui cherchaient en priorité la route maritime de l'Orient, NYC aime s'affirmer comme le creuset de l'inspiration occidentale.
Et depuis longtemps déjà, le monde entier à les yeux braqués vers elle, espèce de laboratoire grouillant, microcosme exceptionnel ou tout peut arriver: le meilleur comme le pire.
Même des philosophes aussi typiquement français que Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir ont suivi les traces de Charles Dickens et de tant d'éminentes personnalités pour tenter de comprendre à leur tour la fascination dont jouit cette ville vraiment pas comme les autres.
NYC est tout à tour l'eldorado des indiscrets et des voyeurs, la Mecque du mouvement alternatif et du "perpetuum mobile".
Tout y est présent et rien n'y reste jamais longtemps.
L'américain moyen est généralement assez superstitieux.
Ainsi, certains ne voudront signer un contrat important qu'avec un stylo à encre verte, la couleur du dollar.
Souvent, le rouge désempare le financier, autant que l'ail désempare Dracula... puisqu'ici la couleur rouge est la couleur du "looser" - à éviter.
Tout comme le chiffre 13.
Je n'ai d'ailleurs vu aucun 13ème étage à New York, ça passe du 12ème au 14ème étage, directement.
A NYC, pas moins de 75 langues sont parlées et une soixantaine de périodiques ethniques sont diffusés.
Et, saviez-vous que l'insulte la plus courante des gens du Sud vis-à-vis de ceux du Nord est "Yankee" ?
Ce surnom vient tout simplement d'un jeune garçon néerlandais qui s'appelait Jan Kees !

Parcourir sans but Manhattan, c'est découvrir en permanence le ballet éternel de la comédie humaine.
C'est jouer, en direct et en live, dans le plus fantastique des shows.
Si un jour vous avez l'occasion d'y aller, n'hésitez pas !

L'album photo est ici et ici, y a un site sympa à visiter.


Téléphone - New York avec Toi
 

J'avais écrit dans ce blog que j'y reviendrais pour un billet sur NYC, j'ai choisi ce 11 septembre, 5 ans après les attentats, pour parler de cette ville que j'ai apprécié comme je parlerais d'une autre que j'aurais apprécié - sans y mêler la politique de Bush et les actes de terrorisme, car à New York, tout peut arriver, d'ailleurs tout arrive... - mes pensées vont tout droit à toutes ces victimes innocentes, de par le monde et une pensée particulière pour Ced qui a perdu la vie le 11/09/2001 au WTC.

jeudi 02 juin 2005

Bleu azur, comme la Mer Egée... [2]

Quelques lignes pour expliquer un peu mes vacances sur l'île de Rhodes.
Difficile de résumer un séjour de 15 jours quand il nous arrive quelques (més)aventures, hein Nam-Nam ? ;-)

Pour les paysages, regardez l'album photos, ça vous donnera une petite idée du pays.

...
Peu de sous, on avait décidé, il et moi, de prendre un ticket de dernière minute.
On hésite: la Turquie ou la Grèce.
C'est ce qu'il reste dans nos prix et en dernière minute.
Maman me convainc de ne pas prendre la Turquie, une année ou il y avait des bombes là-bas.
Donc, je dis à il, au téléphone qu'il prenne la Grèce si ça lui convient.
...
Il revient, les billets d'avions à la main.
Ah cool, on part pour l'île de Rhodes.
(Sur place, je verrai la côte de la Turquie, j'ai envie d'y aller à la nage tellement ça semble près).

On fait nos sacs à dos et  mon  Papa nous conduit à l'aéroport.
Maman panique:
"Partir comme ça, quelle idée, sans rien réserver, avec un sac à dos pour seul compagnon de route et un petit copain avec qui tu es depuis 3 mois seulement, ne comprenant pas le français et toi, pas un mot de flamand."
...
En effet, mon ex "il", d'origine flamande ne parlait pas le français quand je l'ai rencontré et moi, pas le néerlandais, et encore moins le flamand.
Il faut savoir qu'en Belgique, il y a 3 langues officielles: le français, le néerlandais, l'allemand.
J'avais oublié tout mon allemand, je n'avais jamais eu de cours de néerlandais pour causes d'études en Afrique.
Et quand bien même... ça ne m'aurait pas aidé des masses car les flamands parlent... le flamand et non le néerlandais correct.
C'est un peu comme comparer le français et le breton…
Bon, on parlait en anglais, on se démerdait, puis mon "il" s'appliquait en français, très doué pour les langues.
...
Toujours est-il que concernant ce problème de langue, j'ai une petite anecdote:
Alors qu'on se baladait le long du port de Rhodes, 2 jeunes français nous ont accosté:
"Bonjour, vous parlez français ?"
Spontanément et simultanément, je réponds "oui" et il répond "non" !
Les 2 français se regardent, sourient et nous reposent une seconde fois la question:
"Est-ce que vous parlez le français svp ?",
et rebelote, moi "oui" et il "non"...
La, les 2 bonhommes nous demandent:
"Vous vous moquez de nous ?"
Je réponds que "non" mais j'avais du mal à contenir cet éclat de rire.
Il  n'avait pas compris et me demande alors en anglais ce qu'ils ont dit.
Là, je lui explique et je dis aux 2 français que nous sommes belges.
Les 2 français:
"Ah ok, wallons ?"
Je réponds "oui" et il "non" mais encore simultanément.
On était finalement tous plié de rire face à ce problème de langues bien propre au peuple belge.
...
Revenons-en aux vacances.
Ah, on a atterri en début de soirée et on a attendu quelques... heures à l'aéroport.
Impossible de trouver un bus.
Et je peux vous dire que les heures grecques sont différentes des heures " normales", j'y reviendrai.
Vers 22h00, il faisait noir, impossible de partir de cet aéroport qui était à plus ou moins 15 bornes de la ville de Rhodes, nous prenons un taxi.
Celui-ci nous dépose en plein centre ville, non loin de l'office du tourisme qui n'ouvrait que le lendemain matin.
Après pas mal de marche, le sac à dos et la fatigue commence à se faire sentir.
Des camionnettes de grecs s'arrêtent à tout bout de champ pour nous proposer des chambres à prix explosifs.
Finalement, on entrera dans la petite camionnette d'un bonhomme qui nous proposait une chambre à prix "normal".
Engouffrés tous les 2, à coté du chauffeur dans cette camionnette minuscule, moi qui n'ai pas peur en voiture, ben j'ai bien failli pisser dans mon froc.
A toute vitesse, il a traversé la vieille ville de Rhodes, on rebondissait sur les pavés et c'est à toute allure qu'il prenait les tournants dans les petites rues étriquées.
D'ailleurs, y avait plus de rétro, pas de porte à la camionnette et j'ai bien cru qu'il allait nous envoyer valser aussi.
Il nous dépose devant un immeuble, dans la vieille ville et nous dit que c'est là.
En effet, un jeune anglais vient nous "accueillir", nous montre la superbe chambre pour la modique somme de 25 €uros la nuit.
La cuisine était commune et franchement bizarre comme ça dans la pénombre.
Arrivée dans la chambre, une bonne douche, vite.
Merde, y a pas de lumière dans la salle de bain.
A tâtons, je cherche le tuyau de douche, je ne le trouve pas, j'ouvre l'eau et plouf, l'eau a jailli de partout, comme une fontaine.
En fait, y avait pas de tuyau de douche, ni de robinet.
Me voilà trempée.
Il prend l'ampoule de la chambre, la met dans la salle de bain et là, horreur !
C'est tout dégueu à terre, rempli de flotte maintenant et y a juste un trou avec un pied en guise de WC.
Rhalala, de toute façon, moi ce que je voulais c'était juste une fenêtre car il faisait crevant de chaud.
De retour dans la chambre, blanche, les murs massacrés par les dizaines de traces de godasses et d'insectes écrasés, je m'aperçois que la fenêtre, c'est une profond trou dans le mur, qui va en diminuant, pour aboutir, un mètre plus loin, dehors.
Mais comme un cône, vous voyez ?
A l'intérieur, le trou de fenêtre est grand et à l'extérieur, tout petit, quelque chose comme 10x10 cm avec du grillage au fond (non, pas du moustiquaire).
Après m'être séchée et remise de mes émotions, nous sommes allés boire une bonne bière.
Là-bas, une petite bière, c'est 1/2 litre.
Si si.
En rentrant, je me demande si il et moi avons la même idée en tête ?
Partir de c'te chambre dès le lendemain matin.
Oui, ouf.
Il s'endort.
Moi pas.
Moustiques pis le bruit de la rue qui passait par la super fenêtre.
Le bruit mais pas l'air, quelle chaleur.
Vers 3h00 du mat', un vacarme m'a réveillé alors que je venais de m'endormir.
Là, j'ai vu de la lumière au-dessus de la porte de notre chambre.
Ah ben merde alors, y a même  pas de vitre au dessus, c'est un vide au dessus de la porte, qui donne dans le couloir ou les gens rentrent bourrés et gueulent comme des putois...
Le matin est difficile.
Remballer le sac à dos et trouver un truc potable pour dormir.
En sortant de la chambre, nous sommes repassés par la cuisine et là, surprise, le soleil, la lumière, waow !
Y avait pas de toit au-dessus, quel éblouissement.
Tour dans la vieille ville, dans la nouvelle ville, office du tourisme etc...
On a trouvé un truc potable dans nos prix, mais en plein centre de la nouvelle ville.
La ville de Rhodes est très jolie, surtout la vieille ville.
Malheureusement, y avait beaucoup trop de touristes à notre goût.
...
Au bout de 5 jours, on loue une moto pour trouver notre prochain endroit.
Evidemment, pas moyen de louer des casques, donc, les cheveux libres dans le vent et les mouches dans les yeux.
J'ai mis mes lunettes aquatiques pour rouler, c'était comique j'imagine, tout le monde riait quand on s'arrêtait à un feu ou un carrefour.

Le truc génial sur l'île de Rhodes, c'est qu'on ne vole pas.
On a laissé nos sacs à dos le matin à l'abribus et le soir, on est venu les rechercher en prenant le bus vers notre prochaine destination, ben rien n'avait été bougé ni volé.

En moto, le calme d'Archangelos nous avait marqué.
Pas une âme dans les rues.
En bas de la falaise, Stegna, minuscule village avec une magnifique plage, déserte presque.
Nous y sommes descendu.
C'était tellement désert que ça a été impossible de trouver la personne qui s'occupait de louer les chambres d'hôtel.
Y avait de jolis petits studios mais... bonjour le prix.

Missy'V a commencé à marchander, il m'a regardé bizarrement.
Le petit bonhomme qu'on a appelé 'service' par la suite n'a pas voulu descendre aussi bas que désiré mais il a promis de nous rendre plein de services.
Bon, on verra.

Bizarrerie là-bas, presque impossible de communiquer en anglais.
Les allemands y sont en force et c'est plutôt l'allemand que les gens du pays parlent pour communiquer avec les touristes.
Pas facile pour moi, j'y pige rien, heureusement qu'il est là.
...
Le soir, nous reconduisons la moto à l'agence de location de Rhodes et nous prenons le bus pour Archangelos, avec nos gros sacs à dos.
On avait demandé au chauffeur de nous dire ou il fallait descendre car il faisait noir.
A un moment, le chauffeur s'arrête et nous dit de descendre.
"Mah non, on ne descend pas, on va à Archangelos"
"C'est Archangelos, il faut descendre ici !"
"Hein ?"

Une ville pleine de gens, de lumières, de discothèques, de musiques... bref, pas calme du tout.
C'est pas possible, c'est pas la même ville.
Et si, les grecs dorment l'après-midi, ce qui explique le calme de la journée.

Nous sommes descendus à Stegna en stop car y avait quand même 6 Kms et avec le sac à dos à 22h00, c'est un peu loin et long.
Monsieur service, service, nous a bien accueilli.
Chouette petit studio, pas trop cher en fin de compte, avec vue sur la mer.
Là, le calme absolu.
Des eaux bleues transparentes, de toute beauté.
Le calme, le farniente, pas de touriste.

La depuis 2 jours, je souffre d'une cystite.
Ou en tout cas, d'un truc dans le genre.
6 heures sur les WC, impossible de dormir.
Il faut que j'aille à l'hôpital.
J'appelle Monsieur service et lui dit que j'ai méga mal au ventre (bah oui, j’allais pas commencer à lui expliquer, en allemand de surcroît que j’avais mal ailleurs…)
Il me dit qu'il n'y a pas d'hosto ouvert dans le coin et que je dois retourner à Rhodes mais uniquement le lendemain.
J'ai passé une nuit atroce.
Le lendemain matin, monsieur service nous monte jusqu'à Archangelos et là, nous prenons le bus, direction hôpital de Rhodes.

J'arrive aux urgences, service gynéco.
Arf, difficile d'expliquer en anglais mes symptômes.
Il se démerde bien mieux que moi en anglais et explique au docteur ce que je ressens.
C'est au moment ou le toubib explique un tas de trucs que je ne comprenais pas que je demande à il et en français:
"Qu'est-ce qu'il a dit ?"
Et là, le toubib me dit:
"Mais vous parlez français ?"
" Heu, ben oui"
"Ah, j'ai fait mes études en Belgique, je parle parfaitement le français blablabla..."

Et ben ça alors ! Alors qu'on s'évertue à expliquer l'inexplicable, en anglais...
Je suis repartie avec une batterie d'antibiotiques qui a mis fin à cette horrible cystite.
Vous apprendrez que je tombe toujours malade (voir pire) à l'étranger, et que si j'emporte une pharmacie ambulante, c'est le seul médoc que j'aurai oublié dont j'aurai besoin...

Revenu à Stegna, notre séjour sur place se passera très bien… jusqu’au jour ou nous déciderons de virer de ville pour explorer un peu.
...
Toujours le même truc : on louait une moto, on partait le matin à la découverte d’un endroit ou on resterait quelques jours puis on revenait le soir rendre la moto, prendre nos sacs à dos, quitter l’ancien endroit et partir en bus pour le nouveau logis.
...
Mais, ce matin là…
Nous disons bonjour à Monsieur Service qui allait, certes, nous manquer, en lui expliquant qu’on règlerait la note ce soir avant de partir pour un autre ailleurs.
Nous montons à pied jusqu’à Archangelos pour louer une moto.
Comme d’hab, pas de casque à louer mais les motos sont en très bon état et pas cher du tout.
Nous redescendons sur Stegna, nettoyons et rangeons le studio, bouclons nos sacs à dos, comme cela, au soir, on en avait plus que pour 5 minutes à tout régler avant de partir en transport en commun ou en stop.
Notre prochaine destination, ce sera Lindos.
On a envie de voir comment c’est, mais il nous faut louer un truc pour la nuit, au minimum.
Donc, nous partons pour Lindos pour la journée afin de nous trouver ce logement pour la nuit.
Enfin, c’est ce qu’on croyait…

En montant de Stegna vers Archangelos, y avait un tournant en tête d’épingle et le tarmac bouillonnant était très… heu… glissant.
C’est là, en plein dans le tournant que j’ai entendu il jurer en français pour la première fois :
"Oh MERDE !" s'est-il exclamé.
J’ai pensé pareil, au moment ou j’ai senti qu’il avait perdu le contrôle de la moto.
Sans casque et en short.
Blong Poung Tong, c’est le bruit qu’a fait ma tête qui a rebondi sur le sol brûlant.
J’ai vu les étoiles, quelques secondes je crois, puis le sol brûlant m’a brûlé la main gauche que je tenais contre le sol car, en tombant, je n’ai pas eu le temps de m’éjecter de la bécane et elle est retombée sur moi.
Clouée au sol, sans pouvoir relever c’te bécane, il vient vers moi en titubant, déchiré partout au bras et à la jambe.
Les gens qui nous suivaient se sont immédiatement arrêtés pour nous aider et nous conduire à la clinique la plus proche.
La bécane, un peu bousillée, est restée sur le coté de la route.
En direction vers la clinique, mon genou gauche me fait mal, il est tout ouvert et la peau bien déchirée, le bras gauche aussi.
Il, c’est pareil, jambe et bras bien déchirés.
Et la tête, la mienne.
Après 2 commotions cérébrales, 2 fois le paludisme, j’ai l’impression que le choc n’a rien arrangé, j’ai mal.

A la clinique, on nous questionne :
"Ben non on n’est pas vaccinés contre le tétanos."
L’infirmière n’ira pas de mains mortes pour nettoyer les plaies : allez hop, et on frotte à l’alcool avec une espèce de tampon jex.
Arghhh, puis cicatrisant et voilà, on voit un toubib qui nous prescrit des "médocs" et nous demande d’aller à la pharmacie les chercher.
Et pour le tétanos ?
"Oui oui, à la pharmacie aussi" nous dit-il.
Je tente d’expliquer au toubib que il est allergique à une grande majorité d’antibiotiques et que ça peut lui être fatal mais que nenni, il m’assure que ça ne contient aucun truc auquel il est allergique.

Nous filons marchons lentement, tordus, bousillés par les blessures juqu’à la pharmacie la plus proche, qui se trouvait à 7 Km de la clinique.
Arrivé là, le pharmacien me donne les antibios (que il ne prendra pas car tout est écrit en grec et il a peur de se payer la méga allergie), le spray cicatrisant etc… puis le pharmacien m’appelle, me prend le bras et m’amène à l’arrière boutique, là ou y avait les seaux, les balais et les produits de nettoyage.
Il me dit : "Aller, baissez votre short !"
Heu, il est fou ?
"Mais pourquoi faire ?"
"Piqûre tétanos !"
"Hein ? Ici ?"
"Oui oui, ici !!!"
Bon, je baisse mon short et vlan, en plein dans la fesse, sans crier gare.
Pareil pour il.
Zarbi cette idée de se faire piquer par un pharmacien dans une arrière boutique…

Là, il nous faut aller rechercher la moto et la reconduire au marchand.
Elle démarre encore, heureusement, car 6 Km en pure montée avec une bécane foutue, c’est lourd.
On arrive, le gars nous voit de loin (comment nous rater dans cet état ?) et sourit.
Etrange… on pensait qu’il ne serait pas content mais non, il sourit.
"Accident moto ?"
"Oui, un peu mon neveu !"
"Ah, routes glissantes en Grèce, faire attention"... dit-il en riant.

Arf, on a vu, et senti aussi… bon, on reprend une autre moto, on n’a pas dit notre dernier mot, nous irons à Lindos quand même et dès aujourd’hui.
On passera cette journée assez tranquille à visiter une partie de Lindos et nous trouver notre "auberge".

Le soir venu, on vient rentrer la moto à Archangelos, reprendre nos sacs à dos, vider les lieux et payer la note à Monsieur Service :
"Olalala, mais c’est pas vrai, qu’est-ce que vous avez encore eu ?"
"Accident moto Monsieur service"
"Olalalala, misère, je m'inquiète pour vous, faites attention à vous s'il vous plait !"
"Oui Service service, t’inquiète pas, ça va aller."
Et ce petit bonhomme super sympathique nous emmène au centre ville d’Archangelos pour prendre le bus.
...
Mais, y a plus de bus on dirait.
Aller hop, le sac à dos et on y va… à pied.
Là, les blessures commencent à faire mal, ça craque, ça suinte, ça saigne…
"Heu il, je fais du stop, j’en peux plus, je peux pas faire tout ça à pied, j’ai mal."
"Oui, t’as raison, moi non plus."

Il était plus de minuit, peu de circulation.
Une toute petite voiture passe… puis s’arrête.
"Lindos ?"
"Si si, montez !"
Arf, nous 2 et les sacs à dos dans cette petite voiture, ça va pas être évident.
Des allemands, un homme, une femme et 2 gosses, plus nous, plus leurs valises, plus nos sacs à dos…
Bon, on est tout tordus, on a mal mais on n’est plus à pied, ouf.

Ils nous déposeront à l’entrée de Lindos.
Le reste est à faire, ça monte, ça descend, c’était si loin la chambre ?
Oui oui, on y arrive.
Une bonne douche ! Ben non, on ne peut pas, plus de bain, ni douche, ni eau de mer, rien.
Génial, on se débarbouille comme on peut.

Lindos, c’est très beau.
Mais, y a beaucoup trop de touristes.
Même les établissements sont presque tous anglais.
On va rester quelques jours quand même parce que dans cet état, on ne sait pas faire grand chose.

J’ai appelé ma maman pour dire que tout allait bien et me suis bien gardée de lui parler de cet accident de moto.

Les quelques jours passés à Lindos n’ont pas été faciles, le lendemain de notre accident, on a eu vraiment mal et pas moyen de marcher 10 mètres.
Il fait chaud et on ne peut pas se baigner.
On a du passer notre temps à se laver mutuellement et s’inonder de poudre cicatrisante pour essayer d’apaiser la douleur.

Le surlendemain, on est sur pied, malgré le mal, et nous décidons de visiter l’Acropolis.
"Ahaha ! Vous, visiter l’Acropolis comme ça ?" nous dit le garde en nous montrant nos blessures ?
"Oui, on veut visiter l’Acropolis, c’est long à pied ?"
"Oui, et comme ça, t’en as pour 2 heures minimum à monter avant d’arriver…"

Ca ne nous rebutera pas, d’autant plus que 20 minutes plus tard, nous serons au sommet de l’Acropolis.

Non, nous ne sommes pas surhumains, oh que non, mais les heures grecques et les nôtres, c’est pas pareil.
Lorsque nous étions à Rhodes, on a voulu visiter les ruines du temple d’Apollon etc…, le bonhomme nous avait dit que c’était tout près, 20 minutes en vélo.
Ben en moto, on a mis 1h20… quand je vous dis que ce n’est pas les mêmes heures qu’on a nous les belges et eux les grecs  :-)

Nos blessures, nous nous y sommes habitués, et à part le fait que nous ne pouvions plus profiter de la magnifique Mer, on a quand même pu profiter de Lindos, de ses terrasses, de ses rues typiques, du marché, de ses restaurants délicieux sur le toit des bâtiments etc…
...
Ensuite, nous sommes partis pour Petaloudes, la vallée des papillons.
Très différent, plus à l'intérieur des terres, rien n’est sec, tout est végétation luxuriante.
Des milliers de papillons partout dans la vallée, c’est beau, calme, frais, apaisant.
Puis c’est superbe tous ces papillons.
Ca vous reste sur le nez, les paupières, les oreilles… bref, vous en êtes envahis.
...
Puis une nuit à Paradisi et il est déjà temps de retourner.
...
Nous confirmons le vol et je rassure ma maman :
"Oui tout va bien Maman, nous rentrons demain"
"Ok, on vous attendra à l’aéroport de Zaventem"

Le voyage, très court se passera bien, évidemment.

Arrivés à Bruxelles National… Ohoho, nous boitons toujours, nous sommes éraflés de partout, avec des croûtes… ma Maman va nous voir arriver comme ça…
Et en effet, ma Maman nous voit arriver dans un état assez pitoyable pour elle car elle n’était au courant de rien.
"Maman, tout va bien, on a eu un petit accident de moto, j’ai pas voulu t’inquiéter… blablabla…"
Reste que comme il n’avait pas pris ses antibiotiques, sa jambe était vachement enflammée et son pied drôlement gonflé, donc les urgences médicales belges s’imposaient à lui dès le lendemain.
On a quand même du se soigner et reprendre des antibios tous les deux pendant 3 semaines, et les cicatrices, elles, sont restées assez longtemps...
...
La Grèce, c’est superbe, allez-y si vous en avez l’occasion !
Mais évitez la moto, surtout en short et sans casque ;-)

samedi 14 mai 2005

Bleu azur, comme la Mer Egée... [1]

Bleu azur, c'est la mer Egée...

Libellerhodes

Je vous raconterai mes aventures (et mes mésaventures aussi) lors de mon escapade sur l'île de Rhodes dans un autre post.

Carteidr

Un aperçu de mon petit parcours et l'album photo ici.

vendredi 13 mai 2005

Bleu turquoise, comme la Mer des Caraïbes... [1]

Bleu turquoise, c'est la Mer des Caraïbes...

Libellerd

Ce sont les vacances avant l'heure et, pour celles et ceux qui ont l'envie et la possibilité de s'évader sans avoir d'idées, je vous en donne.

Un autre post suivra, je vous raconterai.
Ben oui, faut pas croire qu'à l'étranger, il ne m'arrive rien du tout ;-)

En attendant, plongez-vous dans les photos si il fait gris dans votre tête...

Carterd

Ci-dessus, une grande partie des endroits que j'ai pu visiter, comme points de repères.

L'album photos ici. Bonnes vacances... virtuelles ;-)

jeudi 02 décembre 2004

Contrastes…

Là-bas, y a les contrastes, le très chaud, le très froid, la mer, les montagnes, le désert.
Les mirages, les oasis, les châteaux, les fennecs et les roses des sables.
Là-bas, y a des souks, des mosquées, des cathédrales barricadées, des épices colorées, du thé à la menthe qu’on vous donne, comme ça, s’en rien attendre.
Là-bas, y a un régime politique très dur, y a la censure, y a la femme étrangère qu’on ne peut approcher, y a les autres qui viennent vous tabasser si vous n’obéissez pas aux lois.
Y a des champs de fleurs à perdre de vue, au printemps, des milliers de tapis jaunes, rouges, mauves, lilas, des coquelicots, des petites rivières opalines cachées par des cèdres dans la montagne.
Il y a la mer, bleue turquoise, les sommets enneigés, les tempêtes de sable, les scorpions cachés sous les rochers.
Y avait aussi un camp, qui ressemblait vaguement à celui d’Auschwitz, nous vivions dans des baraques en carton, entourés de fil barbelé, un garde à l’entrée pour tout contrôler.
Pas d’école, des cours par correspondance que je n’ai pu suivre, un petit moral mais des yeux émerveillés.
Je n’aurai profité du diaporama que quelques mois, c’est pas assez pour découvrir un si beau et si vaste pays.
Là-bas, j’ai agrandi ma collection de cailloux, en escaladant les barrières ou en bafouillant quelques mots d’arabe avec le garde.
J’ai trouvé un tas de magnifiques minéraux, des silex, des géodes, des fossiles…
Il n’y a que vos promesses qui s’en vont avec le vent Monsieur-qui-me-devez-un-caillou, m’enfin s’il n’y avait pas de poste pour m'envoyer une carte postale ou vous étiez, je suppose qu’il n’y avait pas de caillou non plus.

Algerie

Ah, séjour trop court pour le paysage, trop long pour le cœur, et après ça, le chaos…
Paysages a voir dans cet album.

jeudi 25 novembre 2004

Une année là-bas...

Après le Zaïre, j'ai passé une année au Gabon.
A 15 ans, t'es déjà un peu perturbée par l'adolescence.
Puis le changement de pays en plein milieu d'une année scolaire, la perte de mes ami(e)s, un véritable deuil à faire, un nouveau chez-soi, une nouvelle école et là, ça commence à faire mal.
Le système n'est plus le même, je commence à sentir la discrimination raciale, le regard pesant des autres, ceux qui sont là depuis longtemps, bien ancrés dans le système et qui ne se gêneront pas pour essayer de me démolir.
Accent de zwet, origine belgo-zaïroise, ça plait pas aux frenchies gabonnais.
Pis moi je venais du système scolaire belge, math-sciences, là on me propulse dans une école espagnole, catho de surcroît, avec comme seule option: littéraire...
Ben allons-y, j'me sens une force de guerrière, j'ai toujours adoré l'école.
Cette année là, je ne me suis pas emmerdée... entre les cours accélérés d'espagnol, d'allemand et d'histoire, y a le forçage des langues, aux oubliettes les septante-cinq et les nonante-deux...
C'est souvent au bord de la mer que j'étudie, mets mes cours en ordre.
Une année ou je ne ferai quasi que ça: étudier, nager, dormir.
Et me faire quelques potes et copines, de nouveaux jeunes arrivés aussi de partout: Congo, Martinique, France/Corse...
Mais plus d'amie, fini.
Je m'étais fait une promesse en quittant le Zaïre, en quittant ma meilleure amie: ne plus jamais avoir d'amie.
Plus de petit copain non plus, j'avais laissé là mon premier amour d'ado, j'avais le coeur en miette, et lui m'avait déjà oubliée.
Une année ou je ne me suis pas ennuyée aux cours, y avait tellement de changement, de choses à apprendre.
Pis le Gabon, c'est un superbe pays.
La mentalité y est différente par rapport au Zaïre, les Gabonnais sont plus froids d'apparence.
Libreville est une belle ville, le long de l'Atlantique, on se croirait à Nice.
Rien de fort ressemblant à ce que j'avais connu au Zaïre, à part le climat, la faune et la flore.
C'est une ville très... française.
Peut-être trop.

Gabon

Les paysages sont magnifiques.
Dans cet album, j'y ai mis une quinzaine de photos.

mardi 23 novembre 2004

Là-bas, je me sens chez moi...

C'est au Zaïre, appelé maintenant République Démocratique du Congo que j'ai passé mon enfance et une partie de mon adolescence.
13 années au soleil, sans doute les plus belles de ma vie.
J'y ai grandi, j'allais à l'école, j'y avais mes ami(e)s qui étaient pour moi une véritable famille.
L'hiver, le froid, la neige, je ne connaissais pas.
Ni les sapins de Noël, les jouets ultra-couteux ou encore la télévision.
D'ailleurs là-bas, au JT, ils ne passent que les bonnes nouvelles, pourtant Dieu sait comme ce peuple a souffert et souffre toujours.
J'aimerais qu'un jour la Belgique paie sa dette envers cette colonie, parce que l'Europe, c'est comme ça: une fois le pays pillé, il peut crever.
J'aimerais que les pays soit-disant civilisés s'occupent de la précarité qui y règne, de la famine, de la malaria et du sida parce que cette Afrique, je l'aime, c'est elle qui m'a donné ce soleil au fond du coeur et ce sourire sur mon visage.

Zaire

Par ces quelques clichés, je voulais juste partager quelques images, quelques paysages ... un morceau de moi resté là-bas...
Il y a environ 35 photos dans l'album Zaïre, de la côte Ouest à la région des Grands Lacs.

Et si un jour vous avez l'occasion d'y aller, n'hésitez pas une seule seconde.
Hakuna matata !

mercredi 12 mai 2004

I love Paris

Ilp1

Ilp2

Ilp3

Paris, La Belle
J’ai voulu retrouver tes pas
Connaître un peu tous ces endroits
Tu me l’as peu contée
Tu n’en as pas eu le temps
Ton corps est ici
Ton âme est là-bas
Tu me manques Pépère
And I love Paris

Ilp4

Ilp5

Ilp6

vendredi 23 avril 2004

Viens, je t’emmène au Kivu

Dtvamak1
Dtvamak2
[Mont Goma - Kivu]
Dtvamak3
[Le Luabikari - Kivu]
Dtvamak4
[Le Nyiragongo - Kivu]
Dtvamak5
[Lac Kivu - Kivu]

En C130 … bon d’accord, c’est pas la première classe, y a pas d’hôtesse pour te chouchouter, y a pas de champagne, t’es assis sur des sacs de café dans un vieil appareil de la guerre 40 mais t’as tous les hublots pour toi, ça se crash pas comme le Concorde et en plus c’est gratuit ;-)

Je t’emmène là ou il fait chaud, là ou les gens sont chaleureux, là où les lacs poussent dans les volcans, là ou tu te ballades sur des kilomètres de coulée de lave au pied du Nyiragongo, là où tu te baignes dans un loch immense avec des vraies vagues, là ou quand tu t’arraches la peau contre la roche volcanique, il faut six mois pour que ça guérisse …

Petit flash back … dis, tu viens avec moi faire un tour dans la machine à remonter le temps ?